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mercredi 31 octobre 2012

Séminaire sur le Maroc et la transition démocratique en Méditerranée

Un séminaire sur le Maroc et la transition démocratique en Méditerranée a été organisé, lundi, par la prestigieuse université «Luiss» de Rome, avec la participation d’éminentes personnalités italiennes et marocaines.

Les travaux de ce séminaire d’une journée, qui ont été marqués notamment par la participation de l’ambassadeur du Maroc en Italie, Hassan Abouyoub, ont porté sur les nouveaux défis de la politique et de l’économie marocaines, sur les droits des femmes dans la nouvelle Constitution et sur le rôle des médias dans la réussite d’une telle expérience. Cette rencontre vise à jeter la lumière sur le processus de développement actuellement en cours au Maroc, un pays qui constitue «un modèle positif important dans la région», a déclaré Francesca Corrao, professeure en sciences politiques à la Luiss. Il s’agit de rendre compte des efforts déployés aussi bien par l’État que par la société civile et les élites intellectuelles en vue de la socialisation et de l’implication des jeunes et des femmes dans ce processus, a-t-elle dit.

Mme Corrao a insisté de même sur la nécessité pour le Nord et le Sud de travailler ensemble pour tenter de trouver des réponses communes à la crise économique qui sévit actuellement en Europe. Plusieurs intervenants dont les chefs des départements de la culture, de la politique et de la communication de cette université, mais aussi des professeurs chercheurs italiens et marocains ont mis l’accent à cette occasion sur la nécessité d’asseoir de nouvelles formes de partenariats entre jeunes et intellectuels des deux rives de la Méditerranée. Dans son intervention, M. Abouyoub a brossé un tableau exhaustif des différentes réformes engagées par le Maroc durant les 20 dernières années, et ce dans le cadre d’un processus «cohérent et programmé à l’avance», ainsi que des différentes phases qui ont marqué le partenariat Maroc-UE. Le diplomate a relevé que les défis auxquels fait face la région actuellement sont le chômage et la relance de la croissance, plaidant à cet égard pour un partenariat Nord-Sud basé sur «la co-responsabilité».

Intervenant lors du panel sur les nouveaux médias (réseaux sociaux et Internet) et leur rôle dans le rapprochement entre les deux rives de la Méditerranée, le journaliste et professeur en communication Zouhir Louassini a mis l’accent, de son côté, sur l’impératif de disposer de médias crédibles, libres et ouverts sur leur environnement. «On ne peut aucunement parler de démocratie en l’absence de médias libres», a-t-il insisté, mettant en exergue les efforts déployés au Maroc dans ce sens même s’ils restent, selon lui, «encore insuffisants». Les travaux de ce séminaire ont été marqués par une participation massive des étudiants de l’université Luiss, l’une des plus prestigieuses en Italie avec la «Bocconi» à Milan.
Source MAP & LeMatin

Méditerranée: investissements étrangers en baisse en 2011

Les investissements étrangers directs (IDE) dans les pays du sud de la Méditerranée ont diminué en 2011, touchés par les différentes situations politiques, selon un bilan de l'observatoire Anima-Mipo dont l'AFP a obtenu copie mercredi.
D'un point de vue global, sur les onze pays étudiés (Algérie, Egypte, Israël, Jordanie, Liban, Libye, Maroc, Autorité palestinienne, Syrie, Tunisie, Turquie), les niveaux d'investissement étrangers de 2011 sont les plus bas des six dernières années.

Leur montant pour 2011 s'élève à 26,5 milliards d'euros, contre 38,5 milliards en 2010, soit une baisse de de 31%. Cette diminution du montant des investissements s'accompagne d'une réduction du nombre de projets d'IDE, avec 647 projets pour 2011 contre 834 pour 2010.

La situation n'est toutefois pas homogène pour l'ensemble des pays concernés.

"Seuls l'Algérie, qui a connu cependant quelques manifestations, Israël et la Turquie ont finalement été épargnés par les troubles politiques, et s'en sortent bien dans ce bilan", note le rapport, qui ajoute que "pour tous les autres, les effets immédiats de cette période de révolution et de transition politique sur fond de crise économique en Europe sont sévères".

La crise économique sur le Vieux Continent a également affaibli le "leadership européen" des projets d'investissements, souligne le rapport, qui note que si l'Europe reste le premier investisseur dans ces 11 pays, les montants investis baissent. Au contraire, l'Amérique du Nord y a investi 6 milliards d'euros en 2011, soit un milliard de plus qu'en 2010.

L'investissement direct n'est pas le seul secteur touché par les soubresauts politiques de la région, tient également à noter ce rapport. Les revenus du tourisme, des transferts de migrants et, pour une partie des pays de la zone, des exportations, ont également baissé en 2011.
Source de l'article 20Minutes

Les organisations de la société civile dans le développement: l'UE doit augmenter son soutien pour contrer un environnement de plus en plus restrictif

L'UE doit continuer à renforcer et à promouvoir explicitement le rôle et l'espace des organisations de la société civile (OSC) en développement, afin de contrer un environnement de plus en plus restrictif dans de nombreux pays. C'est l'un des messages qui a émergé d'une consultation publique organisée par la Commission européenne en vue d'une communication visant à améliorer l'efficacité et l'impact du partenariat de l'UE avec les OSC, dans le domaine de la gouvernance démocratique et du développement durable.

La consultation a été réalisée sous la forme d'un questionnaire avec des questions axées sur les rôles des OSC liées au gouvernement. L'accent était mis sur un environnement favorable permettant une implication plus efficace des OSC dans les processus politiques et la responsabilité nationale.
Plus de 320 contributions ont été reçues. Les participants varient grandement en termes de champ d'action (des petites organisations citoyennes aux organisations faîtières et aux OSC internationales), de pays (75 % de pays tiers), de secteur (droits de l'homme, éducation et gouvernance en majorité) et de taille (de moins de 30 à plus de 100 collaborateurs).

La promotion d'un environnement propice aux OSC s'est révélée être le sujet le plus important. «Beaucoup s'inquiètent aujourd'hui du champ d'action de plus en plus restreint des OSC dans plusieurs pays, lié au recul de l'État dans les pays démocratiques et autoritaires,» peut-on lire dans le résumé exécutif du rapport. Les participants à la consultation publique sont d'accord pour affirmer que «l'UE doit continuer à renforcer et à promouvoir de manière explicite le rôle des OSC dans le développement et leur champ d'action.»
Ils estiment également nécessaire que l'UE soutienne une approche du développement fondée sur les droits et qu'elle réaffirme son rôle politique. «Le soutien à un environnement propice aux activités des OSC doit faire partie intégrante du soutien de l'UE, quel qu'il soit,» peut-on lire dans le rapport. Pour certains, l'aide au développement doit même être conditionnée à l'existence d'un tel environnement.
La consultation a également examiné la participation des OSC dans l'élaboration des politiques à l'échelon national, identifiant ainsi des points forts ainsi que de réels problèmes. Les répondants ont également confirmé la valeur ajoutée des OSC en tant qu'organisations volontaires et autonomes qui mettent en oeuvre une approche du développement fondée sur les droits, qui sont en mesure d'aller à la rencontre des populations marginalisées, et qui sont capables de promouvoir l'innovation et de réagir rapidement et avec flexibilité.
Elles ont toutefois plusieurs points faibles, notamment une capacité de recherche et de plaidoyer limitée ainsi que des ressources insuffisantes, auxquelles il faut aussi ajouter une fragmentation des efforts. Parallèlement à cela, l'absence de volonté politique aboutit souvent à des consultations de principe, les OSC étant certes consultées, mais leurs points de vue ignorés.
La consultation publique a mis en avant un réel consensus sur le fait que les procédures budgétaires sont essentielles et exigent une participation démocratique. Ce principe de démocratie exige un système de contrôles et de contrepoids associant un large éventail d'acteurs comme les parlements, les OSC, les médias, etc. «Les OSC jouent un rôle clé car elles peuvent faire en sorte que les budgets tiennent compte des besoins réels des citoyens et des communautés. Elles sont en outre bien placées pour exprimer les préoccupations de la communauté, en particulier des groupes exclus et vulnérables.»
La consultation a également mis en avant une série d'idées sur de nouvelles problématiques, allant du rôle de l'action citoyenne organisée à l'importance d'exploiter le savoir-faire et les ressources privées en passant par les médias sociaux ou les organisations de la diaspora.

Pour en savoir plus
Les OSC dans la coopération au développement – Résumé exécutif de la consultation en ligne
Consultation - page Web
EuropeAid - site internet

jeudi 25 octobre 2012

Union pour la Méditerranée : vers une stratégie euro-méditerranéenne de développement urbain durable

De hauts représentants et des experts de l'Union pour la Méditerranée se sont réunis à Barcelone pour débattre de la stratégie euro-méditerranéenne de développement urbain durable de l'UpM.
Après une présentation du cadre pour des villes et des territoires euro-méditerranéens durables, les participants ont félicité le secrétariat de l'UpM pour son travail, indiquant que ce cadre était devenu un document «mature» capable de répondre aux besoins de la région de l'UpM. Certains participants ont formulé quelques remarques supplémentaires qui seront prises en compte dans la nouvelle version qui sera présentée lors de la prochaine réunion.

En ce qui concerne l'Initiative de financement en faveur de projets urbains (Urban Projects Finance Initiative, UPFI), en rapport avec le deuxième volet de la stratégie – appeler les bailleurs à promouvoir l'émergence de projets de développement urbain durable susceptibles d'être «labellisés» par l'UpM, il a été annoncé que le Conseil de la Facilité d'investissement pour le voisinage (FIV) donnerait son accord final au financement du programme d'assistance technique le 19 octobre 2012. Le financement de l'Etude d'identification de projet est quant à lui déjà assuré par l'Agence française de développement (AFD) et la Banque européenne d'investissement (BEI). Les débats se poursuivront lors de la réunion pour le lancement de l'étude.

En ce qui concerne les troisième et quatrième volets de la stratégie – le prix des innovations urbaines qui vise à identifier et à promouvoir les meilleures pratiques et l'étude préliminaire pour déterminer si la création d'un mécanisme cohérent comme l'Agence urbaine pour la Méditerranée est nécessaire pour soutenir le développement urbain durable dans la région – le secrétariat a indiqué qu'il allait lancer une procédure d'appel d'offres pour les deux études.

Cette réunion fait suite à la première réunion des ministres de l'UpM sur le développement urbain durable organisée à Strasbourg en novembre 2011. Cette réunion avait chargé les hauts experts de formuler une stratégie euro-méditerranéenne de développement urbain durable avec le soutien du secrétariat de l'UpM. 

Pour en savoir plus
Union pour la Méditerranée - site internet

Tunis : Kilimandjaro, réseau africain des responsables RSE et DD

Il est maintenant possible de s’inscrire à la deuxième édition du forum international des pionniers de la responsabilité Sociétale des Entreprises et de l’économie verte inclusive en Afrique organisé par l’Institut Afrique RSE et la Confédération des Entreprises Citoyennes de Tunisie, le 21 et 22 novembre 2012 à Tunis avec le soutien de SanofiEgisGIZ (coopération Allemande)Orange Tunisie ainsi que nos partenaires médias Agence Ecofin RSEIC Publications et Green et Vert 


Une étape importante de la structuration des acteurs de l’économie durable sera amorcée lors de cette rencontre, il s’agit du lancement de Kilimandjaro, réseau africain des responsables RSE et développement durable.
L’objectif est de mobiliser des parties prenantes pour la co-construction par l’Afrique et pour l’Afrique d’une Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) adaptée au contexte africain.
Constitué en association à but non lucratif Kilimandjaro ménera des éudes, des formations des membres, des organisations de séminaires, colloques et forums.
L’intégration au réseau est validée par le Bureau de l’association. L’adhésion est libre et il n’y a aucun frais. Seule la preuve de la fonction effective du (de la) postulant (e) et la signature de la charte de l’association sont prises en compte. 
Les adhérents (es) doivent exercer une fonction de RSE, développement durable ou en lien avec l’une de ses composantes sociale ou environnementale dans une organisation ou une entreprise exerçant son activité en Afrique. Le réseau est aussi ouvert aux experts et chercheurs spécialisés sur le développement durable en Afrique ainsi qu'aux agences de normalisation et d’expertise comptable.

Si votre profil correspond à l’une de ces descriptions, même si vous ne pouvez pas être à Tunis le 21 novembre, vous pouvez contactez Thierry Téné pour intégrer le réseau : ttene@institut-afrique-rse.com

Les premiers membres de Kilimandjaro :
M. Efanam Koffi Adadji, Directeur Général Agence Nationale de Gestion de l’Environnement et Coordonnateur du Programme National d’Actions Décentralisées de gestion de l’Environnement (PNADE), Togo
M. Youssef Bechaouch, Responsable RSE Orange Tunisie
M. Bo-Elongo, Directeur du Fonds Social de la République, RD Congo
M. Moussa Ben Deka Diabate, Coordinateur du réseau RSE Mali. Vice-Président du Cercle de l’Entreprise et de l’Initiative Sociale (CEIS), Mali
M. Djenidi Bendaoud, Directeur Général du cabinet Qualiy Consulting Management. Coordonnateur du projet d'implémentation de la norme ISO 26 000 en Algérie
M. Aziz Derj, Directeur Développement Durable de COSUMAR, Maroc
Dr Franck Eba, Deuxième Vice-Président du réseau RSE Côte d’Ivoire, Directeur Développement Durable de SIFCA, Côte d'Ivoire
M. Louis Léandre Ebobola, Directeur Général de l’Environnement et du Développement Durable, Ministère de l’Environnement et du Développement Durable, Gabon
Mme. Murielle Ekoto : Responsable RSE de SPM, Cameroun
M. Cheikh Fofana, Secrétaire Exécutif chez Secrétariat Intérimaire du Volet Environnement du NEPAD (SINEPAD/Env.). Membre du Groupe de Réflexion et d'Action sur la RSE au Sénégal
M. Mamadou Gakou, Directeur Général, Agence de l'Environnement et du Développement Durable. Point Focal National Changements Climatiques, Mali
Mme. Douja Gharbi : 1ère Vice Présidente et Présidente de la Commission RSE, Confédération des Entreprises Citoyennes, Tunisie
Mme. Elodie Hanff : Responsable RSE du 2IE, Burkina Faso
M. Tewfik Hasni, Président, Association pour la Promotion de l’Eco-efficacité, de la Qualité et de l’Environnement en Entreprise (APEQUE), Algérie
M. Boubacar Issa, Directeur de la Normalisation, de la Promotion de la Qualité et  de la Métrologie (DNPQM), Niger
Pr. Emmanuel Kamdem, Directeur, ESSEC : Ecole Supérieure des Sciences Economiques et Commerciales, Université de Douala. Directeur de la Rédaction, Revue Camerounaise de Management. Coordonnateur Scientifique, Cérame, Gnt Cameroun, Codesria
M. Alain Serges Kouadio, Directeur de la RSE et de l’Economie Verte, Ministère de l’Environnement et du Développement Durable, Côte-d’Ivoire
M. Hervé Lado, Économiste, Expert RSE et Développement Durable, Chercheur à l'ESSEC Business School France, Thèse sur la RSE des multinationales pétrolières au Nigeria à l'Université Paris1 Panthéon-Sorbonne
Pr. Jean-Paul Mamboundou, Agrégé des Universités, Institut National des Sciences de Gestion, Gabon
Mme Dorothée Masele, Directrice Déléguée à la Communication Sociale et point focal RSE, Tenke Fungurume Mining, République Démocratique du Congo
M. Ousséini Ouedraogo, Secrétaire Permanent de l'ABMAQ : Association Burkinabè pour le MAnagement de la Qualité, Burkina Faso
M. Rasmané Ouedraogo, Directeur de la Division des Politiques Environnementales au SP/CONEDD Coordonnateur National de L'Initiative Pauvreté- Environnement au Burkina Faso(IPE-BF)
Mme. Watta Ouedraogo, Directrice de l'Assainissement et de la Prévention des Risques Environnementaux  (DAPRE) au sein de la Direction Générale de l'Environnement et du Développement Durable (DGPEDD) du Ministère de l’Environnement et du Développement Durable, Burkina Faso
M. Mohamed Ould Abdellahi Ould Ethmane, Directeur de la Normalisation et de la Promotion de la Qualité, Ministère du Commerce,de l'Industrie de l'Artisanat et du Tourisme, Mauritanie
M. Damien Nakobedetse, Directeur du Bureau Burundais de Normalisation et Contrôle de la Qualité (BBN)
Pr. Abdoulaye Sène, Coordonnateur de l’Unité d’Enseignement et de Recherche (UER) Ethique, Gouvernance, Responsabilité Environnementale et Gouvernance de l’Institut des Sciences et de l’Environnement de l’Université Cheick Anta Diop de Dakar. Coordonnateur du Groupe de Réflexion et d'Action sur la RSE au Sénégal
Mme. Rajae Tazi, Responsable RSE, Confédération Générale des Entreprises du Maroc
M. Thierry Téné, Co-fondateur et Directeur de l’Institut Afrique RSE

Source de l'article Agenceecofin

Jean Louis Guigou: «D’ici 2050 l’axe Europe-Méditerranée-Afrique peut devenir le centre du monde»


Rencontré lors de sa récente visite à Alger, Jean-Louis Guigou a bien voulu répondre à nos questions (Maghrebemergent.info). Il a prêché la nécessité de bâtir des passerelles entre l’Europe, une Europe en « crise », et l’Afrique, une Afrique qui veut changer. La Méditerranée, c’est « le dénominateur commun », estime-t-il prônant un changement d’attitude des investisseurs européens envers les pays du Sud.

Jean-Louis GuigouCréé en 2006, l’Institut de prospective économique du monde méditerranéen (IPEMED) s’est fixé des objectifs. Six ans plus tard, quel bilan faites-vous de vos activités ?
 Au départ, on s’est fixé des objectifs mais avec le temps, nous avons abouti à bien d’autres. Notre objectif principal était de créer la confiance avec le monde arabe et le Sud de la Méditerranée. Aujourd’hui, nous l’avons atteint !
Mon discours est le même : en Algérie, au Maroc, en Turquie ou en Egypte, en France, en Europe. Personnellement, je ne me considère pas comme un Français, mais comme un Méditerranéen. Je suis descendant d’une tribu berbère marocaine, les Ait Guigou. Je suis issu d’une relation qu’avait eue mon arrière-arrière grand-mère avec un des Sarrazins qui nous avaient envahis en 750. Je suis passionné par la relation entre l’Occident et l’Orient.
Parmi les obstacles à l’établissement d’un partenariat durable Europe-Méditerranée-Afrique, certains citent les problèmes de la co-localisation. Nous avons eu des expériences dans le domaine de l’énergie et ça marche très bien.  Vous dépendez à 90% des marchés mondiaux. L’objectif de ces derniers est d’augmenter les prix et de vous appauvrir davantage. Pour assurer une sécurité alimentaire, nous devons coopérer.

Certains disent que l’un des éléments principaux qui attirent les Européens à investir en Algérie, c’est l’avantage comparatif inhérent au coût de l’emploi. Or, je pense qu’il est insensé de fonder un partenariat sur un avantage comparatif qui se veut un instrument de domination entre les mains de l’investisseur européen. Même le travailleur algérien aimerait bien, à l’avenir, avoir un salaire de 1.200 euros.
D’accord, j’aimerais bien que le travailleur algérien ait un salaire de 1.200 euros comme le travailleur français. Mais alors, il faut que le logement ait le même prix qu’à Paris. Je veux que l’essence, l’électricité soient au même prix qu’à Paris. On ne peut pas imaginer que l’Algérien ait le même revenu et que celui de France mais que tout y soit moins cher.

Mais si l’on raisonnait en termes de pouvoir d’achat, il est clair qu’en Europe, on a un pouvoir d’achat plus important qu’ici…
Non, ce n’est pas tout à fait vrai. De plus en plus, la pauvreté s’installe en Europe. Il y a de plus en plus de riches plus riches et de pauvres plus pauvres. Nos classes moyennes sont en train de souffrir. Les socialistes français essaient de mettre un peu de justice. Le peloton d’une nation, comme le peloton d’un vélo, est en train de se distendre. Les riches s‘enrichissent et les pauvres s’appauvrissent.

Mais les pauvres ne se ressemblent pas forcément…
Si vous veniez à Paris, vous verriez que je donne trois fois dans la journée trois euros à des SDF qui n’ont pas de quoi se nourrir. Il y a des salariés qui gagnent entre 800 et 1.000 euros qui n’arrivent pas à avoir une maison et qui couchent dans leurs voitures. Il ne faut pas comparer les uns et les autres. Ce n’est pas aussi simple. Si les Européens viennent pour exploiter la main-d’œuvre bon marché, alors vous avez le droit de les mettre dehors. Si les Européens viennent pour prendre le pétrole sans faire l’industrialisation pétrochimique, alors mettez-les à la porte ! Si les Européens viennent vous vendre des produits sans les produire chez vous, mettez –les à la porte.
Mais maintenant, vous avez une autre race de patrons qui dit qu’il faut avoir un autre comportement. Si on continue à avoir un comportement capitaliste, prédateur, c’est fini. Vendre, par exemple, des voitures Peugeot en Algérie, oui, mais pourquoi ne pas les produire en partie ici ? Ça change toute la relation. Il faut que tout cela soit repensé dans le cadre des relations Europe-Méditerranée-Afrique. Les craintes, ce ne sont pas les Chinois. Ils nous ont déjà tués sur le plan industriel. Ce ne sont pas non plus les Sud-américains. Ceux qui m’intéressent, ce sont les 500 millions d’Européens, les 500 millions d’Arabo-musulmans et les deux milliards d’Africains. D’ici 2050, si on se débrouille bien, on pourra être le centre du monde. Pour y arriver, on a besoin de dignité, de partage. L’essor de cette nouvelle culture exige une volonté des deux côtés. Chacun doit corriger ses tares. Bougez-vous dans le Sud et nous on fera bouger le Nord, et vous verrez que ça va marcher.

L’IPEMED est un think-tank, c’est-à-dire une force de proposition essentiellement. Avez-vous des relais politiques qui vous aident à travailler ?
On les a à droite et à gauche. Il y a beaucoup de choses positives auxquelles on a abouti. Dans son discours du 28 août, le président français François Hollande, devant les 250 ambassadeurs français, la presse et le Gouvernement, a consacré une page à la Méditerranée. Ça avance, pas comme on l’aurait souhaité, mais ça change.

Donc, si je comprends bien, la crise en Europe et l’instabilité politique dans les pays arabes, c’est positif…
C’est exact. Parce que nous, lorsqu’on était riche, on était prétentieux et maintenant, on s’aperçoit qu’on n’est rien du tout, qu’on est fragile. Vous, au Sud, c’est encore plus grave. Si on reste indépendants les uns des autres, vous allez être pillés par les Américains et les Chinois. Vous avez intérêt à faire l’Union du Maghreb. On va créer d’abord un petit marché et puis ça va venir. Chez vous, vous êtes aujourd’hui en train de vous poser des questions sur votre devenir. Il y a trois ans, il ne pouvait pas y avoir de débat sur cette question en Algérie. Si on reste comme on est, on se contente de nos avantages acquis, on va devenir comme a été le Portugal il y a soixante ans. Par contre, si on s’unit, on est complémentaire.

Pour aller vers un partenariat sérieux, durable, stable, ne pensez-vous pas qu’il soit urgent de préparer d’abord le terrain à travers des partenariats dans les domaines de la culture, l’éducation, la formation ? Il peut y avoir de partenariats entre des peuples qui ne se connaissent pas, non ?
Vous avez raison. Les révolutions dans le monde arabe ont montré que c’était les sociétés civiles, les jeunes, les patrons, les associations, etc., qui étaient dynamiques et pas tellement les gouvernements qui, parfois, freinent les révolutions. Il y a des contacts permanents entre les sociétés civiles et les entrepreneurs. Si toutes les universités de France et d’Europe coopéraient avec les universités maghrébines, si tous les hôpitaux de France et d’Europe coopéraient avec les hôpitaux maghrébins, si tous les lycées de France et d’Europe coopéraient avec les lycées maghrébins, ça aurait donné de grands résultats ! Ça bosse très bien dans le cadre des partenariats. Les sociétés civiles n’ont pas vraiment besoin des gouvernements.
Par Amar Ingrachen  
Source de l’article Maghrebemergent

Emploi et changement dans le monde arabe : une occasion à saisir

Les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (MENA) pourraient trouver une source de prospérité dans leur population jeune et de plus en plus instruite s’ils parvenaient à créer un environnement propice à une concurrence ouverte et à se doter de systèmes éducatifs qui enseignent les compétences adéquates. 
Tel est le constat d’une prochaine publication du Groupe de la Banque mondiale consacrée à l’emploi dans la région MENA. Le rapport analyse en détail les nombreux facteurs responsables de l’un des plus forts taux de chômage des jeunes au monde, et de l’un des plus faibles taux d’emploi des femmes. Il suggère un ensemble de réformes destinées à tirer parti du vaste potentiel humain inexploité de la région.
« Sous le slogan ‘pain, liberté et dignité’, les peuples du monde arabe ont exprimé une exigence de changement et des attentes immenses, en particulier parmi les jeunes, affirme Inger Andersen, Vice-présidente de la Banque mondiale pour la Région Moyen-Orient et Afrique du Nord. Il s’agit là d’une occasion sans précédent d’adopter les réformes qui permettront d’instaurer les conditions d’une croissance plus vigoureuse et de créer les emplois, plus nombreux et de meilleure qualité, dont la région a besoin. La vocation de ce rapport est de montrer comment l’on peut saisir cette occasion. »
Pour que le secteur privé de la région MENA devienne un moteur de la croissance économique et de la création de bons emplois, il est avant tout impératif d’accroître la concurrence. L’environnement actuel continue en effet de protéger quelques entreprises privilégiées, via une réglementation complexe et appliquée de manière inégale, et un accès limité au crédit. Cet environnement aboutit à une situation qui favorise ceux qui sont déjà dans la place au détriment de ceux qui n’y sont pas, ce qui contribue à brider l’innovation et la créativité — alors que ces deux facteurs ont joué un rôle particulièrement important dans l’expansion rapide des économies d’Europe de l’Est et d’Asie du Sud. Le rapport met en évidence plusieurs remèdes visant à faciliter l’implantation des entreprises nouvelles. Il s’agit, entre autres, de simplifier nettement la réglementation, de responsabiliser les agents et instances chargés de la faire appliquer et d’édifier l’infrastructure financière nécessaire pour élargir l’accès au crédit. La réduction des obstacles tant à l’entrée qu’à la sortie dynamiserait le secteur privé, ce qui soutiendrait l’investissement et l’innovation avec, à la clé, une hausse de la demande de main-d’œuvre.
Outre l’existence d’un environnement qui étouffe la concurrence, la région MENA pâtit d’un ensemble de réglementations et d’incitations qui freinent le recrutement et font qu’il revient moins cher d’acheter et d’utiliser des machines que d’embaucher de la main-d’œuvre. En effet, de même que les règles actuelles protègent un petit nombre d’entreprises, le droit du travail qui restreint la capacité d’un employeur à gérer ses effectifs protège, au bout du compte, les rares privilégiés qui ont un emploi (principalement des hommes plus âgés). Pour y remédier, le rapport recommande de renforcer les filets de protection sociale et les allocations de chômage tout en assouplissant la réglementation pour accroître la mobilité des travailleurs et promouvoir l’embauche. Par ailleurs, il convient de supprimer les subventions à l’énergie dans la mesure où elles rendent les coûts d’achat et de fonctionnement des machines plus faibles que les coûts de recrutement et dissuadent dès lors les entreprises d’embaucher.
Enfin, dès que le secteur privé sera prêt à embaucher, il faudra engager des réformes pour lui permettre de trouver les qualifications qui correspondent à ses besoins. Dans la région, le secteur public demeure le principal employeur, promettant sécurité de l’emploi et bonnes conditions de travail. En conséquence, la plupart des plus talentueux et des plus qualifiés préfèrent attendre de trouver un poste dans le public en raison des nombreux avantages qui vont avec, sachant que ce type d’emploi n’est pas toujours associé à la productivité sociale la plus substantielle. Dans un tel contexte, la réussite dépend trop souvent des relations personnelles plutôt que des aptitudes, ce qui, là encore, ne profite qu’aux plus privilégiés. Cet environnement a aussi des répercussions sur les systèmes d’enseignement, qui donnent la priorité aux compétences qui intéressent le secteur public, au détriment de celles requises par le secteur privé. Dans la région MENA, le nombre d’employeurs qui se plaignent de la difficulté à trouver du personnel disposant des qualifications dont ils ont besoin est l’un des plus élevés au monde. Le rapport propose de diminuer l’attrait du secteur public en alignant ses rémunérations et ses avantages sur ceux du secteur privé, ainsi qu’en réformant les systèmes d’enseignement de manière à ce qu’ils forment à des compétences plus adaptées. En outre, il faudrait des politiques spécifiques pour lever les obstacles auxquels les femmes se heurtent, en leur garantissant un environnement de travail sûr et en tenant compte des tâches domestiques qu’elles assument en plus. L’ensemble de ces réformes orienterait le flux des travailleurs les plus qualifiés vers les secteurs les plus productifs, et un lien plus étroit entre les universités et le secteur privé non seulement favoriserait l’élaboration de cursus plus appropriés, mais aiderait également les élèves à prendre des décisions plus éclairées concernant le choix de leurs études.
« Il faut que le passage des études à la vie professionnelle soit plus clair pour les jeunes de la région, estime Steen JorgensenDirecteur du secteur Développement humain à la Région MENA de la Banque mondialeLe secteur privé doit indiquer aux étudiants quelles compétences sont les plus appréciées, tandis que l’enseignement supérieur doit adapter son offre de cursus en conséquence. »
Au-delà de l’identification des problèmes et de la présentation de solutions, le rapport prend acte des problèmes rencontrés par les autorités pour établir et maintenir le consensus nécessaire au changement. La forte demande de démocratie et d’abolition du système de privilèges confère à celles-ci un mandat important. Dorénavant, le processus doit être entièrement transparent et avoir pour objectif de mobiliser les nouveaux mouvements nés du Printemps arabe. Les gouvernements des pays de la région pourraient renforcer leur crédibilité s’ils réalisent des investissements produisant des résultats rapidement visibles et mesurables : investissements dans des programmes de formation destinés à faciliter l’acquisition de nouvelles compétences et à améliorer l’employabilité, ou lancement de grands chantiers publics visant à développer les infrastructures et les services sociaux essentiels via des partenariats public-privé, par exemple. Ces politiques publiques créeraient les conditions des réformes de nature à changer la donne : des réformes qui stimuleront la concurrence, qui créeront des emplois et grâce auxquelles le potentiel humain considérable de la région pourra devenir sa source de prospérité.
Source de l'article Banque Mondiale

Horizon 2020 appuie l’adoption à Tunis de la Charte pour le développement durable du lac de Bizerte


La «Charte pour le développement durable du Lac de Bizerte», qui vise à assurer la protection et le développement durable de la lagune de toutes les sources de pollution, a été adoptée et signée par les autorités tunisiennes dans le cadre de l'initiative Horizon 2020 financée par l’UE.
 
Une cérémonie a eu lieu à cette occasion le 16 Octobre 2012 au Ministère de l’environnement, en présence de Mme Mamia El Banna, Ministre de l’Environnement, M. Mohamed Lamine Chakhari, Ministre de l’Industrie et du Commerce, M. Belgacem Ayed, Directeur Général des Infrastructures au Ministère du Développement Régional et de la Planification, M. Abderazak Ben Khlifa, Gouverneur de Bizerte, Mme Nathalie Clémence, de la Banque Européenne d’Investissement, M. Nick Marchesi, MeHSIP-PPIF et du  Professeur Michael Scoullos, de l'initiative Horizon 2020 pour le Renforcement des Capacités/ Programme Méditerranéen pour l'Environnement (H2020 CB/MEP).
 
Le lac de Bizerte est une zone sensible prioritaire en Tunisie, caractérisée par de multiples sources de pollution d'origine terrestre (émissions industrielles, pratiques agricoles, déchets solides et assainissement en termes d'élimination des eaux usées, transport, activités de construction, etc.). L'initiative Horizon 2020, par le biais de la Banque Européenne d'Investissement (BEI), soutient un investissement important dans la région pour la réduction/maitrise des sources de pollutions notamment industrielles sur la base des travaux préparatoires menés par le Programme d’investissement pour l’élimination des zones sensibles en Méditerranée - Mécanisme d’aide à la préparation et à la mise en œuvre des projets (MeHSIP-PPIF) sous la supervision du Ministère de l'Environnement de la Tunisie.
 
En appui aux travaux préparatoires en cours entrepris par le MeHSIP-PPIF en vue du financement de la mise en oeuvre du projet, le projet de l’Union Européenne Renforcement des Capacités/ Programme Méditerranéen pour l'Environnement, en étroite collaboration avec le Gouvernement tunisien et le MeHSIP-PPIF, a organisé en juin dernier un atelier adapté au contexte et conçu pour le Lac de Bizerte. Cet atelier a réussi à réunir autour d'une table l'ensemble des parties prenantes et à convenir d’une charte qui assurera la protection et le développement durable du Lac (lagune) de toutes les sources de pollution. Cette Charte engage non seulement les autorités locales mais établit également une priorité nationale et assure la durabilité des investissements de dépollution.
 
L'Initiative Horizon 2020 vise à améliorer la qualité de vie de plus de 420 millions de citoyens vivant dans 25 pays sur les côtes de la Méditerranée. Il s’agit d’un programme d’ensemble réunissant les politiques, stratégies et plans d’action pour une amélioration de la protection environnementale. 
 
Pour en savoir plus
Reportage EU Neighbourhood Info Centre- Bizerte, une lagune à sauvegarder
Horizon 2020 CB/MEP Page internet
Horizon 2020 – Page internet
EU Neighbourhood Info Centre - page web sur l'environnement
EU Neighbourhood Info Centre, entretien sur H2020 – Priorité contre la pollution en mer Méditerranée
 

Rapport MED 2012 - Vers une croissance verte en Méditerranée -


Rapport MED 2012 - Vers une croissance verte en Méditerranée - Mise en œuvre de politiques susceptibles d’accroitre la productivité des actifs naturels.

A propos du Rapport MED 2012
Alors que les pays semblent de plus en plus considérer comme nécessaires les actions en faveur de l’environnement pour une croissance sur le long terme, les implications politiques d’une transition vers un programme de croissance verte sont moins évidentes. Le Rapport MED 2012 « Vers une Croissance Verte en Méditerranée » souligne le potentiel des actifs naturels pour une croissance sociale et économique, respectueuse de l’environnement et montre des secteurs clés dans plusieurs pays riverains de la Méditerranée. Il révèle des gains à la fois environnementaux et économiques ou "co-bénéfices" dans certains secteurs, des arbitrages difficiles dans d’autres. Les auteurs fournissent également des estimations de la création brute et nette d’emplois en Méditerranée dans les 10 prochaines années, grâce à une transition vers les politiques de croissance verte. 
Le rapport émet des recommandations pragmatiques à l’échelle nationale, notamment dans un contexte d’importantes réformes économiques, et présente une opportunité de coopération régionale entre les gouvernements et les institutions internationales pour préserver les actifs naturels menacés.
Sur la base d’un examen d’études de cas et des meilleures pratiques, les résultats seront utiles aux décideurs politiques, aux universitaires, aux acteurs de la société civile et aux bailleurs de fonds qui souhaitent promouvoir la croissance verte, instaurer une comptabilité nationale verte et contrôler les actions environnementales.

Les partenaires

Le Rapport MED 2012, une publication du Centre pour l'Intégration en Méditerranée (CMI), est le résultat d’une démarche collaborative et consultative, initiée au sein de plusieurs pays méditerranéens, dans laquelle des décideurs politiques nationaux et régionaux, des partenaires, des experts et des acteurs privés ont été invités à partager leurs expériences et leurs attentes face aux problématiques et enjeux de la région et à identifier des études de cas sur les questions environnementales et de croissance dans les pays du sud et de l'est de la Méditerranée. Le rapport a été réalisé par un consortium dirigé par la Banque mondiale, en partenariat avec l'Agence Française de Développement (AFD), la Banque européenne d'investissement (BEI), le Plan Bleu (PNUE/PAM Centre d'Activités Régionales) et le Forum Euro-Méditerranéen des Instituts de Sciences Economiques (FEMISE).


Ils en parlent…
    "La croissance verte signifie de maintenir une vie décente, saine et productive pour nous et nos enfants ; nous vivons sur une terre empruntée aux générations futures. Rendre les droits de l’Homme plus verts est le principal objectif que nous devrions défendre mais l’emploi reste notre principal objet de préoccupation, avec le Rapport MED 2012 nous avons des pistes pour traiter ces deux problématiques en même temps." 
  • S.E. le Ministre Palestinien de l’Environnement, Dr Yousef Abu-Safieh
  • "Comme corroboration du Rapport MED 2012, le Maroc est fortement engagé dans la transition vers la croissance verte, notamment dans les secteurs mis en lumière par le rapport tels que l’énergie, l’assainissement ou traitement des déchets. Les programmes mis en place pourraient mener à la création de milliers d’emplois."
    S.E. le Ministre Marocain de l’Economie et des Finances, M. Nizar Baraka
  • "La protection de l’environnement et des ressources naturelles est une nécessité si nous voulons donner aux futures générations une vie meilleure. La valeur de ce rapport est de montrer que cette tâche n’est pas seulement nécessaire et possible mais aussi qu’elle produit des bénéfices économiques et crée de l’emploi. Je crois que c’est un message enthousiasmant, notamment pour les jeunes générations des pays de la rive Sud de la Méditerranée."
    M. Gerd Leipold, ancien Directeur Exécutif de Greenpeace International


Résumé des chapitres

Introduction : Les arguments en faveur de la croissance verte en Méditerranée
Dans ce chapitre : Qu'est-ce que la croissance verte ? // La performance économique dans les Pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée (PSEM) // La Méditerranée comme haut lieu de la dégradation de l'environnement // L’intégration de l'environnement dans les politiques économiques.

Chapitre 1 : Opportunités de co-bénéfices à court terme
Dans ce chapitre : Améliorer l'efficacité énergétique // Améliorer la santé publique en réduisant la pollution de l'air et de l'eau // Mettre à niveau la gestion des déchets solides et l'efficacité des ressources.

- Chapitre 2 : Maximiser la productivité des actifs naturels tout en gérant les arbitrages
Dans ce chapitre : Optimiser l'approvisionnement et la qualité de l’eau // Gérer les zones côtières afin de maximiser les services écosystémiques et le tourisme durable // Avancer vers l'urbanisation durable // Coopérer pour rendre la pêche durable.

- Chapitre 3 : Action environnementale et création d’emplois
Dans ce chapitre : Contexte démographique tendu et faible taux de création d'emplois // Mécanismes sectoriels de l'impact écologique sur l'activité économique et l'emploi // Emploi et l'écologisation : ni mythe ni dividende systématique.

- Chapitre 4 : « Doing green » : suivre les progrès en matière d’environnement et identifier les points forts et les priorités d’actions
Dans ce chapitre : Indicateurs de l’action environnementale dans les pays méditerranéens // Analyse multicritères pour identifier les atouts et les priorités // Évaluation du niveau infranational de la diversité des progrès environnementaux // Comptabilité verte nationale pour les pays méditerranéens.

- Chapitre 5 : Outils pour l’action environnementale et la croissance verte
Dans ce chapitre : Promouvoir l'équité sociale et la croissance économique par des réformes fiscales environnementales // Promouvoir les droits transférables et le paiement pour les services fournis par les écosystèmes // Encourager la responsabilité environnementale et sociale // Modifier le comportement des consommateurs et des producteurs : promouvoir l’écolabellisation et la certification.

- Chapitre 6 : Conclusions et appel à l’action
Dans ce chapitre : La croissance verte est purement économique et peut générer des bénéfices // La croissance verte pour la Méditerranée est faisable // Une association entre des instruments de marché et hors du marché seront nécessaires pour maximiser le potentiel des co-bénéfices…


Ressources


« Nouveaux pouvoirs, nouveaux programmes économiques en Méditerranée »


Déclaration finale
« Nouveaux pouvoirs, nouveaux programmes économiques en Méditerranée »
Le Cercle des économistes et l’Institut de la Méditerranée

Rarement la situation du pourtour méditerranéen n’a paru si incertaine. D’un côté une crise économique sans précédent et de l’autre une révolution politique qui cherche sa stabilité. Cette situation exceptionnelle doit permettre un rebond dans la réorganisation des grandes zones et imaginer un nouvel avenir.

Aujourd’hui les pays méditerranéens sont confrontés à trois défis auxquels le Cercle des économistes et l’Institut de la Méditerranée s’emploient à répondre :

1-  Rendre crédibles et mobilisatrices les politiques économiques et sociales futures.
  • Proposer une vision qui rassemble, notamment pour la jeunesse, en dressant les contours d’un avenir plus inclusif où chaque jeune pourra exprimer librement ses opinions.
  • Participer à la construction d’un nouveau modèle de développement, fondé sur la connaissance.
  • Abandonner l’idée qu’après une phase transitoire, on puisse revenir au business as usual sans changer les comportements des élites et sans modifier leur composition.
  • Eviter l’implantation d’un modèle distributif pur qui conduirait à une fermeture des économies, après une période de soutien social nécessaire.
  • Construire un nouveau modèle de croissance dynamique fondé sur la jeunesse, ouvert, équitable et plus équilibré territorialement.

2- Gérer une transition qui dégrade les équilibres macroéconomiques
  • Les processus en cours ne doivent en aucun cas être retardés par des jugements politiques ; une baisse de confiance est injustifiée.
  • La communauté internationale, doit prendre la mesure des urgences et respecter au minimum les engagements pris par le G20.

A défaut, il y a un risque que les tensions qui peuvent se produire ne conduisent à des crises graves. En effet, pendant trois ou quatre années les équilibres macroéconomiques vont nécessairement se dégrader. Le Cercle des économistes et l’Institut de la Méditerranée constatent que la capacité de résilience des pays méditerranéens est encore importante. Cependant, la détérioration des balances de paiements, la montée des tensions inflationnistes, les déséquilibres budgétaires, les tensions sur l’emploi et en particulier l’emploi des jeunes, font peser des menaces qui risquent de bloquer la transition.

3- Améliorer l’intégration régionale des pays méditerranéens dans l’économie mondiale
Le Cercle des économistes et l’Institut de la Méditerranée recommandent que l’Europe réaffirme ses engagements vis-à-vis des attentes des Pays du Sud et que soit poursuivi l’ancrage régional des pays méditerranéens entre eux et avec l’Europe.

Cela suppose des avancées sensibles qui ont trop tardé :

  • La mobilité des étudiants, des chercheurs et des entrepreneurs.
  • L’extension du programme Erasmus.
  • L’approfondissement des coopérations entre les Instituts d’éducation et de recherche.
  • Le renforcement des partenariats Public / Privé.
  • Une stratégie commune de relocalisation des activités industrielles en Europe.

Source de l’information Les rendez-vousde la Mediterranée

Conférence Annuelle du FEMISE, 23-24 novembre 2012, Marrakech

lapalmeraie
La conférence annuelle FEMISE se tiendra cette année les 23 et 24 novembre à l’Hôtel La Palmeraie, Marrakech, Maroc. 
Le thème de la Conférence 2012 est : “Un développement inclusif dans les pays méditerranéens et le rôle du partenariat euroméditerranéen”. 
La note de présentation de la conférence est disponible ici: Femise conference concept note. L’agenda sera quant à lui disponible rapidement.

La conférence comprendra 3 sessions plénières pendant lesquelles des acteurs clefs des deux rives sont intervenus pour faire partager leurs vues avec les participants. La conférence inclura de plus une session spéciale concernant les enquêtes micro-économiques concernant les pays de la région.  En outre, des sessions parallèles vont permettre aux membres de présenter leurs travaux récents dans les domaines suivants : la mobilité des biens et des personnes, le rôle des services, de l’agriculture et les énergie renouvelables dans la croissance, la compétitivité des entreprises, le caractère inclusif de la croissance dans les pays du sud, etc….
La Conférence annuelle est une plateforme d’échanges où les chercheurs du réseau, leurs partenaires, des officiels de la Commission, de la Banque Européenne d’Investissement, des dispositifs Euromed et des intervenants majeurs reconnus partagent leurs points de vue sur les questions prioritaires de la région méditerranéenne.
Le FEMISE invite les membres du réseau qui souhiatent participer à la conférence à s’inscrire en ligne suivant ce lien.
PS: Si vous n’êtes pas membre du réseau mais souhaitez participer, vous pouvez remplir ce même formulaire et donner les détails du financement de votre voyage et de votre hébergement. Merci de noter que les places sont limitées et que l’enregistrement en ligne sera ouvert jusqu’au 1er novembre 2012.
Source de l'information le FEMISE

Plaidoyer pour une PAC euro-méditerranéenne


Les tendances prévisibles pour les 11 pays du sud et de l'est de la Méditerranée (PSEM) font état d'une grave insécurité alimentaire, mettant en péril, d'ici à 2030, la santé publique et la cohésion sociale de ces pays. Une politique agricole, fondée sur un co-développement et la solidarité euro-méditerranéenne, permettrait de prévenir ce risque majeur. Elle serait cofinancée à 50/50 par les PSEM et l'Union européenne...
Copyright Reuters
La montée rapide des maladies d’origine alimentaire (notamment obésité, pathologies cardio-vasculaires et diabète) dans les pays du sud et de l’est de la Méditerranée (PSEM), liée à l’abandon de la diète méditerranéenne et à l’évolution des modes de vie, constitue un lourd défi pour les systèmes de santé. Simultanément, la hausse des températures et l’aggravation des sécheresses pourraient faire diminuer les rendements de 30% dans la zone méditerranéenne, ce qui gonflerait mécaniquement la facture alimentaire rendue très instable par la volatilité des prix internationaux. On peut donc parler, pour les PSEM, d’une situation potentielle d’insécurité alimentaire critique.

Des complémentarités et de multiples défis communs entre le nord et le sud
Dans les PSEM, l’agriculture et les activités liées font vivre au moins 72 millions de personnes (25% de la population totale). Du fait de la démographie, il faudra créer autour de 2 millions d’emplois par an jusqu’en 2030, en plus de la résorption indispensable d’un chômage structurel élevé. 
De plus, les ressources naturelles indispensables à la production agricole et alimentaire, la terre et l’eau, sont rares et menacées dans ces pays. Le contexte politique a profondément changé depuis les révolutions arabes du début de 2011 et a conduit à remettre l’accent sur les zones rurales marginalisées par la priorité donnée par les anciens dirigeants à l’industrie urbaine, au tourisme côtier bétonneur et aux mégalopoles. Pour l’Union européenne, l’objectif est de contribuer à la paix et à la prospérité dans une région avec laquelle existent de nombreux liens historiques, culturels, humains et économiques, et donc d’exprimer une vision géopolitique régionale. 
On va observer, dans les vingt prochaines années, une forte augmentation de la population active dans les PSEM (+ 55 millions) et une diminution quasi symétrique au Nord (– 44 millions). Parallèlement, on s’attend à un différentiel de croissance économique entre les PSEM (tendance de + 4 à 5% par an) et l’UE (+ 0 à 2%). Au plan commercial agricole et agroalimentaire, l’UE absorbe 36% des exportations des PSEM et fournit à ces pays 32% de leurs besoins. De leur côté, les PSEM représentent 10% des exportations et 7% des importations extracommunautaires en produits agricoles et alimentaires. Les complémentarités sont nettes : besoins en céréales et produits animaux dans les PSEM et capacité productive dans l’UE, besoins en fruits et légumes dans l’UE et potentiel productif dans les PSEM.
Assurer la sécurité alimentaire par un codéveloppement
La réponse proposée à ces multiples enjeux est la création d’une politique alimentaire et agricole commune pour les PSEM (PACEM), construite dans le cadre d’un partenariat euro-méditerranéen refondé et renforcé, en vue de relancer une coopération qui a beaucoup déçu les PSEM et risque de conduire à une balkanisation de la zone, chacun des pays recherchant alors, dans des accords bilatéraux tous azimuts, des espaces de développement. La PACEM a pour objectif d’améliorer la sécurité alimentaire quantitative et qualitative des populations ; de baser cette sécurité sur une augmentation de la production agricole et alimentaire – en quantité et qualité –, dans chaque pays méditerranéen et sur un partenariat euro-méditerranéen ; de contribuer, par l’organisation de filières agroalimentaires territorialisées, au développement des zones rurales. 
Toutes ces actions s’inscriront dans le cadre d’un modèle alternatif de consommation et de production fondé sur les terroirs, l’innovation technologique et organisationnelle (réseaux de gestion des ressources et de partage des connaissances), c’est-à-dire en cohérence avec un développement durable. Les outils de la PACEM seraient mis en œuvre dans chaque PSEM, au sein d’un espace commun régional. Le volet alimentaire comporterait : une incitation à la qualité organoleptique et nutritionnelle des produits alimentaires s’inspirant de la diète méditerranéenne ; une information et une éducation des consommateurs ; la création d’une agence méditerranéenne de sécurité alimentaire ; la mise en place d’un dispositif spécifique permettant aux populations les plus pauvres d’accéder à une alimentation saine ; l’institution d’un partenariat euro-méditerranéen d’approvisionnement en produits alimentaires, porté par des contrats pluriannuels, et la création de stocks stratégiques. 
Le volet agricole inclurait : un statut de la terre sécurisant pour les petits et moyens agriculteurs et donnant la priorité à la production d’aliments ; un statut professionnel pour les chefs d’exploitation, les salariés et la main-d’œuvre familiale agricole, avec une parité homme-femme ; un soutien au revenu des agriculteurs par des prix agricoles stables et rémunérateurs (notamment par la régulation aux frontières), et par des aides aux intrants et à l’investissement (crédit et assurances) ; un effort de R&D en vue de concevoir de nouveaux systèmes de production agricoles durables et un ambitieux programme de formation initiale et continue des agriculteurs ; un dispositif de contrôle de la qualité des produits agricoles et de traçabilité, et une promotion par les labels ; la création d’un observatoire méditerranéen des marchés agricoles et des filières ; un appui à l’organisation technique, économique et logistique des filières et des marchés. 
Le coût estimé d’une PACEM serait d’environ 31 milliards de dollars par an au début des années 2010, dont environ 26 milliards pour la politique alimentaire, et 5 milliards pour les mesures agricoles, soit au total moins de 2% du PIB des PSEM. Le volet agricole pourrait être cofinancé à 50/50 par les PSEM et l’UE, dans le cadre de politiques nationales redéployées et d’un chapitre ad hoc de la politique de voisinage de l’UE. La contribution de chaque citoyen de l’UE serait de l’ordre de 5 euros par an.
Des coûts modestes au regard d’enjeux vitaux pour les populations
Les révolutions des pays arabes méditerranéens sont en partie dues à la trop grande dépendance de ces pays par rapport à leur approvisionnement alimentaire. Or cette dépendance ne fera que croître, et dès que les prix augmentent sur le marché mondial, cela se traduit par une très forte augmentation de la facture en devises, mais aussi par la nécessité d’augmenter les subventions à la consommation pour garantir la cohésion sociale. Les PSEM doivent inscrire dans l’agenda des réformes à mettre en œuvre pour la substitution de la politique dite de compensation par une politique volontaire de mise à niveau alimentaire et agricole, fondée sur la réallocation des fonds au profit de la PACEM. 
Par ailleurs, il est urgent de changer de logiciel en matière de coopération euro-méditerranéenne et de passer d’une approche purement marchande, corporatiste et protectionniste, à une approche fondée sur un co-développement durable au Sud comme au Nord, en privilégiant les besoins réels des populations du Nord et du Sud et une bonne gestion des ressources écologiques.

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Pour un exposé détaillé et chiffré du projet de PAAC-PSEM, on pourra consulter : Jean-Louis Rastoin, Lucien Bourgeois, Foued Cheriet, Nahid Movahedi, 2012, Pour une politique agricole et alimentaire euro-méditerranéenne, coll. Construire la Méditerranée, Ipemed, Paris, 86 p. disponible sur www.ipemed.coop

Par Jean-Louis Rastoin et Amal Chevreau, think-tank Ipemed- Jean-Louis Rastoin est ingénieur agronome et économiste, professeur émérite à Montpellier SupAgro, membre de académie agriculture de France, directeur de la chaire UNESCO en « alimentations du monde » et expert du think-tank Ipemed.
- Amal Chevreau est responsable du pôle production de l'institut de prospective économique du monde méditerranéen (Ipemed, Paris).

Source de l'article La Tribune