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samedi 26 avril 2014

UE-Tunisie : accord politique en vue d’un Partenariat privilégié



Le dixième Conseil d'association UE-Tunisie s’est tenu hier à Luxembourg. Il a donné l'opportunité de sceller un accord politique sur le Partenariat privilégié entre la Tunisie et l’UE, concrétisé par le nouveau Plan d'action. 
Le Conseil d'association a aussi permis aux deux parties de faire le bilan des réalisations accomplies et de passer en revue les prochaines étapes de la coopération UE-Tunisie, de même que des questions régionales d’intérêt commun.
 
Le Conseil d'association était présidé par le vice-ministre grec des affaires étrangères, Dimitris Kourkoulas au nom de Catherine Ashton, haute représentante de l’UE pour la politique extérieure. La Commission européenne était représentée par Štefan Füle, commissaire à l'élargissement et à la politique de voisinage. Le Service européen pour l’action extérieure était représenté par Bernard Savage, chef de division Maghreb. La délégation tunisienne était menée par le secrétaire d'État aux affaires étrangères, M. Fayçal Gouia.
 
Durant le Conseil, la délégation tunisienne a rappelé les derniers développements politiques et institutionnels positifs directement liés à l’adoption de la nouvelle Constitution. La Tunisie a insisté sur l'importance de renforcer les relations bilatérales, notamment via la mise en œuvre du Partenariat privilégié avec l’UE. La Tunisie a également mis en avant ses attentes vis-à-vis de l'UE en termes de soutien politique et économique, ainsi que ses priorités en matière de commerce et de mobilité.
 
L’UE a confirmé son plein appui à la transition tunisienne en soulignant l’importance de mettre en œuvre la nouvelle Constitution et de consolider la protection des droits de l'homme, des libertés fondamentales et de l’État de droit. L’UE a affirmé reconnaître les importants défis socio- économiques et sécuritaires auxquels la Tunisie fait face et l’a assurée de son soutien croissant. L’UE a souligné qu’elle restait convaincue que les perspectives économiques et sociales de la Tunisie dépendaient largement de l'évolution de la transition politique, de la consolidation de ses institutions et de son secteur bancaire, de la modernisation de la gestion des finances publiques, mais aussi de l'adoption de réformes structurelles, qui nécessite la poursuite du dialogue entre les partenaires sociaux. À cet égard, l’UE a souligné le rôle essentiel de la société civile.
 
L’UE a réitéré son offre d'une intégration progressive de la Tunisie dans le marché intérieur européen, d'une relance des négociations de libéralisation du commerce agricole et aérien et d’un soutien accru aux petites et moyennes entreprises à travers la participation de la Tunisie aux programmes de l’UE et à travers des initiatives en faveur de l’entreprenariat.
 
Ce Conseil d’association a aussi été l’occasion de rappeler que l’offre européenne concerne aussi l’amélioration des conditions de mobilité pour les citoyens européens et tunisiens à travers la mise en œuvre du partenariat pour la mobilité dont la déclaration politique a été signée le 3 mars dernier. Reconnaissant les inquiétudes exprimées par la société civile tunisienne, l'UE a rappelé son engagement à répondre d'une manière responsable, globale et équilibrée à tous les aspects du phénomène migratoire, sans obsession sécuritaire, tout en fournissant un cadre coordonné de coopération avec les dix États membres qui s’engagent aux côtés de la Tunisie pour faire de ce partenariat un succès.
 
L’UE a présenté aux autorités tunisiennes le nouvel instrument financier d’aide aux pays du voisinage, l’instrument européen de voisinage (IEV), dont bénéficiera la Tunisie dans le cadre du nouveau cadre financier pluriannuel 2014-2020. L’UE a rappelé que l’assistance à la Tunisie avait quasiment doublé depuis 2011 dans le cadre du précédent instrument de voisinage pour atteindre 485 millions d’euros, dont 60 % sous forme d'appui budgétaire. Par ailleurs la Tunisie est le premier bénéficiaire du programme SPRING consacré à l’appui aux pays en transition. L’UE a enfin rappelé que pour aider la Tunisie à faire face à ses défis macro-économiques, le Parlement européen était sur le point de voter une aide macro-financière substantielle de 300 millions d’euros sous forme de prêts aux conditions très avantageuses.
 
Enfin, ce Conseil d’association a permis de lancer la procédure d’adoption de deux protocoles additionnels à l’Accord d’Association entre l’UE et la Tunisie en ce qui concerne, d’une part, l’adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie, et d’autre part, un accord cadre ouvrant l’accès de la Tunisie aux programmes et agences de l’UE. 
 
Pour en savoir plus
Rapport sur la PEV – Mémo sur la Tunisie 
Discours du commissaire Füle  en Tunisie (mars 2014)
Action extérieure de l’UE – Tunisie
EU Neighbourhood Info Centre – Tunisie
Délégation de l’UE en Tunisie – Site internet
Coopération UE-Tunisie

Villes Intelligentes en Afrique du Nord: Le Maroc ouvre la voie

Si le caractère récent de l'urbanisation se prête au débat, le phénomène est en train de prendre une envergure indéniable et sans précédent. Les villes n'occupent que 2% infimes de la surface planétaire, et pourtant elles abritent déjà 50% de sa population, un pourcentage qui risque de s'élever à 70% d'ici 2050
Cette croissance est encore plus prononcée en Afrique du Nord et en Asie occidentale - qui comprend le Moyen Orient, la Turquie et le Caucase -, où le Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies estime que les citadins représenteront 66% de la population d'ici seulement dix ans.
Tous ces facteurs ont des incidences pour le moins stupéfiants. Les villes consomment 75% de la production d'énergie et sont responsables de 80% des émissions de carbone à l'échelle mondiale1. Au-delà de l'impact environnemental, la concentration massive des citoyens dans des poches urbaines rend encore plus difficile l'accès aux soins de santé, à l'éducation, aux services d'assainissement, aux transports, à l'eau et à l'électricité. Rien qu'à Paris, on estime que les automobilistes gaspillent quatre ans de leur vie à la recherche d'un parking. La situation est encore plus tendue dans les pays en développement, où 3 milliards de personnes vivent sans avoir accès aux services de base. Cela ne fait aucun doute sur la nécessité urgente d'un modèle de développement urbain nouveau et durable.
C'est là que la ville intelligente entre en jeu. En investissant dans des capitaux créatifs et sociaux et en incorporant les données numériques et les technologies, la ville intelligente soutient la compétitivité économique, gère efficacement ses ressources et ses infrastructures physiques et intègre les citoyens dans les problématiques de gouvernance. Elle promeut alors un développement urbain, durable et économique tout en garantissant une meilleure qualité de vie pour ses citoyens.
Ainsi, en réponse aux soucis de parkings de leurs citoyens, les villes de San Francisco et de Chicago ont introduit des systèmes de navigation qui permettent d'identifier les places vacantes, réduisant à la fois les embouteillages et les émissions de carbone. Durant la dernière décennie, les initiatives "intelligentes" ont aidé à réduire les taux de criminalité de 20%, à améliorer la consommation d'eau de 80% et à diminuer de moitié la consommation d'énergie. Il n'est donc pas étonnant que de nombreuses conférences sur ce thème se tiennent chaque année de Shanghai en 2010, à Québec en 2013, en passant par Barcelone en 2011.
Néanmoins, le modèle de ville intelligente n'existe pas "en taille unique". Les pays en développement ne font pas face aux mêmes défis que les pays développés. Comme l'explique la Banque Mondiale:
"Plusieurs des besoins des pays en développements concernent l'apport et le maintien d'infrastructures modernes (routes, centrales électriques, usines de traitement de l'eau, égouts, transports collectifs).
Comme cet environnement bâti dure longtemps, mettre en place l'infrastructure adéquate façonne la ville pour les décennies à venir. Planifier une ville avec les bonnes infrastructures, et non pas dupliquer vaguement des pratiques anciennes qui ont souvent été peu rigoureuses, revient à plus s'appuyer sur du factuel et des analyses qui montrent la durabilité avec laquelle les villes peuvent et devraient croître".
En cela, la situation peut sembler inextricable: une croissance durable basée sur des données et des faits avérés est nécessaire à la réduction des inégalités économiques, l'amélioration des taux d'alphabétisation et la création de services et d'infrastructures intégrées et inclusives. Mais ces inégalités économiques, ces faibles taux d'alphabétisation et ce manque d'infrastructures inclusives et connectées sont eux-mêmes des obstacles à cette croissance durable.
De ce point de vue, le Maroc a pu contourner l'obstacle. Durant les cinquante dernières années, le pays a introduit de nombreuses réformes politiques et sociales qui ont servi de base à la croissance économique. Le roi Mohamed VI a poursuivi de manière active une politique de décentralisation, renforçant les pouvoirs des provinces et des municipalités, pour mieux répondre aux besoins économiques, sociaux, culturels et environnementaux de leurs communautés et en encourageant les citoyens à participer activement à la gouvernance locale. Le gouvernement a aussi libéralisé les médias et a fait de l'accès universel aux technologies numériques un objectif, mettant en œuvre, en partenariat avec les institutions bancaires, l'ambitieux projet Maroc Numérique 2013.
Ces mutations politiques et institutionnelles ont déjà commencé à porter leurs fruits sur l'économie marocaine, qui est à son tour de plus en plus attractive pour les investisseurs étrangers et stimule ainsi sa croissance.
Le Maroc travaille actuellement sur plusieurs réformes majeures en matière d'urbanisme, d'énergies propres, de sécurité de l'eau, de développement agricole et de moyens de transports. Le moment est donc venu pour les responsables politiques de préparer des villes intelligentes qui aideront le pays à se moderniser et serviront d'exemple à l'ensemble de l'Afrique du Nord.
C'est donc à point nommé qu'aura lieu en juin 2014 le Premier Sommet International des Villes Intelligentes en Afrique du Nord. Donnant suite à la conférence de 2013 sur les villes intelligentes tenue à l'Institut des Technologies de l'Information et Sociétés (IITS) de Québec, cet événement de deux jours a pour objectif de trouver des solutions innovantes et réalisables à la vie en milieu urbain, en prenant en compte le contexte géopolitique propre à l'Afrique du Nord. Afin d'y parvenir, le Sommet s'est efforcé de mettre en lien des esprits illustres de la communauté internationale, notamment d'Amérique du Nord, avec des responsables politiques influents d'Afrique du Nord, en vue de travailler ensemble sur des problématiques clés telles que les technologies de l'information et des communications (TIC), l'innovation et la durabilité.
"Nous souhaitons apporter l'inspiration, l'expérience et l'encadrement nécessaires qui permettront au Maroc et à l'Afrique du Nord de développer leur propre modèle de Smart Cities".
"Nous estimons qu'il est important de considérer le contexte géopolitique de chaque région et d'engager le citoyen d'abord, de le mettre au centre des décisions, avant d'intégrer une initiative « intelligente » qui, pertinente dans un tout autre contexte, ne trouverait pas nécessairement d'analogue dans un schéma marocain stricto-sensu".
Kenza Kbabra, directrice du sommet

Pour cette première édition, le Sommet traitera des thèmes d'innovation et croissance économique, d'urbanisme et mobilité, de gestion des ressources et infrastructure, d'éducation, d'insertion numérique et de gouvernance. Les observations liminaires seront formulées par Moulay Hafid El Alamy, ministre marocain de l'Industrie, du Commerce, de l'Investissement et de l'Économie numérique. Des orateurs du monde entier partageront aussi leurs expériences et leurs connaissances approfondies. Parmi eux figurent le renommé Louis A. Zacharilla, membre fondateur de l'Intelligent Community Forum (ICF) à New York, Carlo Ratti, directeur du MIT SENSEable City Lab, Nicole Lacasse, vice-présidente adjointe aux études et aux activités internationales, Université Laval, et Messaddeq Younès, titulaire de la chaire d'excellence en recherche du Canada sur l'innovation en photonique.
Une initiative conçue par le Smart Initiatives Group basé à Montréal, le Sommet se tiendra à la prestigieuse Université Al-Akhawayn d'Ifrane les 9 et 10 juin. L'événement a été rendu possible grâce au soutien de plusieurs partenaires canadiens, américains et marocains, notamment l'Institut des Technologies de l'Information et Sociétés (ITIS). La directrice de l'ITIS, Marie-Andrée Doran, est Présidente de la Commission Consultative du Sommet.

Par Abdelhamid Kbabra - Source de l'article Huffpostmagreb

Talal Makdessi, président de la Copeam, à la rescousse de Télé Liban

C'est à Tunis que s'est tenue la 21e rencontre annuelle de la Conférence permanente de l'audiovisuel méditerranéen (Copeam), le week-end dernier. Et c'est une information de taille qui nous arrive à Beyrouth à l'issue de cette rencontre qui a réuni 27 délégations venant de 27 pays et plus de 260 délégués

En effet, ce n'est autre que le président de la délégation libanaise, l'homme d'affaires et PDG de la chaîne télévisée nationale Télé Liban, Talal Makdessi, qui a été élu président de la Copeam pour deux ans, lors de cette rencontre, succédant ainsi à Matthieu Gallet, PDG de Radio France. Un poste prestigieux pour M. Makdessi, cette organisation des télévisions du bassin méditerranéen réunissant tous les pays de la région en Europe et au Moyen-Orient, chaque pays y étant représenté par le PDG de sa station radio ou chaîne de télévision nationale. La Copeam étant tenue de main de maître par l'Italie, mais aussi par la France et l'Espagne, cette élection reste très significative. 
Avec huit ans de présidence française, les pays arabes ne se sont pas manifestés jusque-là de façon notable au sein du groupe.
« Je ne m'y attendais pas du tout, explique Talal Makdessi à L'Orient-Le Jour. J'ai été en fait plébiscité par les deux délégations française et italienne, car il régnait un certain consensus comme quoi il fallait élire un président venant du Moyen-Orient et de la partie sud de la Méditerranée, après huit ans de mandat français. Par ailleurs, il y avait besoin d'un sang nouveau et tout le monde s'est mis d'accord sur mon nom, surtout après mon allocution que j'ai prononcée en trois langues. »
Au terme de la rencontre, l'homme d'affaires libanais avait affirmé que le remodelage de la coopération entre les pays de la Copeam au niveau de l'audiovisuel, qui constituait le thème de la réunion, signifiait en d'autres termes soutenir la démocratie dans ces pays, assurant travailler pour une feuille de route commune. « L'audiovisuel témoigne de challenges continus, a-t-il confié à L'OLJ. Je tenterai, durant les deux prochaines années, de trouver des programmes d'intérêt commun aux pays de la Copeam, d'élaborer des projets d'éducation, de formation, d'échange culturel et économique. Chaque pays a ses aspirations propres et nous essaierons de savoir ce que chacun attend de nous, mais nous fournirons des efforts pour trouver un dénominateur commun. »

Télé Liban sauvée
Si le Liban était absent pendant de longues années de la Copeam, à cause de la situation pitoyable dans laquelle se trouvait Télé Liban, les choses aujourd'hui ont changé, en partie grâce aux efforts de M. Makdessi, qui dirige la chaîne publique depuis déjà neuf mois.
« Je peux affirmer aujourd'hui que Télé Liban a été sauvée, a-t-il assuré. La chaîne, exploitée par les politiciens, était dans une situation lamentable, laissée sans développement et sans matériel neuf depuis 2001. En neuf mois, nous avons retravaillé le budget, renouvelé l'administration, changé les studios, mis de nouvelles régies en place et lancé une nouvelle grille de programmes peu coûteuse mais intelligente, et cela pour recréer le besoin d'une chaîne comme Télé Liban, qui reste la télé de tout Libanais. » 
Et d'ajouter : « Nous avons également formé quelques-unes de nos reporters à devenir des présentatrices télé, à défaut d'avoir l'autorisation de recruter de nouveaux employés. Depuis le 22 novembre, Télé Liban, qui était la dernière chaîne au monde à diffuser en analogique, a commencé à diffuser en numérique. Les archives ont été déplacées de l'endroit piteux et humide où elles étaient placées. Elles sont sauvées mais pas encore numérisées. Et en ce qui concerne les feuilletons libanais, leur production nécessite de grands investissements, mais nous étudions la possibilité de collaborer avec certains producteurs à cet effet. »
Pour Talal Makdessi, sa nomination à la tête de Télé Liban avait pour but de sauver la chaîne. « Il y a eu des investissements, explique-t-il, mais nous avons surtout réussi à faire des économies, à arrêter le gaspillage et à augmenter les revenus. Le conseil d'administration, par exemple, ne reçoit pas de rémunération, mais nous n'en sommes que très satisfaits. Le changement est radical. »
Il convient de signaler que le talk-show politique de la journaliste Shada Omar, qui a récemment rejoint la famille de Télé Liban, devrait être lancé durant la semaine prochaine.

Par Bechara Maroun - Source de l'article l'Orient le Jour

Le fonctionnement de l'UpM expliqué à Rabat par Fathallah Sijilmassi

Dans le cadre du cycle des conférences, débats et séminaires qu’il organise, l’Institut royal des études stratégiques (IRES) a invité, mardi, Fathallah Sijilmassi, pour animer un débat sur «l’avenir de la Méditerranée, à l’aune des nouvelles réalités géopolitiques internationales».

La rencontre, compte tenu de l'importance du sujet débattu, mais aussi de la stature du conférencier, le secrétaire général de l’Union pour la Méditerranée (UpM), a attiré beaucoup de monde : des ambassadeurs marocains et étrangers, des experts, des responsables du ministère des Affaires étrangères, des représentants de l’Union du Maghreb arabe (UMA)...

Tout en rappelant le processus qui a conduit à la création de l’UpM, Fathallah Sijilmassi a insisté sur le fait que «ce cadre de travail» s’appelait «le processus de Barcelone : l’Union pour la Méditerranée». Cadre qu’il a présenté comme nécessaire pour participer au développement des pays appartenant à cette région. D’autant que les pays du sud de la Méditerranée affichent l’un des taux les plus faibles en matière d’échanges intrarégionaux (autour de 5%). Mais ce taux est encore plus faible au sein des pays de l’UMA, avec 3% pour le commerce intramaghrébin. Les pays du sud de la Méditerranée peinent également à attirer les capitaux internationaux, avec à peine près de 3% des flux des investissements directs étrangers, à l’échelle mondiale, selon les données de la Cnuced en 2013.

Pour dépasser cette situation, M. Sijilmassi a indiqué que l’UpM travaillait en fonction de trois principes depuis sa création en 2008. Le premier est celui de la géométrie variable, concept inspiré des mécanismes d’action de l’Union européenne (UE), puisque tous les pays du 28 ne sont pas membres de Schengen, qui consistent à mettre en avant un certain nombre de dérogations par rapport à la politique européenne. Ce principe devrait permettre à un groupement de pays membres de l’UpM d’évoluer plus rapidement s’ils le souhaitent. «Cependant, cela ne doit pas se faire aux dépens des intérêts des autres pays membres, prévient le secrétaire général de l'UpM. Car le principe de l’Union est d’agir sans porter atteinte au consensus.»Le deuxième principe mis en avant est celui de la coopération régionale. Alors que le troisième principe peut être résumé en deux mots : le «pilier des projets». Ce principe permet de donner un contenu concret à la coopération au sein de la Méditerranée. Pour illustrer cela, M. Sijilmassi a donné des exemples comme les actions menées pour l’encouragement du rôle des femmes, le développement urbain durable, des thèmes autour desquels des projets concrets sont réalisés sur le terrain.

En conclusion, M. Sijilmassi a souligné, d'une part, «la nécessité de plus de synergie entre les institutions qui travaillent pour la Méditerranée, comme l’UE, la Banque mondiale, l'Agence française pour le développement, la Banque africaine de développement, la Banque publique allemande d'investissement KfW)». Et d'autre part, il a affirmé que l’Union pour la Méditerranée n’était pas une frontière ou une fin en soi. «Il faut voir la Méditerranée et son développement non seulement par rapport à ses défis, mais aussi avec une vision plus globale notamment avec une dimension africaine», a-t-il rappelé.

L'intégration en Méditerranée au cœur des préoccupations de l'IRES

Les questions liées au développement de la région euro-méditerranéenne figurent au cœur des préoccupations de l’IRES, dans le cadre de sa mission permanente de veille stratégique. 
Ainsi que l’a souligné son directeur, Mohammed Tawfik Mouline, en prononçant le mot d’introduction de la conférence sur l'UpM, «l’accélération du décentrement du monde au profit des nouvelles puissances émergentes, sous l’effet de la crise financière et économique mondiale, toujours à l’œuvre, laisse entrevoir l’émergence de nouvelles réalités géostratégiques où il n’y aura pas d’avenir sans intégration effective pour les pays de la Méditerranée», a-t-il dit. Outre les considérations économiques évidentes, l’impératif de développer l’intégration en Méditerranée est dicté par l’acuité des problématiques structurelles qui conditionnent l’avenir de la région, a-t-il ajouté.

Par Brahim Mokhliss - Source de l'article Le Matin

Au MuCEM de Marseille, le carnaval avance masqué

Le carnaval n'est pas mort. Si certains prévoyaient sa fin dans les années 60, il revient aujourd'hui au premier plan. L'exposition "Le Monde à l'envers", au Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée de Marseille nous plonge dans l'atmosphère des carnavals et des mascarades. 

Les costumes flamboyants brésiliens y côtoient des masques marocains de l'Achoura, des personnages diaboliques et des géants des carnavals de Belgique. Refondation de l'ordre social, célébration du printemps, de la vie et de la mort... Dans les sociétés européennes et méditérranéennes, ces pratiques carnavalesques se ressemblent.
Les sorcières accompagnent souvent la Faucheuse dans les défilés carnavalesques © Matthieu Stricot
Les sorcières accompagnent souvent la Faucheuse
dans les défilés carnavalesques © Matthieu Stricot
Les danseuses de samba de Rio et le bal masqué de Venise stimulent l'imagination. Mais d'où viennent ces rites masqués qui ont traversé les âges ? « Beaucoup de théories circulent. Il y a de très grandes parentés entre les mascarades et les carnavals de pays de cultures et de religions différentes. Carnavals des pays chrétiens, Pourim juive, mascarades de l'Achoura et de l'Aïd-el-Kebir chez les Berbères, tous mêlent des 

aspects religieux et profanes », explique Marie-Pascale Mallé, commissaire générale de l'exposition.

Des origines préhistoriques ?
Le carnaval a certainement des origines antérieures à l'Antiquité. « Pour le mythologiste Claude Gaignebet, ce serait le vestige d'une très vieille religion préhistorique, celle du souffle, qui aidait les morts à gagner l'au-delà  », rapporte la commissaire.
Débauche carnavalesque avant le jeûne du Carême. Le Roi 
carnaval ventru et mangeur de viande contraste avec la Dame 
carême famélique qui se contente de poisson © Matthieu Stricot
Dans le monde antique, les Perses auraient été les premiers à développer une manifestation semblable. Les fêtes de Dionysos, les Saturnales ou les cortèges d'Isis sont autant d'exemples de rites masqués.
Pour l'historien Michel Vovelle, « le carnaval s'inscrit dans l'ordre de la nature et des rapports qu'entretiennent les hommes avec le rythme des saisons, le cycle lunaire, celui de la répétition plutôt que de l'histoire, avec les contraintes du froid et du chaud, de la récolte et de la vie collective, de la sexualité et de la mort ».

Le carnaval dans la religion catholique

L'Église catholique a repris ces traditions à son compte, comme le fait remarquer Marie-Pascale Mallé :  « La chrétienté a fait un effort théologique énorme pour les intégrer dans l'année liturgique ». Le mot « carnaval » vient du latin carnem levale qui signifie « enlever la viande ». Le calendrier fixe le carnaval au Mardi gras, un jour d'opulence et de festivités avant le jeûne du Carême.
Personnage emblématique des carnavals du sud de l’Europe,
 Saint-Antoine est perturbé par les tentations des diables
 © Matthieu Stricot
Mais l'Eglise est allée bien plus loin pour intégrer l'ensemble des mascarades qui ponctuent le calendrier, en le balisant par les célébrations de saints. « Certains ont des vies proches de personnages carnavalesques »,  note la commissaire. C'est le cas de saint Antoine, dans le sud de l'Europe. « Cet ermite aurait été tellement pieux que Satan venait le tenter par des visions lubriques. » Il est mis en scène dans les carnavals de Catalogne et de Naples, notamment.

Et dans les autres cultes?

Cette stratégie d'assimilation n'est pas la même dans l'ensemble du monde chrétien. « Le monde orthodoxe a fait moins d'efforts pour intégrer le carnaval. C'est resté une fête païenne à combattre », remarque Marie-Pascale Mallé. Il en est de même chez les protestants : « Dans les pays réformés, plus austères, on a supprimé le carnaval ».
Au Maroc, les mascarades berbères ont été
intégrées aux fêtes islamiques comme l’Achoura ©Matthieu Stricot
Les rites masqués sont en revanche restés ancrés sur la rive sud de la Méditerranée. Chez les juifs, Pourim célèbre la délivrance miraculeuse d'un massacre de grande ampleur planifié par Haman l'Agagite dans tout l'Empire perse au temps de sa splendeur.  « En Israël, cette fête est un grand carnaval urbain. Il faut se déguiser et boire jusqu'à mélanger les noms du tyran et du libérateur Mardochée. »
En terre musulmane,  les mascarades ont souvent été combattues par les religieux. « Ces fêtes masquées sont propres aux sociétés berbères anté-islamiques . Elles ont finalement été intégrées au calendrier islamique lunaire et se manifestent à l'occasion de l'Achoura, de l'Aïd-el-Kebir ou du nouvel an berbère ».
Le cycle de la vie et de la mort
Partout, le carnaval célèbre la vie et le renouveau. Il est donc indissociablement lié à la mort. « La plupart des masques représentent des morts revenus dans le monde des vivants demander des comptes. » Sous la forme de Faucheuse ou de squelette, la mort n'est jamais loin... Parfois, le diable l'accompagne. Le carnaval est aussi l'occasion de « représenter les mystères ».

Infos pratiques

Exposition « Le Monde à l'envers », Jusqu'au 25 août 2014 au MuCEM (Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée), Marseille. Ouvert tous les jours de 11h à 19 h. Tarifs : 8 €/ 5 €. Renseignements : 04 84 35 13 13
Source de l'article le Monde des religions

Euromed Audiovisuel annonce les 3 gagnants du concours de courts-métrages MADE in MED



Un documentaire palestinien, un film d’animation jordanien et un court-métrage expérimental syrien ont gagné le concours MADE in MED. Les trois gagnants assisteront au Coin du court-métrage au Festival du cinéma de Cannes

Ce sont les résultats de la deuxième édition du concours de court-métrage lancé l'année dernière dans le cadre du programme Euromed Audiovisuel de l'Union européenne.
 
Le jury - composé du réalisateur tunisien Mahmoud ben Mahmoud, du distributeur algérien Hachemi Zertal et de la programmatrice de festival libanaise Nayla Abul-Khalek - s’est réuni pour désigner les lauréats parmi les 150 courts-métrages envoyés. « La responsabilité était grande : celle de désigner des lauréats qui vont exposer leurs œuvres dans une grande manifestation et avoir une plus grande visibilité », a commenté Hachemi Zertal à l’issue de la réunion. « Ces jeunes créateurs auront l’opportunité de faire des rencontres professionnelles qui donneront un élan certain à leur démarche ».
 
Les trois courts-métrages gagnants sont  My children… My love... de la palestinienne Fadya Salah Al-Deen, House du jordanien Ahmad Saleh et War on Famous Canvas de l’activiste syrien Amjad Wardeh. Ils seront présents au Festival de Cannes du 16 au 21 mai prochains, où leurs courts-métrages bénéficieront d’une promotion au Coin du court-métrage. Ils auront aussi la possibilité de faire analyser un de leurs projets de film en développement par des spécialistes du scénario et du développement de projets.
 
Le programme Euromed Audiovisuel III vise à contribuer au développement et au renforcement de la capacité du secteur cinématographique dans la région Sud de l’IEVP (Algérie, Égypte, Israël, Jordanie, Liban, Maroc, Syrie, Palestine, Tunisie) et à promouvoir la compréhension mutuelle, le dialogue interculturel et la diversité culturelle, conformément à la « Stratégie pour le développement de la coopération audiovisuelle euro-méditerranéenne», qui a été approuvée par les ministres de la culture de la région euro-méditerranéenne à Athènes en mai 2008. 
 
Pour en savoir plus
Euromed Audiovisuel III – Fiche et actualités
Euromed Audiovisuel III – Base de données juridique
Euromed Audiovisuel – Page internet

L’UE finance un projet de développement local dans le Nord du Liban



Le chef de la Délégation de l’UE au Liban Angelina Eichhorst a présenté les premières orientations du Plan stratégique de développement du Akkar, qui a été initié par l'Union européenne et le Conseil du Developpement et de la Reconstruction (CDR) dans le cadre du projet d'appui au développement local dans le Nord Liban (ADELNORD) d'un montant total de 18 millions d'euros.
 
Ce long processus participatif qui implique toutes les composantes de la société, élus et autorités, société civile, responsables et décideurs, comités d'usagers, communautés et familles, vise à définir ensemble un plan d'aménagement du territoire afin de faire valoir les potentiels du Akkar pour les prochaines années et de créer ainsi les conditions d'un développement durable de la région.
 
Ce plan s'inscrit dans la continuité du Schéma d'aménagement du territoire libanais, le SDATL dont l'Union européenne avait financé la production et la diffusion.
 
L'Ambassadeur Eichhorst a rappelé que les activités humaines peuvent durablement marquer un territoire pour le meilleur et pour le pire. Elle a exhorté les participants à être ambitieux et exigeants : "Votre Akkar dispose d'un potentiel unique au Liban et dans cette région. Encore préservé, réellement authentique, à la différence d'autres régions, il offre encore le choix à ses habitants de le façonner respectueusement".
 
L'Ambassadeur Eichhorst a rappelé que "les experts et les consultants proposent des options de développement mais que ce sont les élus et les citoyens qui orientent et qui finalement décident," et elle a invité toutes les parties à "participer activement à cette entreprise, à cette réflexion, à ce rêve…" 
 
Pour en savoir plus
ADELNORD – site web
EU Neighbourhood Info Centre – galerie photo 
Délégation de l’UE au Liban – site internet et page facebook

Tunisie : Revolution Electro – The Mediterranean Music Festival: en juin à Korbous

Après les Dunes Electroniques du côté du désert, c'est un autre festival électronique tunisien qui se prépare côté mer «Révolution Electro – The Mediterranean Music Festival», plus précisément sur les plages de la ville de Korbous au nord-est de la Tunisie.


Cet évènement est initié par «Destination Manager Company» (DMC), une institution basée en Europe et spécialisée dans une seule et unique destination, la Tunisie!

«Révolution Electro» se déroulera en Tunisie au cours du mois de juin 2014, déclare un de ses initiateurs, César Saint Ouen, président de l'association «Croisière jaune»: «ce sera un festival qui ressemble à celui d'Ibiza mais se tiendra sur la rive sud de la Méditerranée, en Tunisie, sur une plage près de Korbous, du 12 au 15 juin prochain», précise-t-il lors d'une interview accordé à radio Expressfm.

Cet événement se présente comme le 1er Festival de musique électronique dans le monde arabe qui mettra en valeur, aux yeux de tous, la diversité et la modernité du peuple et du territoire tunisiens, soutenu par l'Office national du tourisme tunisien.

«L'espace est susceptible d'accueillir quelques 60.000 personnes, mais pour cette édition, nous avons planifié de recevoir 5.000 Européens et 25.000 Tunisiens...», ajoute César Saint Ouen.
Ça promet !

Source de l'article Tekiano

L'Algérie présente au Festival de poésie Voix Vives de Méditerranée

L'Algérie sera présente au 17e Festival international de poésie Voix Vives de Méditerranée en Méditerranée, prévu du 18 au 26 juillet prochain à Sète (Sud de la France)... 

Notoirement connu sur les scènes artistiques algérienne et française, Hamid Tibouchi sera l'une de ces voix. Peintre et poète, sa production prolifique a été traduite dans différentes langues (arabe, anglais, espagnol, italien, hongrois, allemand, islandais).
Travaillant en France depuis 1981, Tibouchi est l'auteur d'une vingtaine de recueils dont Mer Ouverte, Soleil d'herbe et Parésie, et a réalisé nombre de livres d'artistes. L'Algérie est au coeur de ses travaux, à travers des couleurs agencées avec simplicité et harmonie, pour constituer des pièces lumineuses d'une grande force vitale. On y trouve, également, une gestuelle calligraphique récurrente.
Poète de langue arabe, Hakim Miloud est l'autre Algérien à répondre présent au rendez-vous littéraire sétois. Traducteur (français) aussi, il est l'auteur notamment de Femme, à tous les vents (El Ikhtilef, 2002) et Plus qu'une tombe (Barzakh, 2003).
Son compatriote Abdellah El Hamel signera, lui, sa première participation au Festival Méditerranée où sont attendus une centaine de poètes issus de 38 pays. Poète et traducteur, il a notamment publié Kitab Echaffa en 1999, Sabahate Tariaa en 2008, Fin de partie de Samuel Becket en 2010, ainsi que des poèmes et des traductions parus dans plusieurs journaux. Selon la directrice et fondatrice du Festival, Maïthé Vallès-Bled, Voix Vives se propose de jeter un regard sur la poésie contemporaine et d'expliquer que le beau verbe n'est pas réservé à une élite. «Il s'agit, en passant par l'oralité de porter la poésie sur la place publique, tout en associant le livre, vecteur de transmission», a-t-elle dit, lors d'une conférence de presse animée mardi dernier à Paris.
Interrogée sur les critères ayant prévalu au choix des trois poètes algériens, elle a souligné que la sélection repose «simplement sur la lecture des oeuvres».
«Hamid Tibouchi est notoirement connu en France pour son oeuvre, Hakim Miloud est, certes, moins connu en France, mais c'est un excellent poète que j'ai déjà invité au Festival, tandis que Abdellah El Hamel y participe pour la première fois», a indiqué la principale organisatrice du Festival. «L'Algérie qui participe au Festival depuis sa création, est un grand pays de la Méditerranée. Il est porteur d'une culture ancienne extrêmement forte, qui est inscrite dans la tradition poétique locale», a-t-elle également souligné. Après avoir été reçu en 2013 par trois pays du Bassin méditerranéen, le Festival Voix Vives, de Méditerranée en Méditerranée, se déroulera en plus de sa 17e édition à Sète, successivement à Sidi Bou Said (Tunisie), les 23 et 24 mai, à Gênes (Italie) du 6 au 8 juin et à Tolède (Espagne) du 5 au 7 septembre.
L'idée est de permettre, à travers un Comité international de coordination de mieux faire découvrir dans les pays qui l'accueillent, un rendez-vous littéraire voulu comme une passerelle entre les cultures et les peuples.
Source de l'article l'Expressiondz