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dimanche 27 août 2017

Pierre Vermeren : "Notre avenir, la Méditerranée"

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Dernier ouvrage paru : « Le choc des décolonisations. De la guerre d’Algérie
aux printemps arabes » (Odile Jacob, 2015).   © DRFP/Leemage
Parmi les rapports consacrés à la politique extérieure de la France, celui de l'Institut Montaigne dirigé par Hakim El Karoui, « Nouveau monde arabe, nouvelle « politique arabe » pour la France », fera date. 

En 150 pages de tableaux et de textes (outre les annexes), il dessine un aggiornamento de la politique française avec le Maghreb et le Moyen-Orient, considéré ici dans son grand format. En pleine série d'attentats islamistes sur le sol européen, sa publication pourrait paraître inopportune : elle l'est d'autant moins, en ce début de quinquennat et de siècle, que tous les paramètres sur lesquels était bâtie la politique arabe de la France depuis de Gaulle se sont recomposés, même les certitudes les mieux établies.

« Oui, les sociétés du Moyen-Orient et du Maghreb ont muté »

En bon libéral, le rapport fait la part belle au doux commerce et au présupposé d'une poussée économique qui jetterait le Maghreb et le Moyen-Orient dans les bras des classes moyennes, prélude à révolutions et à démocratisation. Le rapport s'appuie, pour ce faire, sur les théories « socio-démographiques » mécanistes d'Emmanuel Todd, dont on peut discuter du bien-fondé. Oui, les sociétés du Moyen-Orient et du Maghreb ont muté en un demi-siècle, mais jamais elles n'ont été dirigées par des régimes si religieux et brutaux, provoquant guerres civiles, interventions extérieures et terrorisme de masse. Le rapport acte bien ce « risque » politique, mais il l'évacue rapidement. Or, certes, la Tunisie est devenue une démocratie depuis 2011, mais cela a autant à voir avec son histoire particulière qu'avec ses structures socio-démographiques. Avec Israël, elle est seule de son espèce.

Quant à la France et à l'Europe, les malades de 2017, trop peu évoquées, sont-elles en état de reconstruire leur relation avec cette région sur des bases si mouvantes ?

Le rapport se veut optimiste. Il évoque l'héritage considérable des « relations franco-arabes » depuis deux siècles. Il dresse l'état des denses interactions qui se poursuivent et se développent, que ce soit par l'économie, les migrations, les religions ou la culture. Puis il dresse priorités et propositions.

Pour une fois, le danger islamiste est clairement perçu, analysé, et des solutions aux défis posés sont proposées. D'abord en France, puis au Moyen-Orient. La France, pour être crédible et efficace, devrait mettre de l'ordre dans ses relations et ses amitiés au Moyen-Orient, et renoncer à soutenir la peste wahhabite et frériste contre le choléra des mollahs ou de Bachar. La France s'illusionne d'ailleurs beaucoup dans le Golfe : son influence politique et militaire y est faible, comme l'est sa dépendance économique ou pétrolière. En dehors de niches aléatoires, la France y est une puissance secondaire ; elle devrait prendre acte de son fiasco syrien pour resserrer ses liens avec les autres puissances méditerranéennes.

Le Maghreb, ce pilier

Du Maroc à la Turquie, c'est en Méditerranée que la France possède ses liens humains, culturels, politiques et économiques les plus denses. Elle doit s'appuyer sur son carré d'as (Maroc, Algérie, Tunisie et Liban) et travailler ses points faibles très prometteurs (Turquie – quand les Turcs auront stoppé Erdogan –, Égypte, Israël – les deux États – et la Libye à reconstruire). Ce renouveau de la politique méditerranéenne ici appelé de ses vœux n'est pas un caprice, mais un choix mûrement réfléchi : pour le meilleur (d'intenses échanges) et pour le pire (le terrorisme), c'est d'abord aux trois pays du Maghreb central que la France est liée. Or cette région est aujourd'hui divisée, fragile et convoitée.

Au Maghreb, la France est une grande puissance économique et culturelle. C'est en France que vivent des millions de ses ressortissants et que l'on parle les langues du Sud (autant la langue amazighe, presque oubliée dans le rapport, que l'arabe tant fantasmée). C'est dans cette région que la France doit entraîner l'Allemagne (qui ne l'a pas attendue !), l'Espagne et l'Italie pour inventer une grande politique Nord-Sud de coopération. Le Maghreb, prolongement naturel de l'Europe, doit devenir une zone de coprospérité tampon avec l'Afrique et le Moyen-Orient. Tout est à inventer, très vite, car les défis et les risques humains, politiques et religieux sont immenses et pressants.

Notre profondeur stratégique, économique et culturelle est au Sud. Les enfants du Maghreb et de l'immigration maghrébine ont moins vocation à être les soldats d'un califat fantasmatique que les cogérants engagés de notre Méditerranée. Mais, cette fois, contre monnaie sonnante et trébuchante et intérêts partagés, il faudra parler clairement : démocratie politique, liberté religieuse et de pensée.

Par pierre Vermeren - Source de l'article Le Point Afrique

POLICY LAB : défense et autonomisation des jeunes Tunisiens

WeGov!

Quinze jeunes Tunisiens ont participé au POLICY LAB, qui s’est déroulé du 13 au 16 juillet à Hammamet et qui a vu le lancement d’une formation en techniques de rédaction de résumés visant à éclairer les choix politiques afin d’influencer l’agenda politique local en matière de développement.

POLICY LAB est l’un des constituants du projet WeGov, cofinancé par l’Union européenne et mis en œuvre par le Groupe de volontariat civil (GVC), une ONG qui œuvre pour le développement. WeGov! vise à impliquer les organisations de la société civile dans le renforcement du dialogue avec les institutions publiques sur les réformes qui font suite au Printemps arabe dans quatre pays de la région : la Jordanie, la Libye, la Palestine et la Tunisie.

Au cœur des résumés visant à éclairer les choix politiques, qui devront être rédigés au cours des six prochains mois, on retrouve les thèmes suivants : la protection de l’environnement, la décentralisation et le développement local, l’éducation, la gouvernance et la lutte contre la corruption. Les trois meilleurs documents seront repris dans les tables rondes publiques avec les décideurs aux niveaux national et régional et seront distribués à plus large échelle en passant par les canaux de diffusion scientifiques.

Visant à influencer les effets des politiques publiques et leur impact sur la vie et le bien-être des communautés, en particulier à l’échelle locale, le projet offre une opportunité concrète de soutenir les citoyens et l’autonomisation des jeunes et de promouvoir une approche participative conforme aux principes de la nouvelle Constitution tunisienne.

Les 15 participants à la formation sont issus de contextes culturels et professionnels divers et viennent tantôt d’organisations de la société civile, tantôt d’universités publiques, tantôt d’organismes publics.

La prochaine étape aura lieu en septembre à Tunis et portera sur l’approfondissement des premiers projets et une étude plus détaillée des techniques de rédaction.

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La réunion d’Alexandrie vient alimenter le dialogue sur les pratiques artistiques et culturelles

EU-funded MARSAD project

Des opérateurs culturels et professionnels de différents secteurs en Égypte se sont réunis à Alexandrie afin de discuter de la situation générale de la culture dans la région, dans le cadre d’une série de rencontres organisées dans le sud de la Méditerranée par le projet MARSAD, financé par l’UE.

MARSAD est un projet subventionné par SouthMed CV, mis en œuvre au Maroc, en Tunisie, en Égypte et au Liban, et dirigé par l’association culturelle Racines au Maroc, en partenariat avec El Madina Arts en Égypte, Notre culture d’abord en Tunisie et Me’zaf au Liban. Le projet vise à créer une plateforme collective de recherche, surveillance et observation des politiques culturelles appliquées dans la région. SouthMed CV est cofinancé par l’UE dans le cadre du programme régional Med Culture.

La rencontre en Égypte a notamment comporté un débat sur la définition du travail artistique et culturel, suivi de la présentation de « Art Map », une plateforme de cartographie de la culture développée par Racines, ainsi que d’une discussion à propos des pratiques culturelles marocaines. Enfin, MARSAD a fait l’objet d’une présentation et un échange de vues s’est tenu sur les différents modes de participation et de collaboration avec la plateforme à la disposition des professionnels de la culture égyptiens.

Avant la rencontre en Égypte, MARSAD avait organisé deux autres réunions, en Tunisie et au Liban. Les échanges et conversations à l’occasion de celles-ci ont permis à MARSAD d’acquérir une meilleure connaissance de l’état de la culture dans ces pays, afin d’établir l’Observatoire des politiques culturelles dans le sud de la Méditerranée, l’objectif ultime à long terme du projet.

Med Culture fait partie du programme régional Médias et culture pour le développement dans le sud de la Méditerranée. Il a été affecté d’un budget total de 17 millions d’euros sur une période de quatre ans, dont 9 millions d’euros pour l’octroi de subventions sur une base de co-financement, et 8 millions d’euros pour un mécanisme de renforcement des capacités des médias (MedMedia) et un mécanisme de renforcement des capacités en matière de culture (MedCulture).

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Promouvoir le développement des énergies durables dans les villes méditerranéennes : prolongation de neuf mois du projet CES-MED

CES-MED

La Commission européenne a accordé une seconde prolongation du projet « Promouvoir le développement des énergies durables dans les villes méditerranéennes » (CES-MED) pour neuf mois supplémentaires à compter de juillet 2017. 

Dès lors, l’équipe d’experts du projet continuera de fournir une assistance technique aux autorités nationales et locales, aux villes et aux municipalités dans huit pays du sud de la Méditerranée jusqu’en avril 2018.

Cette nouvelle phase, la troisième en fait, verra la consolidation et l’achèvement des actions en cours et contribuera ainsi à la continuation des actions et des résultats de CES-MED une fois le projet clôturé.

Au cours des neuf prochains mois, des mesures concrètes seront prises dans le cadre de CES-MED en vue de financer un certain nombre de projets prioritaires. Ces mesures fourniront des exemples de financements pilotes et aideront à définir la meilleure réplicabilité des schémas de financement futur, adaptés à chaque pays.

Le projet CES-MED est une initiative régionale financée par l’UE mise sur pied pour fournir une formation et une assistance technique aux autorités locales et nationales dans la région sud-méditerranéenne, en vue de les aider à répondre plus activement aux défis en matière de politique durable.

CES-MED garantit que les actions proposées sont conformes aux objectifs de la Convention des Maires : atteindre et dépasser l’objectif européen en termes de réduction des émissions de CO2 de 20 % grâce à l’amélioration de l’efficacité énergétique et au recours plus systématique aux énergies renouvelables.

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Promouvoir le développement des énergies durables dans les villes méditerranéennesAlgérie, Egypte, Israël, Jordanie, Liban, Libye, Maroc, Palestine, Syrie, Tunisie

Afrique-Europe : un mini-sommet à l’Elysée pour parler immigration

Afrique-Europe : un mini-sommet  à l’Elysée pour parler immigration

Le Président de la République, Emmanuel MACRON, recevra, lundi 28 août, au Palais de l’Elysée les chefs d’État tchadien et nigérien, les chefs des gouvernements allemand, espagnol, italien et libyen ainsi que la Haute-Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. 

Ces travaux seront l’occasion de réaffirmer le soutien de l’Europe au Tchad, au Niger et à la Libye pour le contrôle et la gestion maîtrisée des flux migratoires  dit le communiqué de l’Elysée adressé ce jeudi 24 août 2017 aux rédactions et dont Afrikipresse a eu copie. Il ajoute que le président Emmanuel Macron et les chefs de gouvernements allemand, espagnol et italien évoqueront ensuite les sujets d’actualité européenne.

Les enjeux d’une telle rencontre

La Libye, le Tchad et le Niger sont considérés comme les principaux pays de transit pour les candidats à l’immigration vers l’Europe, notamment vers l’Espagne et l’Italie. Malheureusement ceux-ci sont pour 90% bloqués dans ces pays, non pas du fait d’un contrôle et d’une gestion maîtrisée du flux migratoires, mais du fait de leur exploitation par de véreux passeurs, de véritable marchands d’humains.

Dans sa livraison du 16 août 2017 le quotidien français, Le Monde publie un compte rendu de son envoyé spécial Frédéric Bobin à Misrata (Libye) intitulé « L’enfer migratoire de la Libye ». 

Selon le confrère, avant d’entreprendre la traversée de la Méditerranée, les migrants sont victimes de violences, de travail forcé et d’extorsion. « En Libye, nous ne sommes que des esclaves » témoigne, Ernest Ikpotokin, un jeune nigérian, qui ajoute « nous sommes fatigués, nous voulons juste rentrer chez nous ».

En 2016, l’Italie a accueilli près de 180. 000 personnes sur ses côtes. Elles proviennent pour la majorité du Nigéria, de l’Erythrée, de la Gambie, du soudan, de la Guinée et de la Côte d’Ivoire.

La Côte d’Ivoire à l’épreuve du flux migratoire 

Le 16 août 2017, Issiaka Konaté, directeur général des Ivoiriens de l’extérieur a affirmé que la Côte d’Ivoire est passée de premier pays africain pourvoyeur de migrants clandestins à la 4e place. Arguant que tous les migrants possédant un passeport ivoirien, ne sont pas forcément de nationalité ivoirienne. Mais si le pays, lui-même terre d’immigration (26% de la population est étrangère) a pu freiner le départ de ces personnes, pour la plupart des jeunes, des femmes avec parfois des nourrissons, c’est grâce à la politique du ministère de l’intégration africaine et des ivoiriens de l’extérieur, en matière d’insertion des jeunes dans le tissu économique du pays, et surtout à une vaste campagne de sensibilisation sur le terrain avec l’appui des ONG. En mars 2017, la Côte d’Ivoire avait réussi à rapatrier près de 151 migrants clandestins vers Abidjan en provenance de la Libye. 

Au dernier forum de la diaspora tenu à Abidjan, en mai dernier, plusieurs recommandations avaient été faites pour réduire le nombre des candidats à cette aventure périlleuse et risquée.

Une coopération nord-sud s’impose

En attendant les conclusions du mini-sommet de l’Elysée qui a lieu le lundi 28 août prochain à Paris, seule l’Italie a déjà mis en place « un fonds Afrique » pour la lutte contre l’immigration clandestine. Il pourrait être suivi par l’Allemagne qui a promis une aide aux pays africains lors de la conférence de Berlin les 12 et 13 juin 2017, peu avant le sommet du G20 tenu à Hambourg les 7 et 8 juillet 2017 au cours duquel il était question d’apporter une réponse adéquate en ce qui concerne la crise des migrants et des réfugiés. A ce sommet de haut niveau, les dirigeants des 20 plus puissants pays au monde, sont convenus d'intensifier la coordination et de prendre des mesures à l'encontre des passeurs et des trafiquants d'êtres humains. Endiguer les causes profondes des migrations et soutenir les pays d'origine et de transit constituent également des priorités pour les dirigeants.

"Le trafic de migrants représente une entreprise organisée, qui a généré l'année dernière 1,6 milliard de dollars pour la seule Libye. Ces profits permettent aux passeurs de contrôler certaines parties du pays. Ils coopèrent également avec les terroristes, compromettant encore davantage la stabilisation de la Libye", avait déclaré le 7 juillet 2017 lors d’une conférence en vue du sommet du G20, Donald Trusk, le président du Conseil Européen.

Par Philippe Kouhon - Source de l'article Afrikipresse

SwitchMed offre une séance de coaching gratuite sur l’accès au financement

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Les entrepreneurs palestiniens et libanais sont invités à postuler pour bénéficier des séances de coaching gratuites organisées dans le cadre du programme SwitchMed, financé par l’UE. 

Ces séances porteront principalement sur l’amélioration des compétences communicationnelles et l’art de présenter une idée écologique. La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 10 août.

Les séances de coaching commenceront en septembre et aideront les participants à améliorer leur plan d’affaires vert et leurs compétences en communication. À l’issue du coaching, les entreprises les mieux formées seront sélectionnées pour participer à une dernière présentation éclair : « Green Start-ups Meet Investors » (De nouvelles éco-entreprises à la rencontre des investisseurs).

Le programme SwitchMed de consommation et de production durables vise à encourager les économies méditerranéennes à passer à des profils de consommation et de production durables et à l’économie verte, y compris à des stratégies de développement à faibles émissions, en présentant et en diffusant des méthodes susceptibles d’améliorer l’efficacité énergétique et des ressources. Le programme a également pour but d’atténuer l’impact environnemental lié au cycle de vie des produits et, le cas échéant, de promouvoir les énergies renouvelables.

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Encourage la transition des économies du Sud de la Méditerranée vers des profils de consommation et de production durables et vers l'économie verte. Algérie, Égypte, Israël, Jordanie, Liban, Libye,…

L’UE et l’Égypte adoptent les priorités de leur partenariat

Sameh Shoukry, Federica Mogherini and Johannes Hahn

Le Conseil d’association UE-Égypte a validé aujourd’hui les priorités du partenariat UE-Égypte pour la période 2017-2020. L’objectif des priorités de ce partenariat est d’aborder les difficultés communes, de promouvoir les intérêts partagés et de garantir la stabilité à long terme des deux côtés de la Méditerranée.

Les priorités du partenariat UE-Égypte sont guidées par un engagement conjoint envers les valeurs universelles de la démocratie, de l’État de droit et du respect des droits de l’homme. Elles couvrent trois grands domaines :

L’économie moderne durable et le développement social de l’Égypte

L’UE et l’Égypte collaboreront pour promouvoir les objectifs socio-économiques définis dans la stratégie de développement durable de l’Égypte « Vision 2030 », dans le but de construire une Égypte stable et prospère. La collaboration portera notamment sur la modernisation économique et l’entrepreneuriat, le commerce et les investissements, le développement social et la justice sociale, la sécurité énergétique, l’environnement et l’action pour le climat.

Le partenariat en matière de politique étrangère

L’UE et l’Égypte renforceront leur coopération à l’échelle bilatérale, régionale et internationale, unissant leurs forces en faveur de la stabilisation de leur voisinage commun et au-delà, et collaborant au profit de la gestion des crises et de l’aide humanitaire.

Le renforcement de la stabilité

La stabilisation est un défi commun à l’UE et à l’Égypte. L’établissement d’un État moderne et démocratique qui distribue équitablement ses bénéfices à chacun est essentiel à cet égard. L’Égypte et l’UE collaboreront pour promouvoir la démocratie, les libertés fondamentales et les droits de l’homme en tant que droits constitutionnels pour tous les citoyens, conformément à la Constitution égyptienne et aux engagements internationaux. L’UE et l’Égypte uniront également leurs forces pour assurer la sécurité et lutter contre le terrorisme, ainsi que pour gérer les flux migratoires dans leur intérêt commun.

Les priorités de partenariat établissent un cadre de coopération politique renouvelé et une coopération renforcée. Ces priorités ont été fixées dans le contexte de la révision de la politique européenne de voisinage et de la stratégie globale de l’UE pour la politique étrangère et de sécurité.

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Euro-Med Green Energy Business Roadshow au Caire


Dans le cadre d’EUROMED Invest, l’événement d'affaires Euro-Med Green Energy Business Roadshow a eu lieu au Caire en décembre 2015. 

Son objectif consistait à améliorer la coopération d'affaires entre l'Égypte et les pays de l’UE, ainsi que les relations Sud-Sud et les investissements directs à l'étranger dans le secteur des énergies renouvelables. 

En Égypte, la réduction des subventions pour les énergies fossiles, l’adoption récente de la loi sur l’énergie renouvelable et l’établissement des tarifs de rachat a donné lieu à un essor exceptionnel dans le secteur de l’énergie verte.

Parmi les participants, Tawfik Hany, actuellement directeur technique pour OCEANIA ENGINEERING SYSTEMS, une société basée en Egypte, a bénéficié du roadshow d’affaires EUROMED Invest sur les énergies vertes avec l'objectif principal de se créer un réseau de professionnels expérimentés dans le secteur et d’approfondir sur les dernières tendances et technologies des énergies renouvelables.

GACIC, ASCAME, BusinessMed, UHCCI, CEEBA, Eurochambres et FEDCOC sont très satisfaits d’avoir organisé ce roadshow en mobilisant 150 participants dont 30 entreprises européennes, clusters et Organisations de soutien aux entreprises.

« La qualité des conférenciers et des présentations pendant l'événement fut très haute ; cela m'a aidé à avoir une meilleure vision de la situation actuelle du secteur. J'ai également eu des contacts avec des professionnels et des PME de la région qui recherchent de nouvelles opportunités d’affaires en Egypte » 
Tawfik HANY - Oceania Engineering systems.

« Grâce au programme EUROMED Invest, 1 000 projets d'entreprise ont été mobilisés, autour de 4 500 réunions d'affaires et aboutissant à 720 partenariats commerciaux et investissements directs étrangers »
Dr. Alaa Ezz - Association CEEBA.


Source de l'article Animaweb

Les oeuvres de maîtres de la modernité méditerranéenne seront exposées au Musée de Rabat

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Le musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain de Rabat abritera, en avril prochain, une grande exposition qui réunira les plus prestigieux noms de la modernité méditerranéenne.

Fruit d’un partenariat entre le Musée Mohammed VI et le musée national d’art moderne Georges Pompidou de Paris, cette importante exposition se tiendra sous le thème: «L’influence de la méditerranée dans l’art du 20ème siècle». D’illustres maitres de la modernité méditerranéenne, parmi lesquels Matisse, Picasso, Braque, Miro, Dali et Boltanski, seront à l’affiche de cette exposition dont l’organisation est en train d’être finalisée à Paris, de concert entre M. Mehdi Qotbi, président de la Fondation nationale des musées, et M. Bernard Blistène, directeur du musée national d’art moderne Georges Pompidou et l’un des grands experts de l’art moderne et contemporain dans le monde.

L’exposition, qui portera sur une centaine d’œuvres puisées dans les énormes collections du musée Georges Pompidou, constitue «une traversée du 20ème siècle à partir de noms célèbres qui ont été soit liés, soit influencés par la méditerranée pour sa lumière, sa couleur, son histoire, sa culture», a indiqué M. Blistène dans une déclaration jeudi à la MAP.

Après la prestigieuse exposition «Face à Picasso» qu’a abritée le musée Mohammed VI, du 17 mai au 31 juillet, «l’idée c’est de donner au Maroc une succession de grandes expositions monographiques ou thématiques qui permettent aux Marocains et au public qui visitent le musée d’avoir une lecture de l’art moderne et contemporain», a-t-il souligné.

La finalité est aussi d’«apporter notre contribution au Maroc pour renforcer ce dialogue entre culture occidentale et culture africaine», a ajouté M. Blistène, un grand historien de l’art moderne et contemporain et un fervent admirateur du Royaume. Dans une déclaration similaire, M. Qotbi s’est réjoui du partenariat en cours pour l’organisation de cette exposition entre le musée Mohammed VI et le musée Georges Pompidou, qui constitue, a-t-il observé, le 2ème musée d’art contemporain au monde après le musée d’art moderne de New-York.

C’est une première d’avoir autant de noms prestigieux d’artistes, a-t-il dit en soulignant que le fait pour le musée Georges Pompidou de prêter sa collection au musée Mohammed VI témoigne, de manière éloquente, du «prestige» et de la «confiance» que ce dernier a acquis depuis son inauguration par SM Le Roi Mohammed VI, il y a trois ans.

MM. Qotbi et Blistène devraient procéder à la conclusion d’une convention entre la Fondation nationale des musées et le musée Georges Pompidou au terme des rencontres qu’ils tiennent dans le cadre de la préparation de l’exposition.

Source de l'article 2M

Région PACA : Jean-Yves LE DRIAN, Renaud MUSELIER et Martine VASSAL « en marche pour la Méditerranée du Futur »


Jean-Yves LE DRIAN, Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, était en déplacement à Marseille ce dernier jeudi 24 août 2017, il a rencontré Renaud MUSELIER, Président de la Région Provence Alpes Côte d’Azur, Député européen et Martine VASSAL, présidente du conseil départemental des Bouches du Rhône.

Cette rencontre a été l’occasion pour le Président de la Région d’avoir la confirmation de la venue du Ministre, le 21 novembre prochain à Marseille,pour le grand événement « Méditerranée du futur », porté par la Région et consacré aux opportunités économiques dans le bassin méditerranéen ainsi qu’aux enjeux environnementaux de la zone.

Par la suite, une séance de travail au siège du Grand Port Maritime de Marseille avec l’ensemble des acteurs du tourisme et des collectivités, a également permis de travailler sur l’ensemble des grands sujets liés au développement touristique en Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Selon le président de la région Provence, Alpes, Côte d’azur : » En tant que Président de Région et Président du Comité Régional de Tourisme, j’ai tenu à rappeler les grands enjeux de notre territoire, à commencer par l’ouverture de nouvelles lignes aériennes absolument cruciales pour le secteur de la croisière. Jean-Yves LE DRIAN a d’ailleurs parfaitement identifié ce secteur comme un vecteur de développement essentiel, dont la croissance pour Marseille depuis vingt ans a permis de passer de 20 000 à 1,6 millions de croisiéristes par an. »

L’ouverture à de nouveaux espaces aériens et de nouvelles destinations est une donnée cruciale pour son avenir. Le Ministre a également pu prendre la mesure d’un véritable jeu collectif entre toutes les collectivités du territoire.

« Je tiens vivement à le remercier pour son écoute et l’engagement total dont il fait preuve sur l’ensemble de ces dossiers. La Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, deuxième région touristique de France, tiendra toute sa place dans cette grande stratégie dans un esprit de coopération avec le Gouvernement qui, sous l’autorité du Ministre, s’est fixé un objectif de 100 millions de touristes par an pour la France » a indiqué Renaud MUSELIER.

Source de l'article Pacainfoeco

M. Hahn plaide pour un dialogue économique de haut niveau avec l’Algérie

Commissioner Hahn in Algeria

Le commissaire européen en charge de la Politique européenne de voisinage et des négociations d’élargissement, M. Johannes Hahn, a achevé vendredi une visite officielle de deux jours en Algérie sous le signe de la diversification économique.

À la suite de l’adoption des priorités du partenariat par le Conseil d’association Algérie-UE en mars, M. Hahn a déclaré qu’il était temps de « traduire ces priorités en actions concrètes », évoquant des projets d’une valeur de plus de 200 millions d’euros, couvrant divers secteurs, et visant à soutenir la diversification économique en Algérie.

Le commissaire Hahn a exprimé la volonté de l’UE de lancer « un dialogue économique de haut niveau » avec l’Algérie afin de définir les moyens de faciliter les échanges et de donner aux entreprises algériennes un meilleur accès au marché européen.

Au cours de sa visite, le commissaire Hahn a également lancé un projet de jumelage financé par l’UE au profit de ministère de la Poste, des Télécommunications, des Technologies et du Numérique après avoir effectué une visite à l’incubateur du CyberParc de Sidi Abdallah. Son message : l’UE soutiendra la compétitivité des entreprises algériennes notamment à travers la promotion d’un environnement propice au développement des technologies de l’information.

En marge de la visite, M. Hahn a assisté à la signature d’une convention d’échange de certification électronique entre l’UE et l’Algérie. Elle permettra de reconnaître et d’authentifier les passeports biométriques algériens et européens, afin de faciliter la circulation des personnes dans les deux sens.

Sur le plan sécuritaire, le commissaire Hahn a annoncé l’engagement au mois d’octobre prochain d’un dialogue de haut niveau sur les questions sécuritaires avec l’Algérie, en soulignant le désir de l’UE de voir la stabilité dans son voisinage.

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Success Story - Production conjointe de produits laitiers typiques et innovants entre la Grèce et l'Égypte


Dans le cadre du projet EUROMED Invest, une mission de mentorat entre deux entreprises méditerranéennes a été organisée entre septembre 2016 et mars 2017 entre deux producteurs de fromages. L'objectif consistait à définir les bases d'un partenariat durable entre les deux participants.

En effet, les producteurs de fromages grecs et égyptiens Kissas et Daoud Trading se sont rencontrés lors de l'activité B2B dans le cadre d’ENPI CBC MED LACTIMED en 2015. Les entreprises ont convenu d’étudier la possibilité d'une coentreprise pour la production de fromage à destination des clients égyptiens, arabes et européens en exploitant leurs installations à Mouzaki et à Alexandrie.

Grâce au soutien de GACIC et du programme de mentorat pour entrepreneurs EUROMED Invest, les deux sociétés ont organisé la première mission d'échange en septembre 2016.

Les deux entreprises ont convenu que leur projet commun conduirait à une situation gagnant-gagnant en soutenant l'internationalisation et l'amélioration des normes de production de Daoud Trading et l'élargissement des marchés d'exportation pour la PME grecque Kissas. Ils ont ensuite décidé d'établir une coentreprise afin de mettre en place une usine de production de fromage feta en Égypte, en s'appuyant sur les installations existantes de Daoud Trading à Alexandrie. L'accord comprend également la mise à niveau des installations de fabrication existantes de Daoud Trading, comme l'introduction d'un filtre à air, d’une zone d'échange séparée pour les travailleurs, ainsi que des activités conjointes de commercialisation et d'exportation. 

« Notre travail a porté ses fruits, nous avons un accord solide pour développer une production commune avec Kissas et nous avons une commande d'exportation de 10 conteneurs pour la Grèce. Je suis heureux et reconnaissant, l'accompagnement d’EUROMED Invest a rendu cela possible en soutenant notre initiative »souligne Amr Daoud, propriétaire et directeur général de Daoud Trading, Égypte.

Daoud Trading, produira désormais du fromage égyptien dans les installations de Kissas pour pouvoir surmonter l'interdiction d'importer des produits laitiers égyptiens dans l'UE. 
Pour discuter plus en détail de la coopération ainsi que pour voir les équipements éventuels qui doivent être achetés pour construire l'installation en Égypte, une deuxième réunion d'affaires a eu lieu en mars 2017 lorsque M. Amr Daoud s'est rendu à Thessalonique pour rendre visite à M. Dimitris. 
Outre la coopération de Kissas, M. Daoud a également conclu un accord de représentation avec une autre société grecque basée en Bulgarie.


Source de l'actualité Animaweb

Le cri du coeur de 4 associations tunisiennes pour sauver les migrants en méditerranée désormais privés de moyens de sauvetage

Alarme en Méditerranée

La Méditerranée, tristement transformée en cimetière à ciel ouvert. Chaque année des centaines de milliers de candidats à une vie meilleure tentent, la traversée fatale sur des embarcations fragiles. 

Des milliers d'entre eux ont perdu la vie dans des naufrages. En 2016, plus de 5000 ont péri noyés et 2017 ne fera pas exception. Avec plus de 2.000 migrants morts en six mois, elle pourrait même devenir l'année la plus meurtrière. Ce cri d’alarme vient d’être adopté par L’UGTT et la Ligue Tunisienne pour la Défense des Droits de l’Homme (LTDH), ainsi que deux autres associations tunisiennes. Les quatre signataires nationaux ont cosigné le 18 août, un communiqué annonçant qu’ils se constituaient en comité de vigilance pour suivre cette situation humanitaire préoccupante en méditerranée. 
Ils ont exprimé leur soutien aux ONG de sauvetage qui se trouvent dans les eaux méditerranéennes et » qui sont criminalisées par certains pays européens qui veulent les réduire à l’inaction dans leur mission humanitaire de sauvetage en Méditerranée sud et laisser les migrants se noyer sans témoins ».
En Effet, il n’y a plus qu’un seul navire de sauvetage en Méditerranée, affrété par une ONG au large de la Libye. Depuis le 13 août, la quasi-totalité des ONG ont annoncé la suspension de leurs opérations, en raison de la pression conjuguée des autorités italiennes et libyennes.Tripoli a annoncé la reprise en main de la recherche et de sauvetage (SAR) au large de ses eaux territoriales et interdit toute intervention des ONG. 
Outre la décision libyenne, les signataires pointent du doigt la politique migratoire restrictive et « inhumaine de l’Union Européenne »dénonçant la coopération Italiano-libyenne dans ce domaine faisant suite à la coopération euro-turque tout aussi condamnable ».Les États européens et les autorités libyennes coopèrent à barrer la voie aux réfugiés fuyant des situations extrême et ceci « est une attaque inacceptable contre leur vie et leur dignité »

L’Ugtt, La LTDH et les autres signataires réaffirment leur engagement pour les droits des migrants face à une politique de plus en plus restrictive, qui contribuera à l’augmentation du chiffre de morts en Méditerranée. Ils s’inquiètent également du sort des migrants secourus par les Libyens seront renvoyés en Libye, « dans un pays où il n’existe ni le droit d’asile, ni d’autres protection. Ils sont donc exposés à de nombreux dangers sur terre comme sur mer, sans espoir d’être secourus ou d’arriver à bon port ».

Ce cri indignation est un appel lancé à toutes les autorités, ONG, États de l’Union Européenne et méditerranéens pour adopter une gouvernance basée sur les droits des migrations dans les eaux méditerranéennes.

Source de l'article Leaders

L’UpM et l’ONU collaborent pour renforcer le rôle des femmes et des jeunes dans la prévention de l’extrémisme violent

UfM meeting, Barcelona 18-19 July 2017

Environ 40 experts, universitaires, praticiens et avocats se sont rencontrés les 18 et 19 juillet 2017 à Barcelone à l’occasion d’une réunion organisée par l’Union pour la Méditerranée (UpM), le PNUD et l’ONU Femmes afin d’identifier les principales mesures et approches prioritaires en vue de renforcer le rôle des femmes et des jeunes en tant qu’acteurs clés de la prévention de l’extrémisme violent dans la région euro-méditerranéenne.

L’objectif de la réunion était de faire le point en matière de recherches et d’expérience sur la prévention de l’extrémisme et de la radicalisation en mettant tout particulièrement l’accent sur les rôles des femmes et des jeunes, mais aussi de discuter des approches et des enseignements tirés sur les plans régional et national et d’identifier les besoins et les principaux domaines qui requerront des interventions dans la région euro-méditerranéenne.

Les experts ont souligné l’impact de l’extrémisme violent sur les populations et ont spécifiquement abordé son effet, souvent négligé, sur les femmes et les jeunes en particulier.

À cet égard, les participants à la réunion ont réaffirmé que, si les femmes et les jeunes sont susceptibles de jouer un rôle notable dans la prévention de l’extrémisme violent, ils doivent pour ce faire être soutenus et avoir la possibilité d’assumer leur démarche. Il a été constaté que les moteurs du recrutement et de la radicalisation diffèrent en fonction du contexte local et, dès lors, que les stratégies préventives doivent être pensées sur mesure et nuancées pour être efficaces. De plus, ces stratégies doivent bénéficier d’une meilleure coordination entre les praticiens, les autorités locales, les organisations régionales et multilatérales, et la société civile, et ce, afin d’atteindre un impact durable.

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Le Port-Cente, cet autre mégaprojet : Un hub maritime en Méditerranée

Le port sera construit en eau profonde

Il faut savoir que la construction d'un tel projet ne peut se faire qu'en trois étapes, la première dont la durée sera de quatre ans devant permettre la réalisation de sept quais pour les porte-containers et de six autres pour les cargos et les vraquiers.

A l'instar de l'autoroute Est-Ouest, le projet du port-centre peut être considéré comme un des grands chantiers portés par le dernier plan de développement 2010-2014 même si des retards aux causes multiples ont entravé le lancement de sa réalisation. 
Ce grand port situé au centre de l'Algérie, d'où son appellation, sera construit en eaux profondes de manière à abriter des bateaux de gros tonnage, chose dont le pays est encore dépourvu, devrait entrer en exploitation en 2021, du moins si l'on en croit les prévisions initiales formulées par le maître d'ouvrage, à savoir le ministère des Travaux publics et des Transports. 
Implanté à Cherchell, soit à moins de 100 km à l'ouest de la capitale, il offrira, à la fin des travaux prévue en 2024, pas moins de 11 quais pour porte-containers et 12 quais pour les cargos. Les études techniques ayant été livrées fin 2016 et validées par le ministère de tutelle début 2017, il appartient au groupe des Services portuaires (Serport), dernièrement créé pour une spécialisation accrue qui concerne en outre les autres modes de transport terrestre (grandes lignes, transport ferroviaire) et urbain (transport public, guidé et gares routières) d'engager le plus rapidement possible les travaux pour être au rendez-vous de 2021. 
Lors d'une réunion tenue avec les deux groupes concernés, le ministre Abdelghani Zalane n'a pas manqué de mettre l'accent sur l'impérieuse nécessité de respecter les délais et de commencer sine die les travaux, programmant même des visites d'inspection sur site. Le groupement constitué par des entreprises algériennes relevant du groupe Serport et chinoises (China state construction corporation) et Chec (China harbour engineering company) est en charge de la réalisation de ce port, pour un montant global de 3,3 milliards de dollars que ce joint-venture se partagera sur la base des 51/49%. Le financement du projet est assuré par la Chine à travers des crédits à long terme.
Il faut savoir que la construction d'un tel projet ne peut se faire qu'en trois étapes, la première dont la durée sera de quatre ans devant permettre la réalisation de sept quais pour les porte-containers et de six autres pour les cargos et les vraquiers. A cela doit s'ajouter tout un ensemble de structures de défense et de protection du site (digues, brise-lames etc). Une seconde étape est nécessaire pour construire les quatre terminaux à containers et les quatre quais restants pour les cargos. Elle devra durer également quatre ans. Mais dès la réception des premiers ouvrages en 2021, le maître d'ouvrage délégué, Serport, est tenu d'engager l'exploitation des infrastructures dans le but évident d'accélérer un retour sur investissements.
Enfin, la troisième et dernière étape ne durera en principe qu'une année au terme de laquelle seront livrés deux quais de marchandises et de zones logistiques ainsi qu'un certain nombre d'infrastructures de services.
Au terme de ces sept ans de travaux, le projet de port-centre sera entièrement finalisé et livré en 2024. Son rôle sera alors d'assurer le transbordement à grande échelle des marchandises acheminées par des navires de gros tonnages, jusque-là effectué dans des ports européens comme celui de Valence (Espagne) ou de Malte, pour les besoins du marché algérien et de ceux de l'Afrique subsaharienne, le Mali, le Niger et le Burkina Faso pour être précis. 
L'activité de transbordement pourrait constituer 70% des prestations du grand port-centre, une fois que celui-ci sera totalement opérationnel et sa gestion confiée à un prestataire dont l'offre aura été la mieux-disante. La majorité des Algériens ignore que le pays ne dispose pas à ce jour d'un port en eaux profondes, capable d'accueillir des navires de gros tonnage (porteurs de grands containers) et que ses importations lourdes doivent transiter par les ports espagnol et maltais, déjà évoqués, avant leur transbordement à destination du pays, avec les surcoûts qu'on imagine. 
Ajouté au problème de l'effritement catastrophique de la flotte marchande durant la décennie noire, ce handicap pèse lourdement sur les paramètres de l'économie nationale et rend à la fois urgente et cruciale la réalisation d'un tel port même si d'aucuns agitent, depuis quelque temps, le chiffon rouge de l'environnement en péril afin d'entraver le cours du chantier à ce jour virtuel. Déjà retardé durant les élections législatives, malgré le fait que les négociations algéro-chinoises ont abouti au mieux, sur la base de conditions de financement mutuellement satisfaisantes, le projet a bénéficié d'une superficie de 749 hectares répartis entre les territoires des wilayas de Tipasa et Blida dont 464 ha seront réservés au port lui-même, en fin de compte doté d'un tirant d'eau de 20 m. 
Quant au débat autour de l'impact de ce mégaprojet sur l'écosystème de la région, il faut comprendre qu'il sera minime tant sur la faune et la flore que sur le patrimoine archéologique par rapport aux retombées économiques. Le port-centre va permettre de connecter l'Algérie au reste du continent africain, à l'Amérique et à l'Asie du sud-est, entre autres, propulsant le trafic maritime à des niveaux jamais égalés. Il deviendra ainsi un hub en zone méditerranéenne capable de concurrencer les sites dont l'économie algérienne est encore tributaire aujourd'hui.

Par Chaabane Bensci - Source de l'article Lexpressiondz

Hakim El Karoui : "La France se contente de gérer l'héritage"

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Hakim El Karoui, essayiste et consultant, spécialiste des questions politiques et du Moyen-Orient
(notamment la Tunisie) - 28 janvier 2015 - Paris © Eric Garault /Garault / Pasco

Sous sa houlette, l'Institut Montaigne publie un rapport décapant consacré à la nouvelle politique française dans le monde arabe et au Moyen-Orient. Il s'est confié au Point Afrique.


Le Point Afrique : Est-ce que cela a encore un sens de parler de « politique arabe » de la France aujourd'hui ? (Villepin et Védrine parlaient d'un concept pour historien)

Hakim El Karoui : La « politique arabe » correspond à un moment bien particulier de la politique étrangère française, qui s'étend de 1967 à 2003. À plusieurs reprises, les plus hautes autorités françaises ont fait entendre une voix différente de celles des autres pays occidentaux, États-Unis en tête. La « politique arabe », c'était une politique indépendante de celles des États-Unis, c'était la recherche aussi d'un équilibre entre Palestiniens et Israéliens. Aujourd'hui, il est vrai que la politique française s'est rapprochée de la politique américaine et que le dossier israélo-palestinien tient moins de place dans l'agenda diplomatique de la région. La traditionnelle « politique arabe » s'est estompée.

Pour autant, le monde arabe est une entité géographique et culturelle où la France est très présente. Et les sociétés de la région changent à un rythme extraordinairement rapide. Enfin, fait nouveau, le monde arabe influence aujourd'hui profondément la France. Laissons de côté la vieille « politique arabe », qui correspond à des problématiques pour une part dépassées et inventons la nouvelle « politique arabe » recentrée sur trois sujets majeurs : la lutte contre le fondamentalisme islamiste, l'anticipation des nouvelles vagues de migration à venir et l'invention d'une nouvelle politique avec le Maghreb.

Pourquoi ce rapport ? Pourquoi maintenant ? Quelle a été votre méthode ? Comment avez-vous procédé pour produire ces chiffres inédits ?

Ce rapport est la suite du travail sur l'islam de France publié en septembre 2016 par l'Institut Montaigne, qui se concluait par une interrogation : comment dénoncer le salafisme tout en nouant des alliances stratégiques et militaires avec l'Arabie saoudite qui produit et promeut de par le monde cette vision de l'islam. Les deux autres points d'actualité, ce sont, d'une part, les échecs de la France en 2011, au moment des Printemps arabes qu'elle n'a pas vu venir et, d'autre part, notre incapacité à peser véritablement pour trouver une issue à la tragédie syrienne.

Pour apporter un regard neuf sur le sujet, je me suis dit qu'il fallait partir de la réalité. On connaît mal le monde arabe en France et on connaît encore plus mal la réalité de la relation entre le monde arabe et la France. Nous avons donc analysé toutes les données que nous pouvions trouver en étudiant les flux humains, culturels, commerciaux, financiers, militaires, sécuritaires, diplomatiques, mais aussi idéologiques entre la France et le monde arabe. Six cents tableaux, des milliers de lignes de données ont permis de révéler une image renouvelée de notre relation avec la région. Ce travail, c'est, au sens premier du terme, de la géopolitique. Son ambition : éclairer les responsables dans un contexte où l'on parle plus de guerre que de paix quand on pense au monde arabe. Or, il faut pouvoir être en paix avec le monde arabe.

Les régimes arabes semblent incapables de s'unir, de créer des entités économiques (l'Union du Maghreb en est la preuve) ou politiques. N'est-ce pas le problème numéro un de cette région ?

Le monde arabe n'existe pas au sens politique et économique du terme. C'est pourtant la région du monde la plus intégrée sur le plan culturel, linguistique et religieux. Même sur le plan historique, les pays arabes partagent le traumatisme de la colonisation, qu'elle soit turque, française ou britannique. Et pourtant, les Arabes sont incapables de s'unir, y compris face à un État désigné comme l'ennemi, Israël, face auquel, derrière les postures de façade, ils n'ont jamais été vraiment alignés, pas plus d'ailleurs que dans leur soutien aux Palestiniens.

Cette désunion est-elle un problème majeur ? Oui, dans le cas algérien et marocain, car l'absence de règlement du problème du Sahara occidental pénalise à l'évidence les deux pays, notamment sur le plan économique. Oui aussi quand il s'agit de négocier avec l'Union européenne par exemple : les pays arabes sont constamment en situation d'infériorité du fait de leur incapacité à présenter un front commun.

D'où vient cette désunion ? J'observe depuis longtemps dans le monde arabe un rapport pour le moins complexe à une notion pourtant centrale : l'intérêt général. C'est comme si l'idée même du bien commun était absente et qu'à sa place on avait substitué un rapport de force permanent entre intérêts privés. La conséquence de cette absence, ce sont des États faibles, car l'État est fort quand l'idée d'intérêt général l'est aussi. C'est aussi la corruption qui est très présente.

Pour autant, le fait majeur, selon la région, ce n'est pas sa désunion : c'est la transformation extrêmement rapide des sociétés arabes dont je trouve le rythme extraordinaire et qui est porteuse, à court terme, de beaucoup de violences et à moyen et long terme de beaucoup d'espoirs.

Le monde arabe influence la France via ses émigrés et l'islam. Cette réalité est-elle prise en compte par les dirigeants français depuis vingt ans ?

Pas du tout. Nos dirigeants vivent avec la vieille idée coloniale de l'ombre portée française sur la région (et en Afrique subsaharienne) qui dure et perdure à travers les âges. Elle est toujours là, en partie en tout cas. Mais ils n'avaient jamais imaginé que le monde arabe allait, en sens inverse, influer sur la France, que ce soit sur sa culture ou sa sécurité.

Sur le plan de la sécurité, le réveil a été brutal en 2015, malgré les secousses passées (1986, 1995) que l'on croyait révolues. Sur le plan culturel, le phénomène est complexe. Avec plus de Franco-Arabes que de Franco-Européens (des Français venus d'Espagne, d'Italie et du Portugal notamment), la France se découvre une identité méditerranéenne nouvelle. Elle le vit souvent mal comme en témoigne le haut niveau de l'extrême droite. Mais, la dynamique d'intégration et de métissage est bien là néanmoins, comme peuvent en témoigner le nombre très important de mariages mixtes et l'émergence progressive d'une nouvelle classe moyenne et d'une élite d'origine maghrébine.

Reste maintenant à donner un rôle à cette élite, dans la gestion de l'islam de France notamment, mais aussi dans les relations avec les pays d'origine.

Ne réduit-on pas trop souvent le monde arabe aux questions de religion et de terrorisme ? Les régimes arabes ne font-ils pas un usage trop politicien de l'islam (même Sissi) ?

L'islam est devenu un sujet politique dans les années 60, avec l'émergence des Frères musulmans en Égypte. Depuis, tous les régimes arabes ont été obligés de composer avec cette mouvance politico-religieuse, sur le plan politique, mais aussi sur le plan social, tant les islamistes ont souvent pallié les insuffisances des États. Du coup, ceux qui se présentaient à l'extérieur comme le rempart contre l'intégrisme composaient à l'intérieur avec les islamistes. Peu à peu, un partage des rôles s'est mis en place : aux États le régalien, aux islamistes la société, via l'action sociale, l'investissement éducatif et le contrôle de la ligne religieuse. Le cas typique, c'est l'Égypte de Moubarak où la société a été laissée aux islamistes, le gouvernement s'occupant de l'économie et l'armée du régalien. Le maréchal Sissi s'inscrit dans cette tradition : j'ai vu beaucoup de déclarations en Égypte sur les Frères musulmans, organisation « terroriste », mais beaucoup moins d'initiatives comme celle récente du président tunisien Caïd Essebsi qui souhaite instaurer l'égalité dans la règle d'héritage entre les hommes et les femmes – ce qui n'existe nulle part dans le monde arabe (et va contre une prescription coranique).

Il faut que nos gouvernants connaissent mieux le monde arabe. Parce que la région est devenue centrale pour la France et qu'ils ne doivent plus se laisser abuser par des discours qui justifient bien souvent l'injustifiable (notamment la violence politique).

Que pense l'opinion publique arabe de la France ? Cette fameuse « rue arabe » ?

Le seul sujet qui mobilise les masses de part et d'autre du monde arabe, c'est la Palestine. La « rue arabe » n'existe pas quand on parle de la France. Dans les pays sans histoire longue avec la France, notre pays ne suscite pas de grand intérêt. Ce sont les États-Unis qui concentrent tous les regards. Dans les pays qui ont été colonisés par la France, elle suscite des réactions passionnelles. En général négative au sein de la « rue arabe » où elle est souvent accusée de tous les maux, mais ne nous y méprenons pas : ceux qui critiquent la France sont très heureux d'envoyer leurs enfants y étudier et ils vont s'y faire soigner dès qu'ils le peuvent. La France reste centrale dans l'imaginaire, le commerce et la vie politique des pays du Maghreb par exemple.

Vous préconisez une politique axée sur le Maghreb au lieu des sortilèges du grand jeu moyen-oriental ? Pourquoi ?

Pour une raison simple : le Maghreb, c'est 80 % de l'immigration française qui vient du monde arabe, c'est 80 % des étudiants arabes qui viennent en France, mais aussi 50 % de commerce de plus que le Golfe. Et 100 % des terroristes qui ont frappé la France ces dernières années viennent du Maghreb ou sont issus de l'immigration maghrébine. Le Maghreb est beaucoup plus important pour la France que le Golfe ou le Levant.

Les interfaces (élites) entre les pays du Maghreb et la France sont-elles représentatives de la réalité de ces pays ? Pourquoi sommes-nous incapables de détecter le Printemps arabe dès Sidi Bouzid le 17 décembre ? (Alors que ce n'était pas si compliqué que ça…)

Les élites maghrébines sont les premières à ignorer la réalité de leurs pays. Elles méconnaissent bien souvent leur histoire et leur géographie, et encore plus leur réalité sociale. Le monde arabe est une terre d'inégalités, où l'information sur la réalité économique et sociale des milieux populaires est parcellaire, voire inexistante. Les villes elles-mêmes sont profondément ségréguées. Les transports en commun ne sont jamais fréquentés par les bourgeoisies locales par exemple.

Les élites françaises fréquentent les élites maghrébines. On ne peut pas leur demander de mieux connaître les pays du Maghreb que les nationaux de ces pays qui n'avaient pas compris que le système de Ben Ali par exemple était en train de craquer.

Là où je pense que les élites françaises sont en retard, c'est dans leur compréhension globale des dynamiques de transformation du monde arabe : à Paris, on comprend difficilement ce qui se passe. Ce qui me frappe, c'est l'importance majeure du monde arabe et particulièrement du Maghreb dans la vie quotidienne de la France du XXIe siècle et l'ignorance globale que nous avons de cette région, de sa culture, de sa religion, de son anthropologie.

La Tunisie n'est-elle pas, in fine, le seul modèle (démocratie parlementaire) proche de la France ? Vous préconisez un grand discours, façon Obama au Caire, depuis l'ARP. Pour dire quoi ?

La Tunisie s'efforce d'inventer un chemin démocratique. Pour l'instant, elle est au milieu du gué. Elle a réussi à maintenir la démocratie et à éviter une insurrection civile qui menaçait d'éclater en 2013 quand progressistes et islamistes se sont retrouvés dans la rue, devant le Parlement. Il a fallu l'intelligence politique et la sagesse de Béji Caïd Essebsi et de Rached Ghannouchi, le leader islamiste d'Ennahda, pour éviter le pire. Le problème, c'est que le compromis trouvé à l'époque s'est transformé en cogestion de fait entre les deux ennemis d'hier. De ce point de vue, il y a des similitudes avec la France : les ennemis d'hier travaillent ensemble.

Mais on est loin d'une démocratie parlementaire proche de la France. Notre pays s'est construit par la force de son État et le prestige de son administration. En Tunisie aujourd'hui, l'État est faible : il a été délégitimé par Ben Ali qui l'avait transformé en instrument dédié au maintien de son pouvoir personnel. La violence de l'État était devenue illégitime. Aujourd'hui, personne n'a réussi à reconstruire la légitimité de l'État. Quant à l'administration, elle souffre d'un problème de qualité des personnels : il est vrai qu'elle n'est plus attractive depuis longtemps. Et les hauts fonctionnaires par ailleurs craignent de prendre des décisions, de peur de se retrouver assignés en justice par des citoyens déçus de leur action.

Pourquoi est-ce que je propose qu'Emmanuel Macron fasse un grand discours en Tunisie ? Parce que c'est le meilleur lieu, je crois, pour reconnaître cette imbrication du monde arabe et de la France, notre souci démocratique, nos refus du double langage et entamer une nouvelle stratégie dans notre relation avec le monde arabe fondée sur le pragmatisme, la défense de nos intérêts et le traitement de certains dossiers-clés devant lesquels nous restons impuissants, l'islamisme et les migrations.

Quel est le réel problème de la politique française ? Son changement de cap incessant, sa schizophrénie… Est-ce un problème diplomatique ? Ou purement politique ?

Il y a probablement beaucoup de problèmes. Je dirai que le principal tient au fait de ne pas avoir remis à jour la « politique arabe » après 2011. Dire, comme l'a fait Alain Juppé en 2011, « chiche, on peut travailler avec les islamistes » ne suffisait pas. Nous ne comprenons pas suffisamment ce qui se passe et surtout nous nous trompons de combat : nos intérêts ne sont pas en Syrie ou en Arabie saoudite, ils sont au Maghreb. Et beaucoup de moyens, politiques et financiers, doivent être mobilisés pour lutter contre le fondamentalisme musulman qui est né du refus des valeurs occidentales.

Qu'est-ce que le néo-réalisme que vous préconisez ?

C'est une idée simple : partir des faits et pas des rêves ou d'un passé mythifié qui n'est plus. Ensuite, définir nos intérêts, sur le fondement de cette réalité. Enfin, agir en tenant compte de ce que représente la France dans le monde en général et dans la région en particulier : quelque chose de plus qu'elle-même, une incarnation d'un combat historique pour les droits humains. Ici, on rigole de cela. À l'étranger, pas du tout : la France est toujours la patrie des droits de l'homme. Alors, sachons en faire un atout. Et évitons un réalisme qui se transformerait en cynisme et en doubles standards : « Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais », c'est devenu improductif : les peuples sont éduqués et informés ! Le néo-réalisme, c'est la force des faits, la vision de nos intérêts, le refus du cynisme.

Devons-nous changer d'alliés ?

Difficile à faire. Car il n'y a pas d'alliés parfaits dans la région. Tous les pays sont éloignés de nos standards démocratiques ou alors ils manquent de poids politique (Tunisie). Je crois plutôt qu'il faut être prudent dans nos alliances et ne jamais se retrouver trop explicitement dans un camp contre un autre. C'est la complexité de la région : il n'y a jamais de solution idéale. Il faut dès lors se retrouver tout le temps « sur la ligne de partage de l'ombre et de la lumière » comme le disait René Char.

La France n'est-elle pas victime de son autosatisfaction au Maghreb ? Et de ses propos définitifs sur la Syrie (la ligne rouge à ne pas dépasser) qui ne sont pas suivis d'effets ? Au verbe devons-nous privilégier une approche plus intellectuelle (créations de think tanks, d'outils permettant de comprendre les mutations en cours dans les sociétés arabes) ?

Je crois vraiment que nous avons besoin d'un peu de modestie. Le néo-réalisme, c'est aussi ajuster notre politique à nos moyens (même si, dans certains cas, nous pouvons jouer une catégorie au-dessus de ce que nos moyens devraient permettre grâce à la force de notre verbe et de nos valeurs comme Dominique de Villepin l'a bien montré en 2003). C'est précisément ce que nous n'avons pas fait en Syrie en 2013 : on a énoncé des lignes rouges que l'on était incapable de tenir sans l'appui américain. Quand ce dernier a manqué, on s'est retrouvé tout seul. Pas très brillant pour l'ancienne puissance mandataire.

Nous devons réinvestir dans la recherche sur le Maghreb et le monde arabe pour mieux connaître ces sociétés au lieu de fermer petit à petit tous nos centres de recherche dans la région comme nous le faisons aujourd'hui pour économiser des peccadilles. On a besoin de nouveaux Jacques Berque, de nouvelles Germaine Tillon. Pierre Bourdieu avait commencé sa carrière de sociologue dans la Kabylie algérienne. Que n'écoutons-nous pas plus aujourd'hui les sociétés civiles arabes ! Elles ont tant à dire sur leurs pays. Le dialogue seul avec les gouvernements ne suffit pas. Et il faut parler aussi avec les opposants, même si cela ennuie les gouvernements. C'est d'ailleurs aussi comme cela que la France se fera respecter. Et c'est le meilleur moyen de comprendre la dynamique de l'islamisme qui nous concerne aussi sur le territoire national.

Sommes-nous un nain politique dans cette région ?

Non, je ne crois pas du tout, même s'il faut là encore distinguer le Maghreb et le Liban d'un côté, les autres pays de l'autre. À bien des égards, la France est un géant dans le monde arabe : sa langue, sa culture, le prestige de son système d'enseignement, son système de santé, sa vie politique même. Tout cela est connu, respecté, envié. Le problème, c'est que nous ne devons pas seulement gérer l'héritage. Il faut redéfinir notre stratégie régionale, comprendre qu'avec le Maghreb, nous ne sommes plus face à une politique « étrangère », mais dans une politique de voisinage, voire tout simplement une politique nationale. La France doit contribuer à la croissance économique du Maghreb, avec l'Espagne et l'Italie. À elle de prendre des initiatives pour contourner le blocage algéro-marocain. Qui ne s'est jamais interrogé sur ce que représentait économiquement la Méditerranée occidentale ? Quels étaient les atouts de cette grande région ? Ses complémentarités ? Ses faiblesses ? Faisons ce travail ! Travaillons à une vision globale de l'intégration régionale. À la France aussi de définir une vraie « politique de l'islam » alors que les musulmans sont probablement devenus le premier groupe de pratiquants d'une religion en France, devant les catholiques, alors que la France et l'Europe sont ensanglantées par des terroristes qui se réclament de l'islam et que l'islam de France reste géré par des pays étrangers, absolument incapables de maîtriser la poussée fondamentaliste à l'œuvre dans l'Hexagone.

Quant aux migrations, c'est le grand sujet qui est devant nous. Demain, le Maghreb sera une zone d'installation des migrants venus d'Afrique subsaharienne. La Méditerranée ne sera plus la frontière à traverser par les migrants. Cette dernière aura été repoussée au Sahara (ou du moins, on aura tenté de le faire). Que fait-on de sérieux pour préparer les pays du Maghreb à cette grande poussée d'immigration chez eux ? Les propos incantatoires ne servent à rien. Il faut de l'argent, de l'expertise et un modèle économique viable. Pour l'instant, aucune de ces conditions n'est remplie. C'est pourtant l'ère de la « post-Méditerranée » qui se profile à l'horizon, ce moment où les deux rives ne se regarderont plus en chiens de faïence, mais travailleront ensemble face à un problème commun.

Par Benoît Delmas - Source de l'article Le Point Afrique