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dimanche 26 avril 2015

Marseille : Colloque SECEM sur "entreprises en Méditerranée : quelle sécurité ?" le 18 juin à la Villa Méditerranée

Il sera question de Sécurité économique et de compétitivité des entreprises en Méditerranée (Secem) le 18 juin à la Villa Méditerranée à Marseille. 

Ce colloque, organisé par l’Association de criminologie du bassin méditerranéen (ACBM), en partenariat avec l’Association pour la compétitivité et la sécurité des entreprises (ACSE), accueillera Michèle Alliot-Marie qui fut notamment ministre de l’Intérieur et de la Défense, le général David Galtier, commandant de la région de gendarmerie Paca, Eric Delbecque, chef du département Sécurité économique de l’Institut national des hautes études de la Sécurité et de la Justice (INHESJ) et d’experts du Sud de la Méditerranée tels que Mohamed Benhammou (Maroc), expert international en Stratégie, Sécurité et Terrorisme et Mohamed Néjib Karafi (Tunisie), ancien Secrétaire d’État auprès du ministre du Développement local et régional. Un colloque qui entend faire prendre conscience aux entreprises et notamment aux PME/TPE que la sécurité économique est un levier de compétitivité.

Présentation à Marseille du Colloque Secem sur "entreprises en Méditerranée :
quelle sécurité ? en présence de nombreux intervenants (Photo Philippe Maillé)
Les entreprises sous-estiment le prix de l’insécurité. « Chaque année en France, une entreprise sur cinq perd plus de 10 000 $ (ref Global Economic Crime Survey 2014) et plus de 1 000 entreprises ferment leurs portes après une Cyberattaque. De nombreux risques menacent les entreprises : risque sur les systèmes d’informations (phising, hacking), cambriolage, risques terroriste, social, concurrentiel, etc. Dans un avenir économique de plus en plus incertain, limiter ce risque global devient un facteur essentiel de compétitivité pour les entreprises », soulignent les organisateurs. Et en ce qui concerne la Méditerranée, poursuivent-ils : « Le bassin méditerranéen dispose d’un fort potentiel économique. mais ce territoire est aussi une zone de fractures, qui créent des tensions géopolitiques. Pour aider les entreprises à se sécuriser dans ces pays, il est nécessaire de définir une véritable stratégie globale d’implantation »

« Il faut bien que tous les chefs d’entreprises soient conscients qu’il n’y a plus de cibles privilégiées »

Pascal Massa précise les raisons de la présence de la Gendarmerie : « Cela fait une dizaine d’années que nous sommes investis dans la sécurité économique. Notre mission est de protéger les personnes, aussi bien physiques que morales sur le territoire national. Nous avons en charge les PME/TPE, nous les sensibilisons aux risques, nous leur proposons nos compétences afin de les aider à se protéger. Nous nous appuyons pour cela sur notre maillage du territoire, sur nos contacts avec les entreprises et sur la Cellule départementale d’intelligence économique ». Et d’insister : « Il faut bien que tous les chefs d’entreprises soient conscients qu’il n’y a plus de cibles privilégiées ».

« La théorie du bon client ne fonctionne plus »

Ce que confirme Eric Delbecque : « Il faut bien mesurer que la théorie du bon client ne fonctionne plus. Avant les personnes qui travaillaient dans la sécurité savaient qui ils avaient en face et qui étaient les cibles. Puis la mondialisation est arrivée, la criminalité est l’un des grands vainqueurs de ce phénomène. Avec une criminalité qui a une vraie logique d’entreprise, sans oublier les réseaux terroristes qui, sur le fond, sont archaïques mais, à la pointe du progrès en matière d’utilisation des réseaux et des médias ». Pour le Colonel de Gendarmerie, Alain Kik : « Il ne s’agit pas de jouer sur les peurs, au contraire, le message que nous voulons faire entendre c’est que la prévention diminue considérablement les risques. Il faut bien mesurer, en termes de sécurité, que parfois un simple portail peut protéger ». 
Un autre pan de l’activité de la Gendarmerie est mis en lumière : la fonction de négociateur. Eric (il ne tient pas à ce que son nom soit cité ndlr) explique : « Nous intervenons dans les conflits de basse et de moyenne intensité, c’est à dire des conflits de voisinage, des rétentions patronales -sachant que nous n’intervenons pas sur le fond du conflit-, des personnes suicidaires, des extorsions de fonds... les négociateurs du GIGN intervenant pour leur part pour les conflits de haute intensité. Mais, en fait, pour nous, il n’est jamais question d’intensité puisque, chaque fois, nous sommes face à de l’humain ». Concernant l’international, rappelle Eric : « Une entreprise qui s’installe à l’étranger est soumise à des risques qu’elle doit connaître avant afin de les anticiper. Il en va de même pour un expatrié, il doit connaître les risques qui sont différents suivant qu’il parte seul ou en famille ».

Colloque entreprises et Méditerranée : quelle sécurité ?

Programme de la journée du 18 juin à la Villa Méditerranée : 
13h00 à 13h30 : Accueil des invités
13h30 à 14h00 : Discours d’ouverture
14h00 à 14h30 : Introduction générale par la ville de Marseille
14h30 à 16h00 : Première table ronde
Lien entre la criminalité et la sécurité économique : les enjeux de cette première table ronde seront dans un premier temps de comprendre la nature des malveillances subies par les entreprises, quelles sont les plus virulentes et quelles sont les entreprises ou les secteurs d’activité les plus touchés. Dans un deuxième temps, il s’agira de mettre en envergure une stratégie de partenariat entre acteurs publics et acteurs privées dans la prévention en matière de sécurité économique.
Participants : Aurélien Dyjak, Général David Galtier (Gendarmerie Nationale), François Ranise (Profil), Fabien Jacques (Blachère Illumination) et Patrick Lacruche (Gemalto).
16h30 à 16h45 : Introduction du deuxième sujet
16h45 à 18h00 : Deuxième table ronde 
Géostratégie future des pays du bassin méditerranéen où Il s’agira de répondre à deux interrogations majeures : Quelle stratégie doivent adopter les pays de la rive sud de la méditerranée pour s’intégrer à l’économie mondialisée ? Quels sont les intérêts pour les entreprises du sud de l’Europe de s’installer sur la rive sud de la méditerranée ?
Intervenants : Michèle Alliot-Marie, Mohammed Benhammou, Mohamed Néjib Karafi et Jean-Luc Chauvin (UPE13)
18h00 à 18h30 Discours de fermeture

Inscription au colloque SECEM : contact@secem.fr - Plus d’info : secem.fr

Par Michel CAIRE - Source de l'article Destimed

Tunisie : appel à propositions pour la promotion de la démocratie et les droits de l’homme



L’UE a publié un appel à proposition pour appuyer la société civile dans la promotion les réformes démocratiques and les droits de l’homme en Tunisie dans le cadre de l'Instrument Européen pour la Démocratie et les Droits de l'Homme, sous la référence EuropeAid/137-003/DD/ACT/TN.
 
L'objectif du présent appel à propositions est de fournir un soutien direct aux organisations de la société civile afin de consolider et renforcer leur rôle et leurs stratégies propres dans la promotion des droits de l'homme et des réformes démocratiques.
 
Les priorités ciblées par cet appel à propositions sont les suivantes:
- Renforcement des éléments constitutifs de l'état de droit (exécutif, législatif et judiciaire).
- Lutte contre la torture et autres traitements ou châtiments cruels, inhumains et dégradants
- Protection des droits des migrants, des réfugiés et des victimes de la traite des êtres humains.
- Favoriser le suivi des relations UE-Tunisie en matière de démocratie et droits de l'homme.
 
La date limite de remise des notes succinctes est fixée au 22 mai 2015.
 
Une session d’information sur cet appel à proposition sera organisée le 22 avril 2015 à 14h00 dans les locaux de la Délégation de l'UE en Tunisie. Les participants sont invités à s'inscrire avant le 16 avril 2015 et à l'adresse email suivante: delegation-tunisia-aap@eeas.europa.eu  
 
Pour en savoir plus 
SEAE - Tunisie  
EU Neighbourhood Info Centre – Page Web sur la Tunisie  
Délégation de l’UE en Tunisie – site internet et page Facebook

Liban: un événement organisé par des projets de l'UE célèbre le sport comme un outil pour le développement et la paix



Un événement sportif, organisé par l'Office de secours et de travaux des Nations Unies (UNRWA) dans le cadre de deux projets financés par l'UE, a eu lieu la semaine dernière au Liban pour marquer la Journée internationale des Nations Unies pour le sport au service du développement et de la paix.
 
L'événement a rassemblé des étudiants libanais de plusieurs écoles publiques et des jeunes Palestiniens des camps au Liban autour d'un match amical de football, axée sur le thème de la Journée internationale pour cette année – « Unissons-nous pour le développement durable pour tous par le sport » - et sur la réalisation du potentiel du sport comme un outil de développement et de paix.
 
L'UE est le plus grand fournisseur multilatéral de l'aide internationale aux réfugiés palestiniens et soutient l'UNRWA depuis 1971. En outre, l'UE a contribué aux appels et projets d'urgence humanitaire de l'UNRWA en réponse aux crises et aux besoins de la région. 
 
Pour en savoir plus
EU Neighbourhood Info Centre – Liban 
Délégation de l’UE au Liban – site internet et page Facebook

Le Fonds des femmes en Méditerranée lance son concours de photographies 2015

Le concours de photographies du Fonds des femmes en Méditerranée revient pour une nouvelle édition autour du thème "Celles qui font des vagues".

CONCOURS PHOTOS

"Graffiteuses et bloggeuses en Egypte, rappeuses en Bosnie, indignées en Espagne, calligraphes sur leur propre corps en Syrie, en campagne sur Facebook, footballeuses en France, jeunes âgées, femmes publiques ou anonymes…, elles sont assimilées à des rebelles, des insoumises, des résistantes, des frondeuses qui refusent de rentrer dans le rang", énonce la présentation du concours publié sur le site de l’association.

"Dans la situation actuelle dans cette région, à côté des féministes, beaucoup de femmes n'ont pas conscience qu'à travers leurs gestes anodins tels que continuer à s'habiller comme elles le veulent, oser sortir dans la rue, travailler, être artiste, etc., elles font preuve d’un acte courageux et que ce mode de résistance contribue à faire avancer les mentalités et la cause des femmes", souligne Fawzia Baba Aissa, organisatrice du concours.

Ouvertes à tous les amatrices et amateurs de photographie résidant dans un pays de la Méditerranée, les candidatures doivent êtres envoyées à :
concoursphotoffmed2015@gmail.com  avant le 15 juin à minuit.

Les 20 meilleures photos seront sélectionnés par un jury qui récompensera les trois premiers lauréat-e-s d’un chèque cadeau d’une valeur de 400, 300 et 200 euros, indique la présentation du concours qui précise que les résultats seront accessibles sur le site au plus tard le 15 juillet 2015.

3ème prix du concours 2013, Gaza, Palestine.
Organisée pour la quatrième année consécutive, l’édition 2015 est placée sous le marrainage de Nathalie Baye. Environ 300 lauréats de 16 pays différents du bassin méditerranée participent chaque année.

Le Fonds pour les Femmes en Méditerranée créé en 2008, à l’initiative de femmes engagées depuis des années pour les droits des femmes dans la région méditerranéenne, soutient et accompagne financièrement le mouvement pour l’émancipation des femmes dans la région.

Source de l'article Huffpostmaghreb

L’agriculture comme moteur du développement économique en Algérie

L'agriculture contribue avec 9,8% au PIB : Les filières stratégiques comme objectif de développement.

Consacré dans le cadre de la politique de renouveau agricole et rural comme étan...Consacré dans le cadre de la politique de renouveau agricole et rural comme étant un défi majeur, tant il relève de la souveraineté nationale, l'enjeu de la sécurité alimentaire a pris ancrage dans les orientations découlant de la Conférence sur le renouveau agricole et rural, organisée le 28 février 2009 à Biskra.

Un évènement qui aura réaffirmé le caractère hautement stratégique de ce secteur qui a connu, depuis cette date, un saut qualitatif et une diversification, traduits à travers l'évolution de son taux de croissance, soit une moyenne annuelle de 11%.

L'agriculture qui contribue avec 9,8% au PIB s'est acheminée de 2.555 milliards de dinars en 2013 à 2.761 mds DA en 2014, en valeur de production, et couvre ainsi un peu plus de 72% des besoins du marché national, le reste étant importé. 
En dépit des épisodes de sécheresse vécus par le pays, le secteur enregistre une constante évolution, et renferme un potentiel non négligeable qui «permet de couvrir les besoins et d'orienter l'excédent vers l'exportation ». Le ministre de l'Agriculture et du Développement rural qui intervenait, récemment, lors de la Conférence nationale sur le commerce extérieur, a mis en avant les progrès réalisés pour améliorer le niveau de productivité et la qualité du produit. 

M. Abdelouahab Nouri a également évoqué le développement des filières stratégiques à valeur ajoutée pour l'économie nationale et à fort potentiel, en matière de contribution à la suffisance alimentaire, notamment en ce qui concerne le lait, la pomme de terre et les céréales. La conjoncture actuelle, marquée par la chute des prix du pétrole, dont dépend étroitement notre économie, vient de rappeler cet impératif de faire de «l'économie agricole, un élément de substitution aux hydrocarbures » et de devoir «donner à l'agriculture l'importance qui lui revient ». Un objectif qui nécessite de soutenir les industries de transformation des produits agricoles, segment qui renferme de très grandes potentialités, notamment à l'export, au moment o๠le marché local est inondé de produits agricoles industrialisés, importés à fortes devises. Le ministre de l'Agriculture et du Développement rural vient, d'ailleurs, de rappeler, à partir de Béchar, que «l'Algérie s'achemine vers la réalisation d'une véritable base d'industrie agroalimentaire », ce qui contribuerait à la sécurité alimentaire du pays, et à la création d'emplois dans les activités qui émergeront dans le sillage des industries de base. 
Une démarche censée impulser une nouvelle dynamique à la croissance économique et, en particulier, au secteur de l'industrie qui entame une nouvelle ère avec la restructuration du secteur public marchand. Aussi, la préférence nationale est un axe majeur de l'action prônée en matière de substitution aux importations.

Par D. Akila - Source de l'article Algériesite

La Turquie future bénéficiaire d’aides européennes pour le transport maritime ?

La Turquie peut, sous certaines conditions, bénéficier des aides européennes concernant le transport maritime. C’est la conclusion d’un séminaire qui s’est tenu le 16 avril dernier à Marseille, sous la direction de la région PACA et du CRPM (Conférence des régions périphériques maritimes). 

Ömür Kuyucuoglu, directeur
 d’Arkas France.
Se déroulant à la Villa Méditerranée -un espace de conférence inauguré en 2013 sur la promenade Robert Laffont- cette rencontre avait pour thème la contribution de l’Union européenne à l’amélioration de l’accessibilité des territoires. En raison des diverses nationalités représentées parmi les participants, les débats faisaient l’objet de traductions simultanées en français et en anglais.

Participant à la session consacrée au « report modal vers le transport maritime et la nécessité de son soutien par l’Union européenne », Ömür Kuyucuoglu, directeur d’Arkas France et vice-président de la Chambre de commerce franco-turque Sud, a témoigné de l’expérience du Groupe Arkas en tant qu’armateur méditerranéen (turc) opérant au-delà de l’Union européenne. Patrick Anvroin, directeur chargé des transports, de l’agriculture et développement rural et du suivi de la commission Balkans-mer Noire de la CRPM, assurait la modération.


Stéphane Salvetat.
Lors du panel portant sur le renforcement de la connexion entre les rives méditerranéennes, la Chambre de commerce franco-turque Sud, qui s’exprimait cette fois par l’intermédiaire de son secrétaire général Stéphane Salvetat, a abordé deux conditions jugées nécessaires concernant l’accroissement des investissements turcs en France : des outils pour attirer les investissements (zone franche, zone dédiée, promotion) et l’utilisation des moyens logistiques des marchés ciblés à l’image des wagons Modalohr pour les navires Ro-Ro.

La session d’ouverture faisait entre autre intervenir Michel Vauzelle, président du conseil régional de Provence-Alpes-Côtes d’Azur, et Désirée Oen, Chef de cabinet adjoint de la commissaire européenne aux Transports.

Ce séminaire intervenait dans le cadre d’une vaste campagne du CRPM en faveur de l’accessibilité et dont le but reste une mise en œuvre du Mécanisme pour l’interconnexion de l’Europe (MIE) qui prenne en compte les spécificités des périphéries.

Fondée en 1973, la CRPM joue le rôle d’interlocuteur auprès de l’Union européenne et des gouvernements nationaux tout en étant indépendante des institutions communautaires. Servant les intérêts des régions maritimes qui la composent, elle œuvre à la mise en place d’une politique régionale européenne forte et à l’établissement d’une politique maritime intégrée. Son dernier chantier concerne la politique européenne des transports. Dans le contexte de renouvellement des institutions européennes, les régions de la CRPM comptent relancer leur demande d’évolution des infrastructures et des services de transport.

Par Alexandre De Grauwe-Joignon - Source de l'article Aujourd'hui la Turquie

Le Forum de la société civile méditerranéenne dans la perspective de la COP 21

La Région Provence-Alpes-Côte d’Azur accueillera les 4 et 5 juin 2015 à la Villa Méditerranée une rencontre avec les acteurs de la Méditerranée

Résultat de recherche d'images pour "Visitez le site de la MEDCOP 21  :  www.medcop21.fr"Elle permettra de souligner l’engagement commun dans l’adaptation et la lutte contre le changement climatique et de mettre en lumière la contribution des Etats, des collectivités locales, des associations, des entreprises, des réseaux constitués oeuvrant en tant que catalyseurs du développement durable.

En se fixant pour objectif de contribuer à la construction d’un véritable Agenda positif Méditerranéen, cette manifestation vise aussi et surtout à saisir par-delà les contraintes, les opportunités qu’offre la lutte contre le changement climatique et à contribuer, par des propositions concrètes et partagées, à une Méditerranée de projets. Elle contribue à consolider les efforts engagés au niveau mondial pour lutter contre le changement climatique, et affirme celle-ci comme un élément majeur de l’intégration Méditerranéenne.

CODATU participe activement à cet événement et à la construction d’un agenda positif en contribuant par des propositions de projet concrètes dans le secteur du transport urbain en partenariat avec le CEREMA, le CMI et l’AFD.

Visitez le site : www.medcop21.fr

Source de l'article MEDCOP 21

Un rôle clé pour le secteur privé dans la prospérité euro-méditerranéenne



La création d'emplois est le défi majeur pour la Méditerranée, et la révision de la politique européenne de voisinage est l'occasion de souligner la nécessité d'une amélioration de l'environnement des affaires dans la région, c’est ce qu’a déclaré le commissaire européen à la politique de voisinage Johannes Hahn lors d'une rencontre de haut niveau sur le rôle du secteur privé dans le renforcement du partenariat euro-méditerranéen.
 
La rencontre, organisée par l’UpM et la Commission européenne, a réuni plus de 100 représentants du secteur privé et des institutions financières internationales. Le débat avait pour but la promotion du dialogue sur la question des enjeux stratégiques clé pour le futur de la région.
 
Dans sen discours, le commissaire Hahn a souligné « qu’une économie méditerranéenne prospère est essentielle à la réalisation de nos objectifs partagés de stabilité et de prospérité, et pour ce faire le secteur privé doit être au centre de tout processus à succès ». Il a affirmé que l’investissement dans le développent économique demeurerait une priorité principale dans les relations futures.  
 
Pour en savoir plus 
Communiqué de presse de l’UpM

Mogherini: les ministres des affaires étrangères euro-méditerranéens devraient se réunir chaque année pour faire face aux défis communs



Les ministres des affaires étrangères de l'UE et de ses partenaires méditerranéens du sud devraient se réunirait chaque année, a déclaré la chef de la politique étrangère de l'UE Federica Mogherini hier après la première réunion du genre en sept ans, qui s’est tenue à Barcelone.
 
« Ma suggestion sera, elle a été aux ministres, est de faire en sorte que cette réunion soit annuelle et assurez que nous nous réunissons et nous échangeons nos points de vues. Cette année, le sujet était la révision de notre politique, de nos outils de coopération. Mais les questions à l'ordre du jour ne se limitent certainement pas à quelques unes, la liste est très longue ... »
 
« Il n'y a pas une seule question, un seul problème ou une seule opportunité sur laquelle nous pouvons agir seuls. Nous avons besoin de la coopération et nous avons besoin de partenariat pour faire face à toutes les menaces auxquelles nous sommes confrontés en ces temps difficiles », a déclaré Mogherini.
 
La Haute Représentante a ajouté que l'UE avait décidé de renforcer la coopération sur la lutte contre le terrorisme et la sécurité avec ses partenaires de la région, et a souligné le défi commun de la migration.
 
Mogherini a également souligné l'importance de la coopération économique, la création d'emplois, les possibilités pour les jeunes de la région, l'éducation, les échanges, le commerce, les investissements, l'énergie. 
 
Pour en savoir plus 

 

L'avenir de l'Europe se joue en Méditerranée

La nouvelle crise migratoire que l'Union européenne connaît depuis quelques semaines à ses confins méridionaux diffère des précédentes par son ampleur (1 500 personnes décédées depuis le 1er janvier, 90 pour la même période de 2014), par son foyer presque unique (la Libye) et par son éventuelle instrumentalisation par des groupes islamistes. 

© Belga - ANGELOS TZORTZINIS

Les mêmes raisons en font un défi inédit pour une Union européenne assoupie par les contraintes économiques et paralysée par l'essor de l'extrême droite.

Ni autoflagellation culpabilisante, ni déni de responsabilité. Bien sûr, les principales causes de cet exode reposent sur des potentats prêts pour le pouvoir à plonger leur pays dans le chaos de la guerre, sur des dictateurs prédateurs des richesses nationales ou insensibles aux aspirations à la liberté de leurs concitoyens, sur des passeurs-trafiquants sans foi ni loi.

L'Europe ne peut s'exonérer de sa part de paternité dans le désastre qui s'écrit en Méditerranée

Mais l'Europe ne peut s'exonérer pour autant de sa part de paternité dans le désastre qui s'écrit en Méditerranée. La Libye en est la plus cynique illustration. C'est bien par impréparation de l'après-guerre que les acteurs de celle-ci, France et Royaume-Uni en tête, ont échoué à stabiliser la région et ont troqué un Mouammar Kadhafi, devenu un garde-chiourme docile, contre des chefs de milices incontrôlables.

Sur les 170 000 migrants que l'Italie a accueillis en 2014, 110 000 auraient transité par la Libye. Parmi eux, des ressortissants du Bangladesh pour lesquels le passage par Tripoli n'est pas le chemin le plus direct pour gagner les quartiers asiatiques de Londres. La Libye est donc bien devenue une "bombe migratoire" pour l'Union européenne. Et l'Italie sa première cible.

L'île de Lampedusa ou la Sicile ne sont pourtant que les étapes d'un périple vers l'Angleterre, l'Allemagne, la Suède, la France, la Belgique... Existe-t-il dossier plus adapté à une réponse communautaire européenne que celui de l'immigration ? Imagine-t-on sérieusement de laisser Rome (ou Athènes, ou Madrid) isolée pour gérer cette problématique mondialisée ? Pourtant, alors que c'est ici qu'elle devrait s'exprimer avec la plus grande vigueur, la solidarité européenne, malgré les précédents, peine encore à se mettre en place.

Les réunions des ministres des Affaires étrangères, de l'Intérieur et des chefs d'Etat et de gouvernement ont, comme à l'habitude, répondu à l'émotion immédiate suscitée par le drame des clandestins. L'ampleur du défi impose pourtant aujourd'hui d'aller plus loin, d'adopter une vraie politique, de l'appliquer et de s'y tenir sur la durée. Qu'après le drame de Lampedusa en octobre 2013, l'opération Triton, censée mutualiser l'effort européen, ait succédé à son homologue italienne Mare Nostrum avec un budget trois fois moindre situe le niveau d'implication antérieur des Vingt-huit. Rien n'indique qu'il ait fondamentalement évolué. Malgré les 800 morts du dimanche 19 avril.

Or l'exil vers l'Europe n'est pas une fatalité. La coopération fructueuse entre l'Espagne et le Sénégal, partenaire autrement plus solide il est vrai que l'actuelle Libye, le démontre. Un véritable combat contre les trafiquants et leurs alliés islamistes, une répartition plus équitable des demandeurs d'asile, une politique de visa intelligente... sont autant de pistes pour forger une politique commune durable.
Pour une Europe qui n'inspire plus guère que le désenchantement, l'ambition de construire une société respectueuse des droits de l'homme, soucieuse d'un vivre ensemble harmonieux et entretenant des relations apaisées avec ses voisins ne pourrait-elle pas être source de motivation pour une jeunesse obsédée par l'individualisme ? Mais quel dirigeant européen osera donner du souffle à cette perspective ?

Par Gérald Papy - Source de l'article Le Vif

Le président tunisien appelle à la mise en place d’un programme euro-méditerranéen d’échanges et de partenariats

Dans son allocution prononcée à l'université de la Sorbonne, à l'occasion de la cérémonie solennelle lors de laquelle il a reçu le doctorat Honoris Causa, le Président de la République Béji Caid Essebsi a appelé à créer « une chaire localisée à la fois à Paris et à Tunis et portant sur le développement inclusif et durable dans l'espace euro-méditerranéen ».

Cette proposition s'inscrit dans le cadre du programme euro-méditerranéen d'échanges et de partenariat comparable à celui que lançait l'Europe en 1987, le programme Erasmus ».

Ce programme, dont le but est d'œuvrer pour le transport des étudiants, stagiaires et formateurs, pourrait être promu par les deux pays auprès de l'Union Européenne, de l'Unesco et de l'ensemble des pays concernés.

Sebsi a déclaré que les jeunes des deux pays ont besoin de se connaitre d'avantage pour pourvoir ensemble repousser les limites de la connaissance et détruire le mur de l'obscurantisme, ajoutant que le fait de faciliter le transport des cadres permet de construire les bases de l'espace économique commun.

Le chef d'état a finalement exprimé sa connaissance des difficultés liées au transport, mettant en exergue que les solutions à ce souci existent et évoquant l'exemple de l'université Paris Dauphine, disponible sur le complexe universitaire de Tunis.

Extrait du discours prononcé par Béji Caid Essebsi :

" Alors, de cette tribune que vous m'offrez, de ce grand amphithéâtre de la Sorbonne, j'appelle à la mise en place d'un programme euro-méditerranéen d'échanges et de partenariats à la hauteur des enjeux qui sont les nôtres, un programme de l'ampleur et avec une ambition et des moyens comparables à celui que lançait l'Europe en 1987, le Programme Erasmus.

Un programme dont l'objectif serait de construire et de renforcer un espace de l'éducation, de l'enseignement supérieur, de la formation et de l'insertion professionnelle. Un programme dont l'objectif serait de promouvoir la mobilité des étudiants et des enseignants, des apprentis et des formateurs.

Car c'est ensemble que nous pourrons construire une vision commune de nos destins et de nos besoins. Pour co-investir, il faut au préalable co-former. C'est en favorisant la mobilité des cadres que nous pourrons construire les normes communes, bases de notre espace économique.

De nombreuses initiatives existent déjà, exemplaires parfois, tel le programme nouvelle chance, mais insuffisantes et souvent dépassées par les mutations profondes que connaît la région. Et ne nous trompons pas, n'attendons pas que ces mutations soient achevées pour construire un cadre de coopération adéquat, mais travaillons ensemble à ce que ces mutations se fassent dans l'intérêt commun. Je ne suis pas sans ignorer les difficultés liées à la mobilité, mais des solutions existent lorsque volonté et vision se conjuguent.

L'Université Paris-Dauphine dispose d'un campus à Tunis, d'autres peuvent suivre. Des mutualisations sont possibles. Les mobilités peuvent s'effectuer dans des directions multiples.

Les seules limites sont celles de notre imagination. Ce programme dans lequel Léon l'africain ferait écho à Erasme de Rotterdam, pourrait être promu conjointement par nos deux pays auprès de l'Union Européenne, de l'Union du Maghreb arabe, de l'Unesco et de l'ensemble des pays concernés. Et pour commencer, pourquoi ne pas envisager la création d'une Chaire localisée à la fois à Paris et à Tunis et portant sur le développement inclusif et durable dans l'espace euro-méditerranéen. Nombre de défis auxquels nous avons à faire face, transitions démographiques, transitions numériques, changement climatique, ne peuvent être traités que dans le cadre d'une vision globale.

A l'heure où la France s'apprête à accueillir la Conférence Paris Climat 2015, ce serait une première pierre dans la construction de cette vision commune. Mesdames, Messieurs Notre mission fondamentale est de permette à la Tunisie de rejoindre le rang des nations développées et de préparer nos jeunes aux exigences et défis de notre époque en leur donnant les moyens et les outils nécessaires pour réussir dans le monde d'aujourd'hui.

Dans cette entreprise, nous puisons notre détermination dans l'enthousiasme de cette jeunesse tunisienne et ses aspirations à un avenir radieux, et tirons notre inspiration des valeurs nobles et humanistes qui sont prônées depuis des siècles dans l'enceinte de cette illustre université."

Source de l'article Euro-Med

La "Verticale", pour repenser radicalement les relations Europe-Méditerranée-Afrique

À l'heure où les grandes entreprises anticipent le fait que c'est dans ce grand espace intégré "Europe-Méditerranée-Afrique" que vont se densifier, dans les années à venir, les échanges de biens, les flux de capitaux et les flux d'information, et que va s’accroître la mobilité des hommes, quelle politique "de voisinage" rénovée l'Europe doit-elle être capable de proposer à son Sud ? 

Jean-Louis Guigou, Délégué général fondateur de l'Institut de prospective économique du monde méditerranéen (Ipemed, Paris)
Jean-Louis Guigou, Délégué général fondateur de l'Institut de prospective économique
du monde méditerranéen (Ipemed, Paris)
L'actualité au quotidien n'est pas enthousiasmante. Une Europe qui peine à retrouver les chemins de la croissance. Une Méditerranée perturbée par des guerres de religions, des dictateurs qui s'accrochent au pouvoir face à des peuples qui se révoltent, et une Afrique certes en plein boom économique, mais en proie à des risques sécuritaires, sanitaires politiques et religieux hors du commun. Pourtant, à bien y réfléchir, au-delà du visible apparent, il existe des phénomènes à bas bruits, des tendances lourdes, fortes d'espérance qui structurent le monde de demain. L'Institut de prospective économique du monde méditerranéen (IPEMED, Paris) fait de la prospective et explore, recherche et valorise des tendances positives porteuses d'avenir. Nous sommes ainsi en mesure d'affirmer qu'une tendance profonde se dessine : la régionalisation de la mondialisation.

Dans cette perspective, que propose l'Europe à son Sud ? Trois initiatives récentes méritent d'être valorisées.

D'une part le 19 novembre 2014, tous les ministres européens de l'Énergie et les grands experts se sont réunis à Rome. Il en est ressorti un intérêt soutenu pour s'associer avec les pays du Sud et de l'Est de la Méditerranée, et notamment le Maghreb, pour mettre en place trois hubs énergétiques (électricité, gaz et énergie renouvelable). Cette stratégie découle directement du fait que les relations énergétiques avec la Russie sont dégradées et instables.

L'autre initiative concerne l'ouverture d'un débat par Jean-Claude Junker et Federica Mogherini pour réviser de façon approfondie la politique européenne de voisinage (PEV), tant avec les pays de l'Est et la Russie, qu'avec les pays du Sud de la Méditerranée et l'Afrique. À petits pas, l'Europe montre qu'elle redécouvre la nécessité de s'intéresser à son Sud au-delà des strictes approches à court terme liées aux opérations militaires et sécuritaires.

Au niveau des entreprises qui ont une dimension mondiale et qui sont localisées en Europe, lorsqu'on leur demande quels sont leurs découpages à l'échelle mondiale, la plupart répondent qu'elles ont pour découpage Europe - Méditerranée - Afrique (EMA) ou alors Euro - Middle East - Africa (EMEA), ce qui veut bien dire que les grandes entreprises anticipent le fait que c'est dans ce grand espace intégré « Europe - Méditerranée - Afrique » que vont se densifier, dans les années à venir, les échanges de biens, les flux de capitaux et les flux d'information, et que va s'accroitre la mobilité des hommes.

Changer de paradigme, de programme, de méthode et de comportement

Dans ce contexte de redécouverte progressive des pays du Nord pour leur Sud, IPEMED a des propositions à formuler. Parce que nous sommes un Institut de Prospective et que, selon la phrase d'Antoine de Saint-Exupéry : « L'avenir ne se prévoit pas, il se prépare. », nous formulons les propositions suivantes :
Ipemed propose trois types de changement qui pourraient être résumés ainsi :

1 - Changer de paradigme

Depuis 1995 et les Accords de Barcelone, l'Europe a imposé une réflexion sur l'espace euroméditerranéen qui, progressivement, est devenu l'Espace de Voisinage. C'était du temps où l'Europe était puissante, en croissance, ouverte, et où elle pouvait imposer aux Pays du Sud et de l'Est de la Méditerranée sa vision, ses financements, ses programmes. Tout au long de cette période, les pays méditerranéens sont restés voisins, en périphérie, des marginaux dans un rapport dominant/dominé.

Depuis les révolutions arabes et la crise en Europe, les choses en bien changé. L'Europe n'est plus attractive, elle se ferme, sa croissance est faible, la crise financière se prolonge. Elle n'est plus le seul modèle de référence. Les pays du Sud relèvent la tête, les nouvelles élites qui arrivent aux commandes ne sont pas toutes fascinées uniquement par la France et l'Europe mais regardent vers le Moyen-Orient et l'Afrique. Ainsi, de marginale, la Méditerranée redevient centrale, c'est la vision de Fernand Braudel de cette Méditerranée, carrefour entre les trois continents : l'Europe, l'Asie et l'Afrique, qui ne sont séparés que par le canal de suez, le détroit de Gibraltar et le détroit de Bosphore.

À l'évidence, il faut changer de paradigme. Les nouvelles élites du Sud de la Méditerranée ne sont plus du tout « soumises » et « dépendantes » comme le furent, trop souvent, les élites du siècle passé.

2 - Changer de programme

Au cours d'une longue discussion à Beyrouth avec l'un des spécialistes de cette question, M. Charles Abdallah, nous avons pu synthétiser nos connaissances et proposer 7 programmes nouveaux, originaux.
  • Redynamiser le réseau et le système éducatif
Dans tous les Pays du Sud et de l'Est de la Méditerranée, il y avait des réseaux éducatifs laissés par les anciennes puissances coloniales (la France, l'Angleterre, l'Italie, l'Espagne et l'Allemagne) : des écoles, des universités mais aussi des centres culturels. Ces réseaux sont désormais en friche parce que les pays européens n'ont plus les capacités financières d'entretenir ces réseaux à l'étranger et les gouvernements locaux n'ont aucun intérêt à disqualifier leur propre enseignement au détriment des réseaux européens d'éducation. Voilà pourquoi la priorité consiste à demander à l'Union Européenne de reprendre ces réseaux éducatifs européens pour assurer la relève d'un enseignement international et la diffusion des valeurs qui nous unissent.
  • Equipement et développement local en milieu rural
Dans de nombreux Pays du Sud et de l'Est de la Méditerranée, l'aménagement du territoire a été négligé. Les littoraux sont surpeuplés alors que les arrières pays sont marginalisés et laissés en jachère pour finalement être récupérés par des mouvements intégristes. Il s'agirait, par vallée, par ensemble de communautés de commune, de faire du développement local avec une revalorisation des terres agricoles, un développement de l'accès à l'eau potable, le traitement des eaux usées, le développement d'un tourisme de type « écologique » chez l'habitant, la valorisation de l'artisanat, la création d'écoles, de grands travaux (routes). Ces programmes exigeront la présence physique d'équipes pluri-disciplinaires, a minima d'une douzaine de personnes, ingénieurs, administrateurs, agronomes, afin d'encadrer, d'aider les administrations à créer les conditions nécessaires au développement local. La présence physique d'ingénieurs européens aura une grande visibilité et permettra de faire aimer l'Europe pour des réalisations pratiques et concrètes.
  • Identité culturelle et restauration patrimoniale
Il s'agit de redonner vie au passé, de préserver et de reconstruire ce qui constituait la fierté des populations indigènes : les vieux palais, les mosquées, les systèmes d'irrigation, etc. Il s'agit à travers cette identité culturelle de valoriser l'enracinement méditerranéen et d'assurer la promotion des arts culinaires, artisanaux, musicaux, etc.
Jumelages administratifs

Au même titre que l'Europe a su mettre en place des jumelages administratifs de grande ampleur et dans la durée avec les Pays d'Europe Centrale et Orientale, il est absolument nécessaire pour les pays qui le souhaitent de leur proposer un encadrement rigoureux dans les ministères, les administrations, les hôpitaux, écoles, universités, prisons, etc. Partout où apparaissent des déficits criants, les pays de l'Est ont beaucoup apprécié ces jumelages qui duraient 4 à 5 ans avec formation sur place des nouveaux cadres dirigeants, mise en place des systèmes informatiques, modification des procédures, etc.
  • Ré-industrialisation des pays de la rive Sud et Est de la Méditerranée
Nombreux sont les pays arabes qui ont eu des industries florissantes (Liban, Algérie, Maroc, etc.) Ces industries manufacturières sont tombées en désuétude par suite des accords de libre-échange, des mauvaises stratégies et la préférence pour la rente, les importations et le commerce. Or l'industrie manufacturière est absolument indispensable pour créer des emplois, impulser le développement et créer des classes moyennes. Le moment est opportun pour les pays du Sud de se réindustrialiser avec les stratégies de coproduction entre l'Europe et le Sud et avec des relocalisations venant de Chine.
  • Préserver le patrimoine naturel et travailler ensemble sur les sujets d'intérêt commun
Le patrimoine naturel est très fragile en Méditerranée et avec le réchauffement climatique, les accidents et les cataclysmes vont se multiplier. Il faut donc dès maintenant s'attaquer avec détermination au stress hydrique, à la transition énergétique, à la gestion de l'eau. Travailler aux problèmes d'intérêt commun comme les migrations et la sécurité.
  • Promouvoir la coopération décentralisée
La Commission Européenne devrait apporter son appui financier à toutes les collectivités européennes et aux Pays du Sud et de l'Est de la Méditerranée qui veulent engager un programme de coopération dans tous les domaines de travail de la Commission. Il s'agit de laisser le libre choix entre la demande du Sud et l'offre de compétence des collectivités du Nord. La Commission Européenne devrait avoir l'humilité d'accepter qu'elle s'engage à soutenir financièrement ces projets.
  • Créer un outil financier, une Banque Europe-Afrique pour l'Investissement et le Développement

Créer une Fondation qui soit le creuset de la réflexion et de la promotion de l'intégration Nord/Sud, comme la CEPAL (Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes) qui a été reconnue responsable en grande partie des grandes transformations structurelles et de développement en Amérique du Sud.

3 - Changer de méthode et de comportement

En ce qui concerne la méthode, deux transformations sont nécessaires :
Passer des méthodes top-down à des méthodes bottom-up.
Partir des besoins des populations du Sud et non pas des idées et volontés des pays du Nord.
Abandonner définitivement le libre-échange comme clé et ambition suprême et promouvoir la coproduction.

En un mot, passer de l'intégration superficielle et d'une mauvaise division du travail à une intégration en profondeur par la redistribution de l'appareil de production.

Le comportement des pays européens de la Commission doit changer radicalement. Il convient de passer d'un esprit de conquête à un esprit de partage, d'avoir l'intelligence de faire appel aux compétences locales - et non pas à l'expatriation de fonctionnaires européens, parfois incompétents.

Par Jean-Louis Guigou, délégué général fondateur de l'Institut de prospective économique du monde méditerranéen (Ipemed, Paris) - Source de l'article La Tribune