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mercredi 1 février 2017

L'Union pour la Méditerranée cherche à se renforcer

L'organisation, qui réunit 43 pays des rives de la Méditerranée, veut accélérer ses projets régionaux, grâce à l'appui de fonds d'investissement ou d'entrepreneurs privés, pour notamment accroître son action face aux défis sécuritaire et migratoire.

La cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini et le ministre jordanien des Affaires étrangères, Ayman Al Safadi, lundi, au deuxième forum régional de l'UPM, à Barcelone.

Seule organisation réunissant les pays de la Mare nostrum, l'Union pour la Méditerranée (UPM), a fait valoir, lundi et mardi à Barcelone, que ses projets participaient à la réponse aux défis sécuritaire et migratoire. Les ministres de l'UPM, réunis lundi et mardi 24 janvier à Barcelone, se sont accordés pour renforcer le rôle de cette structure de coopération régionale, en lui permettant à l'avenir d'aller chercher elle-même des financements à ses projets. La principale action de cette instance de dialogue, réunissant 43 pays des deux rives de la Méditerranée, est d'offrir son label à des opérations de développement, facilitant ainsi leurs financements par les banques européennes (Berd et BEI) ou les États concernés. Depuis 2012, l'UPM s'est engagée sur 47 projets, dont 25 sont en cours de réalisation, pour 1,5 milliard d'euros. Le vœu du secrétariat de l'UPM est maintenant de voir le rythme de ses réalisations se renforcer grâce à l'appui de fonds d'investissement ou d'entrepreneurs privés.

L'UPM n'est plus ce qu'elle était, mais continue d'avancer. L'ambition initiale, celle du président Nicolas Sarkozy en 2008, était sans doute démesurée. Il s'agissait, ni plus ni moins, de bâtir une organisation politique unifiant l'espace méditerranéen. Le conflit à Gaza, puis les révolutions arabes, ruinèrent cette construction.

Un retour dans l'orbite de l'Europe

Le nom d'Union pour la Méditerranée fut toutefois gardé pour qualifier l'enceinte où ont continué de dialoguer 25 pays de l'UE et 15 pays des régions sud et est de la Méditerranée. L'UPM s'enorgueillit ainsi d'être la seule structure où se côtoient Israéliens et Palestiniens, Turcs, Grecs et Chypriotes, Algériens et Marocains… on ne sait où arrêter la liste des animosités. Le dialogue entre le ministre espagnol des Affaires étrangères et ses partenaires de Catalogne semblait ainsi pour le moins précautionneux, lundi à Barcelone, ville où siège le secrétariat de l'UPM depuis 2012, et où s'est tenu, jusqu'à ce mardi, son deuxième forum.

L'UPM, avec un budget de 8,4 millions d'euros, financé pour la moitié par la Commission européenne, pour moitié par les États membres, est revenu dans l'orbite de l'Europe. Elle est coprésidée par Federica Mogherini, la haute représentante pour les Affaires étrangères de l'Union européenne, et dépend du commissaire en charge de l'élargissement de la politique de voisinage de l'UE. Mais, et c'est sa particularité, elle demeure coprésidée par un représentant du sud - il est actuellement jordanien - et par un secrétaire général également du sud, le Marocain Fathallah Sijilmassi.

«Il était hors de propos de demander à l'UPM de fonctionner comme une organisation sur le modèle de l'UE ou de résoudre les crises que nous connaissons», note un diplomate européen, qui n'en souligne pas moins «l'intérêt de cette organisation où le dialogue est équilibré et les décisions prises dans un réel partenariat entre le Nord et le Sud. Ce lieu de discussions est unique», souligne le diplomate, relevant qu'il «faut bien préparer des solutions et projets pour les lendemains de crise».

Dépasser les blocages individuels

Les flux migratoires et les menaces sécuritaires, à commencer par celle du terrorisme islamique, sont évidemment dans tous les esprits. «L'espace le moins intégré est aussi le plus conflictuel au monde», notait lundi Federica Mogherini, pour mieux souligner l'importance des projets portés par l'UPM. Ceux-ci avancent dans les domaines environnementaux et ont également pour objectif de renforcer la «bonne gouvernance», comme le rôle des femmes et des jeunes dans le développement économique du sud de la Méditerranée.

Le secrétaire de l'UPM, Fathallah Sijilmassi, a, lui aussi, affirmé que «les défis sécuritaire, économique et politique étant tous régionaux, ils ne peuvent être traités que dans un cadre régional». Se satisfaisant que la décision ait été prise à Barcelone d'«un renforcement des capacités d'actions de l'UPM avec des instruments financiers adéquats», il a montré sa résolution à «dépasser les blocages politiques avec des projets concrets de coopération entre le nord et le sud». Le rythme des réunions entre ministres des Affaires étrangères des pays de l'UPM devrait ainsi devenir annuel.

Par Thierry Portes - Source de l'article Le Figaro

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