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dimanche 27 septembre 2015

Pour un New Deal entre l'Europe, la Méditerranée et l'Afrique

Le voisinage sud de l'Europe est un volcan en éruption : Etats qui s'effondrent, terroristes qui s'expatrient, mafias qui prospèrent, religions qui s'affrontent, frontières qui se disloquent, guerres et révolutions génératrices de massives migrations.


Résultat de recherche d'images pour "Europe, la Méditerranée et l'Afrique"Mais, il n'y a pas que des catastrophes. Loin de là! Des tendances profondes sont à l'œuvre. Elles dessinent des perspectives porteuses d'espérance et même de convergence Nord-Sud: face aux grandes migrations, les leaders politiques européens commencent à redécouvrir "leur Sud", de même que les valeurs historiques, morales et politiques de l'Europe, entraînant autour de ces valeurs un mouvement d'élan populaire en réponse aux populistes; le "capital" joue à terme la carte de l'Afrique, hissant, en 2014, cinq pays africains parmi les dix pays du monde en plus forte croissance économique et l'on commence à comprendre que l'Europe ne sera pas en condition de résoudre ses problèmes de croissance et de compétitivité, de vieillissement de ses populations et de soutenabilité de son welfare, sans une coopération étroite, et même une intégration économique et politique avec les pays du Sud de la Méditerranée et, en perspective, les pays de l'Afrique. La proximité géographique et culturelle des peuples qui ont connu ensemble la colonisation, la décolonisation et les guerres pour la défense des libertés constitue une grande ressource, comme le sont les jeunes, les femmes et les patrons des pays du Sud qui luttent pour leur émancipation et pour l'ancrage à l'Europe.

Les images à court terme sont effrayantes mais l'histoire en devenir est encourageante : sur le long terme, "le rendez-vous des civilisations est à l'œuvre" (Emmanuel Todd).

Deux scénarii sont possibles : soit l'Europe ne réagit pas de façon coordonnée et ambitieuse. Le chacun pour soi l'emporte. La peur saisit les peuples. Les leaders politiques n'ont pas le courage de proposer une vision de l'avenir. Les intellectuels sont absents du débat. L'Europe s'érige en forteresse et vieillit. La stagnation économique conduit à l'appauvrissement. Les mouvements populistes européens deviennent majoritaires, l'Union Européenne se disloque. L'Afrique, pour sa part, est pillée. Les pays arabes voient la fin de la rente pétrolière et gazière se transformer en cauchemar.

Dans l'autre scénario, l'Union Européenne propose à son Sud-Méditerranéen un new deal. Ecrire ensemble une nouvelle page de notre histoire commune. Cela passe par différentes mesures :
  • Tout d'abord, accepter un nombre significatif de migrants dont l'Europe a besoin et favoriser la mobilité professionnelle. Selon Hervé Le Bras, pour maintenir en 2050 à son niveau actuel la population active de l'Europe à 28, il faudrait accueillir pendant 34 ans 2.2 millions de réfugiés par an (soit multiplier par trois le solde migratoire actuel).
  • Remplacer l'aide au développement par une stratégie de codéveloppement en faveur du Sud avec transfert de technologie et partage de la valeur ajoutée, de savoir-faire et d'expériences économiques, notamment dans les start-up et dans les PME. Faire de notre sud l'espace pertinent de diffusion des technologies de la 3ème révolution industrielle. La coproduction qui consiste à transformer le client en partenaire doit être systématique. La Banque Mondiale a estimé que 85 millions d'emplois allaient quitter la Chine pour se relocaliser ailleurs : les pays méditerranéens aux portes de l'Europe et de l'Afrique pourraient en être les principaux bénéficiaires.
  • Créer une fondation, "La Verticale Afrique-Méditerranée-Europe"qui soit le creuset politique de l'intégration économique et le lieu de brassage des élites suivant le modèle de la CEPAL en Amérique (700 chercheurs, 40 millions de budget annuel) ou de l'ERIA en Asie (15 laboratoires et 30 millions de budget annuel).
  • Mettre en place une banque de développement intercontinentale, comme la Banque Interaméricaine ou la Banque Asiatique pour les Investissements et les Infrastructures, pour assurer la mobilité des capitaux et garantir la sécurité des investissements à long terme.
  • Changer de regard et de comportement vis-à-vis des peuples méditerranéens et africains. Passer de l'esprit de conquête à l'esprit de partage. L'émotion doit laisser la place à la raison. Certes, il faut rester ferme sur nos convictions de laïcité, d'équité et de justice, mais ces valeurs doivent être de plus en plus partagées par une majorité silencieuse au Sud.
"L'Amérique et surtout l'Asie centrale se sont déjà lancées dans l'intégration régionale Nord-Sud; elles l'ont fait de manière pragmatique dans un souci d'efficacité économique" (Pierre Beckouche). Matteo Renzi a raison de faire de l'Afrique la priorité de sa diplomatie. Angela Merkel a raison d'être attentive aux réfugiés pour donner du souffle à l'économie allemande et européenne. François Hollande a raison de mettre l'accent sur la sécurité et les interventions militaires.

La Méditerranée ne doit plus diviser l'Europe. Pour aller plus loin, il faut un axe fort: Allemagne, France, Italie, Espagne.

Le sommet de l'Union Européenne et des pays africains à Malte les 10 et 11 novembre 2015 ne doit pas se limiter aux questions à court terme de l'immigration, mais proposer de jeter les bases d'un new deal entre l'Europe, la Méditerranée et l'Afrique.

Par Franco Bassanini  (Ancien ministre italien) Jean-Louis Guigou (Haut fonctionnaire et fondateur du think tank euroméditerranéen I Miguel-Angel Moratinos  (Ancien ministre espagnol et Président du COP d’Ipemed)) - Source de l'article Huffingtonpost

D’éminents experts régionaux se réunissent pour élaborer un plan d'action visant à concrétiser les engagements des États arabes en matière d’autonomisation économique des femmes




Dans le cadre du programme financé par l'UE « Un bond en avant pour les femmes », la Ligue des États arabes, l'Union européenne et ONU-Femmes, l’entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l'autonomisation des femmes, réunissent les 16 et 17 septembre une vingtaine d’experts. 

L’objectif est de formuler une feuille de route pour la mise en œuvre d’une série d’actions en faveur des femmes, axées sur la sécurité sur leurs lieux de travail, leur accès aux ressources et leur participation à l’élaboration des politiques économiques. 
 
En février 2014, les gouvernements arabes, représentés par la Ligue des États arabes, avaient signé la Déclaration du Caire qui consacre l’égalité des sexes, réaffirmant ainsi leur engagement à réaliser ces objectifs. ONU Femmes y a contribué.     
 
La Ligue des États arabes, ONU-Femmes et les participants à la réunion coopéreront et associeront leur expertise dans différents domaines en vue de l’élaboration d’une feuille de route d'actions spécifiques.
 
Le projet « Un bond en avant pour les femmes » est une initiative conjointe d'ONU Femmes et de la Commission européenne. Le programme soutient l'autonomisation économique des femmes dans la région sud de la Méditerranée et améliore leur participation dans les sphères politiques et la prise de décision. Le programme est financé par une contribution de 7 millions d'euros de l'Instrument européen de voisinage et de partenariat (IEVP) et de 1,2 million d'euros du budget de base d'ONU Femmes. 
 
En savoir plus
EU Neighbourhood Info Centre - Genre vidéo  
Projet ‘un bond en avant pour les femmes’ – fiche et actualités
ONU Femmes site internet

Première visite officielle de la chef de la diplomatie de l’UE à Alger

La chef de la diplomatieeuropéenne Federica Mogherini sera demain à Alger pour une visite officielle en Algérie, la première dans ce pays en sa qualité de haute représentante de l’UE. Cette visite intervient à l'invitation du ministre algérien des affaires étrangères, Ramtane Lamamra.
 
Cette visite s’inscrit dans le cadre de l’approfondissement du dialogue sur l’état et l’avenir des relations entre l’Algérie et l’UE. Elle vise à consolider une vision commune qui doit permettre une mise en œuvre équilibrée et adaptée de l'Accord d'association et de la coopération sectorielle, et de renforcer ainsi les relations bilatérales dans l’intérêt des deux parties.   
 
La visite permettra également un échange de vues sur des questions régionales (Libye, Mali) et de sécurité internationale (lutte contre le terrorisme etc.).
 
Cette visite sera aussi l’occasion pour les parties de signer deux accords de financement dans le cadre de la coopération bilatérale, dans les domaines de l’appui au secteur de la justice et de la formation/emploi. 
 
Pour en savoir plus
Délégation de l’UE en Algérie – site web
EU Neighbourhood Info Centre – Algérie
 

Le verdissement du secteur énergétique au Moyen-Orient et en Afrique du Nord

Dans les discussions que j’ai avec mes collègues qui travaillent sur le changement climatique, une question revient souvent : comment le secteur de l’énergie au Moyen-Orient s’adaptera-t-il à un monde soumis à la contrainte carbone ? 

 Robert Robelus l World Bank

En mai 2015, ma messagerie s’est retrouvée inondée d’articles reprenant les propos du ministre saoudien du Pétrole et des Ressources minières : selon M. Ali al-Naimi, l’Arabie saoudite aspire à devenir un acteur mondial dans le solaire et l’éolien, et pourrait, dans les prochaines années, se mettre à exporter des énergies renouvelables en lieu et place des hydrocarbures.

Tout le monde sait que les ressources énergétiques de la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) occupent une place de premier plan dans son développement socio-économique. Les hydrocarbures sont le premier poste d’exportation de la région, et sa principale source de devises. Par ailleurs, la région MENA est le seul territoire offrant un pétrole bon marché en abondance (son sous-sol recèle 48 % des réserves mondiales) et du gaz naturel en quantité (41 % des gisements du monde, pour la majorité situés en Iran, au Qatar et en Arabie saoudite). Ici comme ailleurs, la croissance économique régionale dépend de la disponibilité d’une énergie accessible et abordable, sachant que la demande en énergie primaire est appelée à y croître à un rythme de 2,8 % par an ces deux prochaines décennies, au même titre que celle des autres économies émergentes.

D’après l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la demande énergétique mondiale devrait augmenter au bas mot de 37 % d’ici 2040. Cette estimation suppose que l’expansion annuelle de la demande mondiale ralentisse de moitié à l’avenir, en raison d’une mutation structurelle de l’économie mondiale au profit des services et des industries légères. L’AIE prévoit que la part de l’Asie dans l’accroissement de la demande mondiale d’énergie atteindra 60 %, stimulée par le dynamisme robuste des économies en développement. En 2040, le monde sera en outre davantage tributaire du pétrole moyen-oriental, qui couvrira les deux tiers de la consommation asiatique. Enfin, la demande de gaz naturel, tirée en grande partie par le secteur de l’électricité et l’industrie, bondira de 50 % à l’horizon 2040, soit la plus forte hausse parmi les combustibles fossiles.

Alors que les scientifiques en appellent à une décarbonation profonde des systèmes énergétiques afin de limiter la hausse des températures à 2 degrés Celsius par rapport aux normales historiques, la communauté internationale se réunira à Paris au mois de décembre prochain dans le but de trouver un accord pour parer aux effets délétères du changement climatique dans le monde. Or le scénario mentionné précédemment, qui tient compte des engagements déjà pris par la communauté internationale pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), notamment sur le plan de l’efficacité énergétique, entraînerait une hausse des températures de 3,6 degrés. Tout l’enjeu de la conférence de Paris est de pouvoir convenir d’une stratégie qui mêlerait à la fois les incitations et les innovations nécessaires pour changer la proportion relative de pétrole, de charbon, de gaz et de technologies sobres en carbone en vue de satisfaire la demande énergétique mondiale. Étant donné que le secteur de l’énergie représente deux tiers des émissions de GES, le succès de la lutte planétaire contre le changement climatique dépendra de notre capacité à encourager le développement d’une énergie plus propre.

Les pays de la région MENA évoluent actuellement vers une croissance plus verte, mus essentiellement par des objectifs nationaux. Ceux dont les économies reposent sur les importations de combustibles fossiles avaient déjà cherché à diversifier leur bouquet énergétique dans l’intention de réduire les effets défavorables de chocs pétroliers potentiels. En 2009, le Maroc a manifesté sa volonté de consacrer 13 milliards de dollars à son réseau électrique pour qu’il soit approvisionné à hauteur de 42 % par des énergies renouvelables d’ici à 2020, une décision qui a été suivie d’investissements dans le solaire, l’éolien et l’hydroélectricité. La Jordanie, dont la part d’électricité produite à partir de gaz naturel est de 10 %, veut la porter à 70 % en recourant à l’importation de GNL, ce qui supplanterait le pétrole et le diesel, plus onéreux et plus émetteurs de carbone (le gaz naturel demeure l’énergie fossile la plus propre : lorsqu’il est utilisé à des fins de production d’électricité, les émissions de carbone produites sont deux fois moindres que le charbon à son point de combustion). Les Émirats arabes unis se sont quant à eux donné comme objectif d’accroître de 5 % leur croissance non pétrolière chaque année, dans le cadre de leur « Vision 2021 » et de leurs efforts visant à diversifier leur économie.

Cela dit, beaucoup reste à faire. De 2000 à 2012, l’intensité énergétique des pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure a globalement reculé de 2,5 % par an, tandis qu’elle augmentait pour ceux de la région MENA. Étant donné le coût de substitution, le Moyen-Orient devrait éliminer la part de pétrole utilisée dans la production d’électricité, alors qu’elle s’élevait à 36 % en 2012. Le pétrole devrait être réservé à des secteurs pour lesquels les solutions de remplacement sont encore trop onéreuses, comme les transports. Si le gaz demeure le principal combustible pour la production d’électricité, cette ressource précieuse est dilapidée par l’usage du torchage (parmi les douze principaux pays qui ont recours à cette pratique, cinq sont dans la région MENA). Un pays comme l’Iraq pourrait développer davantage ses ressources gazières pour répondre à la demande intérieure croissante et remédier aux coupures d’électricité. Alors que la part des énergies renouvelables autres que l’hydroélectricité reste négligeable (moins de 3 % de l’approvisionnement mondial en énergie), les pays de la région MENA peuvent accroître leurs investissements dans ce secteur afin de diversifier les sources d’énergie, notamment par le biais du solaire, pour lequel la région possède des taux de rayonnement énergétique parmi les plus élevés du monde. D’après une étude de la Banque mondiale, il serait en outre possible d’améliorer l’efficacité énergétique de 20 % dans la région en utilisant les technologies existantes.

L’adoption de tarifs en adéquation avec le coût des services énergétiques stimulera les investissements dans les énergies alternatives et plus propres et dans l’amélioration de l’efficacité énergétique. Alors que le prix du pétrole a chuté de moitié depuis le pic de juin 2014, les pays ont également tout intérêt à mettre en place des réformes tarifaires et sectorielles dont les effets seront de ce fait relativement atténués. Le Fonds monétaire international estime que la suppression des subventions à l’énergie diminuerait les émissions de GES de l’ordre 20 %.

Pour en revenir aux propos du ministre saoudien du Pétrole et des Ressources minérales, je retiendrais deux éléments de ses déclarations : premièrement, les pays de la région souhaitent conserver leur rôle de premier fournisseur d’énergie de la planète, et sont disposés à répondre à la demande d’énergie plus propre, et, deuxièmement, la région, riche en énergie solaire, est intéressée par le développement de cette ressource pour satisfaire un nouveau marché d’exportation.

Par Charles Cormier - Source de l'article Blog Banque Mondiale

L’Algérie et la Pologne jettent les bases d’une coopération économique durable



L’Algérie et la Pologne, qui ont intensifié ces dernières années leurs efforts pour construire un partenariat fiable, ont instauré plusieurs mécanismes permettant de pérenniser l’évolution constante de leurs relations économiques.

L’Algérie et la Pologne jettent les bases d’une coopération économique durableAinsi, la visite de trois jours du ministre de l'Industrie et des mines Abdesselam Bouchouareb à Varsovie, achevé mardi, a été l’occasion d’annoncer la création prochaine d’une commission économique mixte entre les gouvernements des deux pays.

Son objectif principal est d’identifier les opportunités de partenariat sur les deux marchés et suivre leur mise en œuvre.

Une convention de non-double imposition est aussi en cours de finalisation: une mesure qui donnera plus « d’assurance et de confiance » aux entreprises algériennes et polonaises dans les deux pays, estime M. Bouchouareb.

La visite du ministre s'est soldée par la signature d’un mémorandum d’entente entre l’Agence nationale de développement de l’investissement (Andi) et l'Agence polonaise pour l'information et l'investissement étranger (PAIiIZ) sur le renforcement de leur coopération.

Ce mémorandum porte essentiellement sur l’intensification des échanges d’informations entre les deux institutions chargées de la promotion de l’investissement dans leurs pays et de multiplier leurs actions communes en vue d’inciter les opérateurs algériens et polonais à nouer des partenariats en Algérie et en Pologne.

Il s’ajoute à un autre mémorandum signé en mars dernier entre la Chambre algérienne de commerce et de l'industrie (Caci) et la Chambre polonaise du commerce (Kig), avec les mêmes objectifs.

Ces instruments s’accompagnent, par ailleurs, d’une multiplication des efforts pour séduire les entrepreneurs polonais afin de nouer des relations de partenariat dans les deux pays.

Durant ce voyage, M. Bouchouareb a proposé à la partie polonaise plusieurs projets dans les domaines industriel et minier, qui s’inscrivent dans le cadre du plan de développement du secteur.

Il s’agit entre autres de trois nouvelles usines de phosphates qui permettront, à terme, d’augmenter la production nationale de cette matière première de 1,5 à 7 millions de tonnes annuellement.

La partie algérienne a exprimé également son souhait de profiter du nouveau terminal gazier dans le nord de la Pologne, d’une capacité de 3 milliards de m3 par an, pour exporter le GNL algérien avec des prix avantageux.

S’ajoutent à cela, plusieurs opportunités de partenariat dans les domaines de la mécanique, l’électronique, l’industrie agroalimentaire, l’agriculture et le BTPH.

Le volume d'échanges commerciaux entre les deux pays est passé de 395 millions de dollars en 2013 à 736 millions en 2014, soit une évolution de 87%. Toutefois, ce volume reste dominé par les exportations polonaises vers l'Algérie à hauteur de 90%.

La visite de M. Bouchouareb a été l'occasion de la tenue d’un forum économique algéro-polonais, présidé par le vice-Premier ministre polonais et ministre de l’Economie, Janusz Piechocinski.

Des rencontres d’affaires (B to B) ont été organisées à cet effet entre chefs d’entreprises algériennes privées et publiques et leurs homologues polonais.

A côté des 40 entreprises algériennes, une centaine d’entreprises polonaises ont assisté à ce forum, un nombre record qui témoigne de l’intérêt des polonais pour le marché algérien, selon M. Piechocinski.

Au cours de sa visite, le ministre s’est rendu aux sièges de la compagnie polonaise du gaz (PGING) et l’Institut de recherche industrielle en automatisme et de mesure.

M. Bouchouareb s'était entretenu avec des responsables du gouvernement et du parlement polonais, dont la sous-secrétaire d’Etat au ministère des Affaires étrangères, Katarzyna Kacperczyk et le président du Sénat, Bogdan Borusewicz.

"Nous apprécions en Pologne les efforts déployés par l’Algérie pour stabiliser et instaurer la paix dans la région", a indiqué en substance M. Borusewicz.

L’Algérie, a-t-il soutenu, n'est pas seulement un pays stable mais qui joue aussi un rôle actif dans la stabilisation des pays voisins, citant notamment le Mali et la Libye.

Il a également rencontré le président de la plus grande organisation patronale du pays, la Fédération des employeurs de Pologne, Andrzej Malinowski.

Source de l'article APS

Smart City Marseille Méditerranée : une première couronnée de succès

Un public nombreux, des débats denses se succèdent de 9 heures à 19 heures, ce 26 septembre, dans le cadre prestigieux du Palais du Pharo à l’occasion de la première édition de ma Smart City Marseille Méditerranée. Occasion pour ce territoire de montrer ses atouts, ses envies, son potentiel. 
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Une manifestation qui a abordé par de multiples facettes la question de la mutation urbaine et de la révolution numérique. Alors que Jean-Christophe Tortora, le président de La Tribune, avance : « Les médias n’ont peut être pas toujours le recul ou l’objectivité nécessaire pour traiter Marseille et rendre compte de son dynamisme ». Avant que Carlos Moreno, professeur des universités, spécialiste de la ville intelligente ne lance : « Vous êtes un territoire rebelle, restez-le ». Alors que Stéphane Richard, le PDG d’Orange, évoque Smartseille, le projet d’Eiffage, dont Orange est le partenaire numérique, déclare : « Ce sera le laboratoire français de la domotique », avant de mettre en exergue la position géographique de Marseille, la Méditerranée et, au-delà, « Orange entend devenir le plus grand opérateur pan-africain dans les années à venir ». Jean-Claude Gaudin, le Maire de Marseille avoue : « Le numérique, vous vous en doutez, n’est pas ma spécialité première » mais il reconnaît qu’il s’agit là « d’un domaine qui nous engage tous pour l’avenir. Construire une ville durable et connectée est en effet devenu une priorité pour toutes les villes et d’abord pour les métropoles. Il s’agit tout à la fois d’améliorer la qualité de vie de leurs habitants et d’accroître l’attractivité de leurs territoires ».

« Nous avons conclu une charte avec cinq opérateurs pour améliorer la desserte de notre territoire en haut et très haut débit fixe et mobile »

Le maire de Marseille rappelle l’importance du tissu universitaire, de la recherche, du numérique « la ville a été pionnière avec la création du Pôle Média de la Belle de Mai dont nous venons de célébrer le dixième anniversaire ». Indiquant à ce propos « dans quelques jours nous allons inaugurer sur ce site un studio d’effets spéciaux et de capture de mouvements, studio qui positionne Marseille en avant-garde de la production de nouveaux contenus audiovisuels et numériques ». Toujours dans la filière numérique « nous avons conclu une charte avec cinq opérateurs pour améliorer la desserte de notre territoire en haut et très haut débit fixe et mobile », se félicite-t-il.
Il rappelle enfin que le numérique « représente sur le territoire d’Aix-Marseille 40 000 emplois, 8 milliards de chiffre d’affaires et 700 entreprises dont des leaders comme Gemalto ou Avenir Telecom ».

« Il faut capitaliser sur la fierté des habitants à vivre sur un territoire qui donne la capacité d’être heureux »

Carlos Moreno évoque Marseille et son « intelligence émotionnelle ». Pour lui « Aix et Marseille regorgent de points d’intérêt ». Il évoque notamment "The Camp" mais aussi Marseille « une ville qui fait partie des lieux de brassage ». Il parle du tourisme mais aussi des réfugiés, des enjeux, entre autres, en matière climatique. Invite la cité phocéenne « à se positionner face à Barcelone, avec son identité, son urbanisme. Marseille c’est une porte d’entrée vers l’Afrique : la jeunesse, l’espoir ». La smart ville qu’il dessine à une dimension économique, il cite Tel Aviv-Jaffa, « la ville qui ne dort jamais et qui représente 50% du PIB de la start-up Israël » avant de prévenir « mais il faut bien mesurer que c’est sur la qualité de vie qu’il faut concentrer ses efforts, c’est seulement sur cela que nous serons jugés. Quelle que soit la taille de la ville il faut capitaliser sur la fierté des habitants à vivre sur un territoire qui donne la capacité d’être heureux ». Il cite l’exemple de Medelin (Colombie), « c’était la ville de la drogue, de la violence, en s’inscrivant dans une logique de Smart City c’est devenu une ville heureuse qui développe l’inclusion sociale, une ville polymorphique où il ne faut pas plus de 15 minutes pour avoir la réponse à ses besoins ». Et c’est ainsi qu’il en vient au faut que Marseille doit aussi répondre aux questions écologiques. Tous ces éléments font « qu’il importe de rompre avec une organisation verticale pour passer à une approche plus ouverte, plus transversale, favorisant l’inclusion sociale. L’innovation technologique doit être au service des usagers et, pour cela, il faut enraciner le numérique dans la vie, l’hyper-proximité ». Alors, cinq points s’imposent à partir desquels les villes peuvent devenir des villes ouvertes : l’écologie, le social, la culture, l’économie et la résilience.

« Marseille carrefour entre l’Europe et le monde méditerranéen »

Daniel Sperling l’adjoint en charge des nouvelles technologies ainsi que du mieux vivre ensemble de Marseille met à son tour en avant la position géographique de Marseille « carrefour entre l’Europe et le monde méditerranéen » et son histoire, faite de migrations « qui en font une ville monde ». Il signale à ce propos l’existence de la carte Transpass dans le domaine des transports, de la City Pass dans celui du tourisme... Plus ancienne cité de France, « elle est aujourd’hui classée 40e sur 445 villes les plus innovantes du monde ». Ville connectée, Marseille est le point de départ de nombreux câbles sous-marins qui partent vers l’Afrique et l’Asie. Gabrielle Gauthey, directrice des investissements et du développement local de la Caisse des Dépôts propose de regarder attentivement ce qui se passe en Afrique : « A Nairobi tout le monde ne mange pas à sa faim mais quasiment tout le monde a un smartphone. Et, dans le domaine de la télémédecine l’Afrique est en avance sur nous ». Elle insiste à son tour sur l’importance d’une appropriation citoyenne des nouvelles technologies, notamment pour lutter contre la pollution « Il s’agit de réduire le trafic automobile, le gaspillage que cela produit ainsi que la pollution. Il faut savoir ainsi qu’1/3 des voitures qui roulent sont à la recherche d’une place de stationnement. Il faut donc développer le co-voiturage, le co-working. Or, la participation citoyenne modifie le comportement de ces derniers. A New York des citoyens ont réalisé la cartographie des pistes cyclables. Des conseils de quartier en ligne ont vu le jour. Surtout, il faut bien que nous soyons tous conscients que la Ville de demain sera réalisée par les adolescents d’aujourd’hui ».
Pour Stéphane Richard, le PDG d’Orange « La concentration urbaine est une lame de fond. C’est dans les villes que vont se concentrer les problèmes et les solutions. La ville de 2030 sera plus écologique, avec moins de voitures, parfois plus du tout. Elle sera de plus en plus connectée, il nous appartient donc d’apporter plus de réseaux fixe et mobile. Ces villes seront également plus sûres grâce à la vidéoprotection ». Puis, après avoir avoué être peu intéressé par l’acquisition d’une télé, il précise, en revanche, « nous allons investir dans 500 start-up dans les années à venir ». Et, par ailleurs, pour favoriser sa croissance en Afrique Orange a développé « un concept d’antenne alimenté par le solaire ». Christian Estrosi, maire de Nice, tête de liste LR aux régionales en Paca lance pour sa part : « Je rêve d’une SmartRégion ».

« 13 000 nouveaux entrepreneurs entre 2013 et 2014 »

Face à la qualité des débats, Didier Parakian adjoint au maire de Marseille, délégué à l’Économie, aux Relations avec le monde de l’entreprise se réjouit : « Nous sommes précurseurs en matière de numérique. Et nous sommes une ville attrayante pour les entrepreneurs, ainsi on compte pas moins de 13 000 nouveaux entrepreneurs entre 2013 et 2014 ».
Stéphane Paoli, maire adjoint d’Aix-en-Provence, en charge du numérique, revient sur le « Grand Opening » pour le lancement des French Tech Weeks 2015 qui a eu lieu le 25 septembre dans la cité du Roy René. « Nous avons accueilli 800 participants, un succès d’autant plus important que nous avons dû bloquer les inscriptions voilà plusieurs jours. Une soirée d’autant plus réussie que nous sommes dans la feuille de route de la French Tech. Medinsoft est en place tout comme le conseil du numérique. Le dossier "The Camp" a été instruit en 3, 4 mois, le permis de construire a été déposé, tout est aujourd’hui purgé, une sécurité juridique existe, ce projet peut voir le jour. Le dossier de voyageprivé.com en est lui à l’étape du dépôt du permis de construire. Nous avons donc là deux dossiers qui sont en bonne voie. De plus, le coup de projecteur de la French Tech a un impact certain, puisque le nombre d’entreprises qui veulent s’installer sur Aix ou Marseille est en augmentation. Et, au niveau international, le territoire commence à être connu ».

Par Michel CAIRE - Source de l'article Destimed

L’UE et les États membres lancent une page Facebook pour promouvoir les activités culturelles européennes en Égypte



La délégation de l'UE en Égypte et les États membres de l'UE ont lancé une page Facebook pour présenter les différentes activités et manifestations culturelles qu'ils organisent ou auxquelles ils sont associés. 

Au total, 34 ambassades et centres culturels européens participent à cette plateforme, sous l’égide de l’UE. Ils proposent diverses activités, comme des projections de films, des festivals artistiques, des expositions, des activités musicales ou axées sur le patrimoine, etc.     
 
L’UE finance entre autres le projet « Soutien à la diversité culturelle et la créativité en Égypte », doté d’une enveloppe de 3 millions d’euros. Il s’agit du premier programme bilatéral dans le domaine de la culture dans la région méditerranéenne. Il met l'accent sur les expressions culturelles modernes, renforce la coopération directe entre l’UE et la  Bibliotheca Alexandrina, et octroie des subventions aux opérateurs culturels. L'UE s’emploie en permanence à soutenir les institutions culturelles désireuses de promouvoir l’inclusion sociale et encourage la diversité des expressions culturelles et artistiques en Égypte. 
 
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EU Neighbourhood Info Centre- page internet – Egypte
Délégation de l’UE en Egypte – site internet et page Facebook 
 

Appel à communication: Atelier sur le thème « les entreprises et la mondialisation » 15-09-2015

Le Forum Euro-méditerranéen des Instituts des Sciences Économiques (FEMISE), financé par l’UE, et d’autres partenaires organisent à Aix-en-Provence un atelier sur le thème « les entreprises et la mondialisation », qui s’intéressera en particulier aux pays de la Méditerranéen. 

Workshop logoCet atelier a pour objectif de discuter du lien entre l’ajustement des entreprises et les phénomènes liés à la mondialisation des économies (réduction des droits de douane, harmonisation des mesures non tarifaires, accroissement et réorientation des échanges, intégration dans des chaînes de valeur, etc.), en particulier dans les pays émergents et en développement.
Une attention particulière sera accordée à la situation des pays méditerranéens, qui feront l’objet d’une session spécifique.

Les propositions de communication (résumé détaillé ou version provisoire, en français ou en anglais) devront être envoyées avant le 19 septembre 2015. La participation à l’atelier est ouverte à tous les chercheurs, post-doctorants et doctorants attachés aux différents centres de recherches et laboratoires qui organisent l’évènement.

Le FEMISE est un projet financé par l’UE qui entend contribuer au renforcement du dialogue sur les questions économiques et financières du partenariat euro-méditerranéen, dans le cadre de la politique européenne de voisinage et de l’Union pour la Méditerranée. Plus spécifiquement, le projet cherche à améliorer la connaissance des enjeux prioritaires dans les domaines économiques et sociaux et de leurs répercussions sur leurs partenaires méditerranéens dans le cadre de la mise en œuvre des accords d'association et des plans d'action avec l'UE. 

Pour en savoir plus
FEMISE – Site internet

Les Algériens rêvent d’une «révolution numérique»

Une Algérie à la pointe du numérique avec une administration 100% digitalisée et des pôles d’excellence high-tech dans tout le pays... Nous sommes nombreux à en rêver, révèle le dernier sondage du collectif Nabni (Notre Algérie bâtie sur de nouvelles idées) qui, à son niveau, travaille déjà à donner forme à cette Algérie digitale.


Nabni AlgérieC’est la rentrée mais cette année, pour une fois, tout est prêt. L’inscription des enfants a été bouclée en dix minutes sur le site du ministère de l’Education, les factures accumulées pendant les vacances ont été payées sur internet en cinq minutes et le nouveau passeport biométrique est même arrivé dans la boîte aux lettres. 

Serein, vous profitez des derniers jours de congés tranquillement à la maison. Au journal télévisé, les bonnes nouvelles s’enchaînent : l’Algérie vient de détrôner l’Inde dans le domaine informatique, devenant le leader mondial en matière numérique. Qu’il est doux de rêver de l’Algérie de demain ! Si doux, que dès que l’occasion se présente, les propositions pour un futur meilleur fusent. C’est ce que révèlent les réponses au sondage « Quelle Algérie rêvée pour 2030 ? » publié par le collectif citoyens Nabni sur son site internet du 4 juillet au 17 août. « Cette nouvelle activité intitulée l’Algérie rêvée est un exercice nouveau », déclarait Abdelkrim Boudra, porte-parole du collectif, lors de la rencontre-débat de lancement, le 4 juillet dernier. « On a voulu sortir des discours habituels sur ce qui ne va pas pour proposer un projet participatif invitant à imaginer l’Algérie de 2030 ».

Réalisé à partir de l’outil Survey Monkey, le sondage se déclinait en six questions invitant le sondé à livrer « les grands projets », « la grande réalisation » et un « chiffre-clé » de l’Algérie de 2030 ainsi que « des exemples réussis de développement » et d’ « initiatives exemplaires », tout en laissant une place à la créativité avec la possibilité de donner « sa vision du rêve algérien » par une production multimédia. Sur les 222 réponses obtenues, les TIC ne sont pas en reste. Les grands projets à réaliser dans le domaine reviennent régulièrement : « une administration totalement digitalisée », « la ville de Sidi Abdallah, première "Silicon Valley" de l'Afrique du nord », « Constantine, Annaba, Batna, Ghardaïa et Tamanrasset, nouveaux pôles de développement de l’industrie high-tech », « l’Algérie intègre le top 4 des pays en fort développement aux côtés du Brésil, de l’Inde et de la Chine », « le nouveau Steve Jobs est Algérien », etc. (voir encadré).

La « pierre » Nabni

Encore peu visible sur le terrain, l’Algérie de demain, digitale et numérisée, se construit donc dès aujourd’hui, dans les esprits, mais aussi chez Nabni. Depuis sa naissance, en 2011, l’initiative citoyenne utilise les nouvelles technologies, à la fois pour diffuser largement ses réalisations et permettre au plus grand nombre de participer au projet. Quelques mois seulement après sa création, le collectif s’est doté d’un site internet. « L’objectif de départ était de soumettre chaque semaine aux Algériens dix mesures du rapport Nabni 2012 « 100 mesures » pour qu’ils donnent leurs avis et proposent, à leur tour, leurs propres mesures grâce à un formulaire en ligne », rappelle Rostane Hamdi, membre de Nabni chargé de piloter et d'animer la partie web au moment de son lancement.

Lieu d’échange et de concertation, le site web et les réseaux sociaux qui lui emboîtent le pas (Facebook, Twitter, Youtube et LinkedIn) répondent aussi à un impératif de transparence cher au collectif. Toutes les activités - rapports, rencontres avec les institutionnels, débats publics, etc. - sont ainsi publiées et partagées sur internet. Les derniers débats portant sur le « renouvellement du récit national » et « des langues parlées en 2030 », organisés pendant le mois de juillet, ont même étéfilmés en intégralité et mis en ligne sur la chaîne Youtube de Nabni.

Pour poursuivre la réflexion et le travail sur les questions numériques, un groupe TIC s’est constitué au sein de Nabni. Regroupant une dizaine de personnes, « des trentenaires jusqu'à des vétérans des TIC éparpillés entre l’Algérie, l’Europe, les Etats-Unis et le Moyen-Orient », ce groupe œuvre à « remettre le débat autour des TIC à son juste niveau », témoigne Mohssen, un de ses membres. « Il s’agit d’étendre le débat pour ne pas le limiter uniquement à une question de téléphonie ou de sujet technique d'experts, mais en faire un vrai levier de révolution économique afin de porter le pays vers l'ère digitale ». Un atelier des Technologies de l'Information et de la Communication, sera organisé le dimanche 25 octobre à Alger par le groupe TIC du collectif NABNI. Pour les détails, restez connectés !

Source de l'article Maghrebemergent

L'Agenda Post-2015 et les enjeux pour la Méditerranée

Voilà près de trois ans que les signataires de la déclaration "l'avenir que nous voulons" se sont engagés à Rio pour définir un agenda du développement après 2015. 

Plus nombreux, plus ciblés et susceptibles d'être appliqués par la majorité des Etats, les Objectifs de Développement Durable (ODD) sont adoptés en ce mois de septembre par l'Assemblée générale des Nations Unies après un long, mais nécessaire, processus de négociations internationales. 
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Déjà en 1992, avec la Déclaration de Rio et, en 2000, avec l'adoption des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), un compromis avait été trouvé entre les États, rendant possible le processus du développement durable. Depuis, celui-ci a connu de réels progrès, et ce, dans de nombreux domaines et au sein d'une majorité de Nations convaincues de cet impératif visant à concilier l'économie, le social et l'écologie dans leurs stratégies de croissance. 
Mais le bilan ne saurait être lénifié car les résultats sont contrastés selon les pays et les secteurs d'activité et car il subsiste de véritables freins à la mise en œuvre du changement. Si l'on observe une tendance générale à l'amélioration, demeurent malheureusement de profonds écarts régionaux et des inégalités socio-économiques sans cesse plus évidentes au sein même des pays. Pour certains territoires, la situation se serait même dégradée. L'espace méditerranéen n'échappe pas à ces tendances mondiales. En effet, comme toujours, cette espace illustre à quel point les enjeux du développement, appelant à plus de coopérations et de synergies, révèlent aussi des difficultés à mettre en œuvre, sous un mode opératoire multilatéral, des politiques et des stratégies favorables à la construction d'un avenir meilleur.

En 2015, alors que devraient être célébrés les 20 ans d'une déclaration de Barcelone ayant suscité de grands espoirs en novembre 1995 lors de sa prononciation instaurant le Partenariat euro-méditerranéen, le paysage géopolitique de la région s'est profondément transformé et plusieurs inconnues résident sur les futurs possibles du développement en Méditerranée. Dans ces conditions, la Politique européenne de voisinage (PEV) cherche à mieux prioriser ses engagements sectoriels. Les enjeux liés à l'emploi, à la jeunesse et à la cohésion territoriale restent déterminants et liés au développement agricole et rural dans les pays de la région. Il en est de même des négociations commerciales, des stratégies en faveur de l'égalité entre les hommes et les femmes et des initiatives menées pour la stabilité géopolitique du bassin méditerranéen. Les insécurités alimentaires, hydriques, foncières et climatiques sont indissociables des problématiques économiques, sociales, migratoires et environnementales. 
Pour le futur du Partenariat euro-méditerranéen, une plus grande coopération agricole, que ce soit dans la recherche ou dans le développement des zones rurales, s'avère sans aucun doute nécessaire. Mais d'autres défis attendent la Méditerranée et les 20 ans de la déclaration de Barcelone invitent à faire, en urgence, de nouvelles propositions. Le déplacement de populations auquel nous assistons - d'abord au sein même des pays en crise, puis vers les pays limitrophes et enfin jusqu'en Europe - en raison de son caractère durable et de son impact économique et social sur les pays d'accueil, nous oblige à considérer ce phénomène comme un double défi. Il y a tout d'abord une crise humanitaire à gérer et un défi politique à relever. Ne le nions pas. Mais il convient aussi de regarder le futur plus lointain et identifier quels pourrait être les instruments les plus propices à une atténuation des tensions au sein de l'espace méditerranéen. La sécurité alimentaire et le développement rural s'avèrent plus stratégiques que jamais dans ce contexte.


Sans doute la PEV devrait-elle désormais chercher à distinguer davantage les temporalités. Si la différenciation des coopérations euro-méditerranéennes entre les pays s'est mise en place, il serait peut-être opportun de différencier aussi les actions de la PEV qui relèvent du court-terme et celles qui s'inscrivent dans une perspective plus lointaine. Avec en toile de fond l'impérieuse nécessité de maintenir des initiatives multilatérales, car face à l'ampleur des enjeux de cet espace géopolitique si spécifique, comment pourrions-nous envisager un seul instant que les interdépendances tissées durant des siècles cesseraient soudain d'exister. Il est illusoire de penser qu'un événement majeur dans un pays riverain de la Méditerranée n'ait pas de conséquences sur ses voisins. Renversons les regards sur le plan stratégique : c'est l'Europe qui représente ce balcon ouvert sur la Méditerranée, pas l'inverse.

Une plus grande synergie entre les acteurs opérant en faveur du développement méditerranéen doit constituer à ce titre une voie prioritaire à explorer. Il faudra miser sur l'agriculture (pas seulement, mais cessons de la déclasser dans l'agenda stratégique du développement pour la Méditerranée) car elle constitue un réservoir formidable de solutions. Si la finalité alimentaire reste incontournable, l'agriculture est aussi pourvoyeuse d'emplois et de stabilité dans des territoires ruraux, souvent marginalisés, au sein desquels des politiques plus inclusives (à la fois sociale et économique) doivent être mises en œuvre. 
Pour cela, les modes opératoires des politiques publiques et les processus décisionnels devront davantage intégrer les évolutions en cours en matière de participation des publics vulnérables à la gouvernance. Au regard des résultats escomptés, il deviendra également indispensable d'élargir le tour de table à l'ensemble des parties prenantes (partenaires sociaux, entreprises, associations, administrations publiques...) afin de consolider un dialogue constructif, pérenne et de soutenir la co-construction des projets de développement. Dans les territoires isolés, où les enjeux du développement durable restent insuffisamment connus, des efforts accrus de sensibilisation devront être menés.

Un Agenda post-2015 au cœur des activités du CIHEAM

L'agenda du développement après 2015 devra engager, en effet, la communauté internationale vers des efforts considérables pour mettre fin à la pauvreté, faire face au changement climatique et offrir les opportunités pour que chacun se saisisse de son avenir. Malgré les controverses sur le niveau de précision des ODD et leurs moyens de mises en œuvre, les négociateurs se sont mis d'accord sur un ensemble de 17 Objectifs comprenant 169 cibles spécifiques qui participeront aux orientations de l'aide au développement, de la recherche, ainsi que des politiques publiques d'ici 2030. Certains ODD font partie intégrante de la mission du CIHEAM et des activités qu'il déploie avec les pays de la Méditerranée: la promotion de la sécurité alimentaire et de la nutrition, la garantie de modèles de consommation et de production durables ainsi que la gestion durable de l'eau, des ressources marines et des écosystèmes terrestres. Les ODD visant à garantir une éducation de qualité tout au long de la vie, à parvenir à l'égalité entre les sexes et à réduire les inégalités entre et à l'intérieur des pays entrent également dans le champ d'actions du CIHEAM. Ces différents ODD sont cruciaux pour l'espace méditerranéen où les besoins premiers des populations demeurent l'accès à une alimentation saine et équilibrée produite dans le respect des équilibres naturels et la possibilité de vivre dignement dans les espaces ruraux. En progressant sur ces enjeux dans les années à venir, nous contribuerons à la sécurité humaine, au développement inclusif et à la durabilité des ressources en Méditerranée.

Mettre en œuvre ces Objectifs ne sera pas une tâche facile et les inquiétudes sont encore nombreuses quant à la lisibilité d'un tel agenda qui devrait compter près de 800 indicateurs à évaluer. Il faudra donc être inventif pour concevoir un mécanisme de suivi et de redevabilité transparent, capable de rendre les États comptables de leurs choix (sans oublier non plus la société civile ainsi que le secteur privé qui sont autant d'acteurs clés pour le développement durable). Face aux ambitions relatives à l'agenda du développement demeure aussi l'épineuse question de la feuille de route des engagements financiers dans un contexte de plafonnement des budgets publics. Les besoins dépassent en effet le millier de milliards de dollars par an d'ici 2030, soit plus de 20 fois les montants annuels de l'aide publique au développement. Atteindre ces 17 ODD demandera donc des efforts colossaux, continus et collectifs dans des États qui devront mobiliser eux-mêmes les financements nécessaires au développement durable. A ce titre, précisons ici que le renforcement des capacités locales et nationales constituera l'une des principales clés de voute du processus des ODD. Depuis 1962, le CIHEAM a fait du renforcement des capacités et du partage des savoirs et connaissances, son moteur et sa principale force. Nos instituts de recherche et de formation remplissent cette mission au quotidien toujours en quête d'innovation et d'adaptation pour répondre aux divers besoins des pays et accompagner des dynamiques au niveau local, en particulier en milieu rural.

La difficile mise en œuvre des ODD rend d'autant plus essentielle une coopération multilatérale renouvelée et opérationnelle. L'expérience de plusieurs décennies de coopération méditerranéenne efficace face aux changements et défis globaux est donc une chance pour l'agenda du développement après 2015 dans notre région. Le CIHEAM entend d'ailleurs s'engager pleinement dans ce processus et apporter tout son soutien au partenariat mondial pour le développement durable. L'après 2015, avec les ODD et la mise en œuvre de l'accord, que nous espérons tous ambitieux, sur le climat après la Conférence de Paris (COP 21), offrira sans doute de nouvelles opportunités pour la dynamique de coopération en Méditerranée. Cette dernière devra assurément s'appuyer sur les forces vives de cette région. Mais pour avancer sur un développement plus durable et responsable en Méditerranée, il faut aussi favoriser les synergies entre les différents acteurs, du public comme du privé, convaincus que les alliances et les partenariats doivent désormais guider les initiatives et les stratégies dans une région qui souffre souvent d'un trop plein d'activités désordonnées. C'est aussi l'un des axes défendus actuellement par le CIHEAM, Organisation méditerranéenne de 13 Etats membres, mais qui travaille avec tous les pays de cet espace euro-méditerranéen et toutes les institutions internationales et nationales mobilisés pour le développement.

Par Cosimo Lacirignola (Secrétaire général du Centre International de Hautes Etudes Agronomiques Méditerranéennes) - Source de l'article Huffingtonpost

Une odyssée méditerranéenne

Elles sont biologiste, historienne, géographe, écologiste, ingénieure, artiste et navigatrice. Ce sont dix femmes qui embarquent fin septembre pour 3 ans d’aventure en Méditerranée à bord d’un laboratoire flottant. 

Sillage OdysséeLe projet Sillage Odyssée est pluridisciplinaire et a pour objectif de réaliser un état des lieux des savoirs et des perceptions sur la Grande Bleue afin d’envisager un avenir durable.

Pendant trois ans, elles vont réaliser des relevés écologiques des petites îles méditerranéennes, des ateliers d’experts autour des enjeux écologiques et sociétaux locaux, rencontrer les populations locales pour saisir leur rapport et leur usage de la Méditerranée…


Sur du long terme, le but est d’articuler les connaissances sur la région, de faire se rencontrer les acteurs scientifiques du bassin méditerranéen afin de faire émerger des programmes scientifiques transversaux pour l’avenir durable de Méditerranée.

Pour suivre leur expédition, rendez-vous sur le site du projet.

Source de l'article Voile  Magazine