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mardi 21 février 2017

Tunisie : Paca soutient la restauration de la "Mosaïque des Îles", patrimoine de la Méditerranée

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Véritable trésor national tunisien, d’une valeur symbolique inédite dans sa représentation de
l’ensemble de la Méditerranée de l’Antiquité, la « Mosaïque des Iles »
Agnès Rampal, Présidente de la Commission euro-méditerranée de la Région, a signé cette semaine en Tunisie, au nom de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, un accord pour la restauration de la « Mosaïque des Îles » avec le Gouverneur de Kasserine, Hassan Khedimi, le Gouverneur de Tunis, Amor Mansour, et le maire de Kasserine, Ridha Abbassi. 

Véritable trésor national tunisien, d’une valeur symbolique inédite dans sa représentation de l’ensemble de la Méditerranée de l’Antiquité, la « Mosaïque des Iles » fait l’objet d’une restauration complète soutenue par la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur à hauteur de 120 000 euros. " 

A l’heure où les barbares de l’État Islamique en Irak et au Levant s’acharnent à détruire toute forme de patrimoine culturel, la défense du patrimoine culturel méditerranéen que nous avons en partage est devenu un enjeu brûlant" a réaffirmé Christian Estrosi. 

Le financement régional permettra également l’organisation d’expositions consacrées à cette mosaïque exceptionnelle, dont une dès 2018 sur le territoire de Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Source de l'article Destimed

L’intégration du grand Maghreb : pont entre l’Europe et l’Afrique pour une prospérité partagée (contribution)

Le 17 février 2017, l'Union du Maghreb arabe (UMA) a fêté son 28e anniversaire. Quel est le bilan depuis sa création?

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Le Maghreb correspond à l’Afrique du Nord-Ouest, délimitée au Nord par la Méditerranée et au Sud par le Sahara. La superficie totale de l'UMA est de 5.8 millions km2 représentant 4,3 % de la superficie mondiale et dépassant de près de 80% la superficie de l'Union européenne. A prix courant le produit intérieur brut selon la banque mondiale pour 2015 a été de 214 milliards de dollars pour l’Algérie, 103 pour le Maroc, 46 pour la Tunisie , 5 pour la Mauritanie et 30 pour la Libye donnant un PIB total de 398 milliards de dollars contre un PIB mondial 73464 milliards de dollars dont l’Union européenne des 27 de 18812, les USA 17974, la Chine 10982 milliards de dollars. Pour la population 2016 au 01 janvier 2016, elle est de 40,4 millions d’habitants pour l’Algérie, 34,7 pour le Maroc, 10,9 pour la Tunisie, 6,2 pour la Libye et 3,6 millions d’habitants pour la Mauritanie soit au total près de 96 millions d’habitants.

Le 17 février 2016, l'Union du Maghreb arabe (UMA) a fêté son 28e anniversaire. Quel est le bilan depuis sa création, objet de cette contribution. Force est de constater que depuis sa création, l’UMA malgré toutes les résolutions et les discours politiques, n’arrive toujours pas à se concrétiser et le bilan est très mitigé. Ainsi, chaque pays de la région procède dans la gestion de ses relations extérieures avec les divers pays et blocs, en l’absence d’une coordination avec les autres pays de la région. Certains pays du Maghreb tentent d’assurer leurs propres intérêts et réaliser des acquis au détriment des autres pays maghrébins, alors que les autres blocs tels que l’Union européenne négocient en groupe leur partenariat avec ces pays (ceux du Maghreb) séparés. Cela fait que les rapports deviennent déséquilibrés. Les peuples de la région paient l’incapacité des élites à concevoir un projet commun. Alors que le monde connaît des bouleversements sans précédent depuis la fin de la seconde guerre mondiale (1945), le Maghreb reste aux abonnés absents. Le constat est donc très mitigé, des échanges intermaghrébines d’environ 3% Un rapport de la Banque mondiale 2009 souligne que l’intégration maghrébine pourrait permettre une croissance du Maghreb de plus de 3/4% du PIB par an gagnant ainsi plusieurs points qui auront une répercussion positive sur la création d’emplois et donc sur le niveau du taux de chômage. Alors on pourrait imaginer les importantes économies d’échelle, les gains de productivité si l’intégration maghrébine pouvait se réaliser. L’UMA a perdu plus de la moitié de son poids économique dans le monde entre 1980 et 2015, ses exportations qui représentaient environ 2% des exportations mondiales en 1980, contre moins de 0,50% en 2015. Une étude réalisée par le Secrétariat de l’Union du Maghreb arabe (UMA) montre que la non ’intégration économique dans la région lui fait perdre plusieurs dizaines milliards de dollars US en investissement dont les IDE et des centaines de milliers d’emplois dans une zone constituée de plusieurs millions de chômeurs qui constituent. Uniquement pour le secteur électrique, il pourrait économiser près de 25% de sa production si les centrales électriques maghrébines étaient intégrées

Face à cela, le Maghreb est confronté à l'émergence d'une économie et d'une société mondialisées et la fin de la guerre froide depuis la désintégration de l'empire soviétique, remettent en cause d'une part la capacité des Etats-nations à faire face à ces bouleversements et d'autre part les institutions internationales héritées de l'après-guerre. L’ensemble de des axes directeurs mis en relief précédemment, ont été repris lors du sommet maghrébin qui s’est tenu à Zéralda (Algérie) en 1988 et le deuxième sommet maghrébin tenu le 19 février 1989 à Marrakech, voit l’adoption du traité de l’U.M.A qui définit les modalités d’une construction maghrébine et sa stratégie de développement. Pièce maîtresse dans la région euro-méditerranéenne, le Maghreb est sollicitée par l'Union européenne par les USA et la Chine dans le cadre d'une compétition entre ces trois pôles, en fait de deux pôles n’existant pas de divergences stratégiques USA/Europe, dans leur recherche d'une hégémonie économique. Trois pays de l'UMA, le Maroc, la Tunisie et l’Algérie ont signé des accords « euro méditerranéens d'association » allant bien au-delà de la simple libéralisation des échanges telle qu'initiée dès la fin des années 1960 dans le cadre des premiers accords commerciaux euromaghrébins. Force est de reconnaître que les résultats de cet Accord d’association sont mitigés. Mais depuis nous avons une nouvelle donnée qui est celle de l’Union pour la Méditerranée qui tend à être supplantée actuellement par le sommet des 5+5 qui inscrit comme priorité la coopération économique et l'intégration maghrébine. Ce principe de l’intégration économique (par le marché) des pays du Maghreb, l’idée est venue au cours des deux conférences des Ministres de l’Economie du Maghreb, la première le 26 septembre 1964 et la seconde le 26 novembre de la même année à Tanger (Maroc) Ces deux conférences ont abouti à la création du Comité permanent consultatif maghrébin (CPCM) ; chargé d’étudier l’ensemble des problèmes afférents à la coopération économique dans le Maghreb. Après trois années de tâtonnements, la problématique communautaire maghrébine se précise et en 1967. Le CPCM produit un rapport dans lequel trois types de solutions sont avancées dans la perspective intégrationniste. Il dégage trois types de solutions possibles. La solution maximum qui impliquerait la signature d’un traité instituant l’Union économique maghrébine sur le modèle du traité de Rome avec fixation d’un calendrier relatif à l’élimination des droits de douanes et des restrictions contingentaires, établissement d’un tarif extérieur commun, harmonisation des politiques économique, fiscales, monétaires et enfin mise en place d’institutions communes dotées de pouvoir de décisions ;-La solution minimum qui ferait de la création progressive d’une union économique une simple déclaration d’intention, les seuls engagements juridiques se limitant à la participation périodique à des négociations sur les concessions tarifaires ou sur les choix des lieux d’implantation d’industries nouvelles. -La solution intermédiaire qui est fondée sur l’interaction entre la libéralisation commerciale et l’harmonisation industrielle. Cette solution devrait couvrir une période de 5 ans au cours de laquelle les pays maghrébins s’engageraient : à des réductions linéaires (10 % par exemple par an) des droits de douanes et des restrictions quantitatives frappant les produits échangés, à l’établissement d’une liste d’industries à agréer et dont les produits seraient assurés de la libre circulation et de la franchise sur le marché maghrébin, à la création d’une Banque maghrébine d’intégration pour financer les projets d’intérêt commun et favoriser cette industrialisation simultanée et équitable, à l’institution éventuelle d’une union des paiements et enfin à l’harmonisation de leurs politiques commerciales à l’égard des pays tiers pour ne pas compromettre plus tard l’institution d’un tarif extérieur commun. L'intégration économique consolidée du Maghreb est conçue, du moins dans les textes pour : tirer un meilleur parti ou bénéfice des ressources complémentaires des différents pays ; créer un marché de taille plus vaste susceptible d'entraîner de significatives économies d'échelle, indispensable dans un univers de compétitivité économique ouverte et créer un climat économique plus favorable au Maghreb dans les échanges économiques internationaux. La mise en œuvre de l'intégration renforcée devait passer par les conditions suivantes : contrôle renforcé de la croissance démographique au delà des évolutions "naturelles" ; reconquête des marchés intérieurs sur les produits intermédiaires où le Maghreb dispose, simultanément : des ressources naturelles, des ressources énergétiques, des ressources humaines et des compétences technologiques, des capacités de financement; spécialisation des pays dans les secteurs d'activités où ils disposent d'un avantage "naturel", du fait de leurs ressources, de leur situation géographique ou de leur capacité de financement, avec un souci affiché d'équilibrer les développements économiques entre régions ; harmonisation progressive des modes de vie et des spécifications technique des équipements et des produits. Il existe des atouts pour concrétiser ces objectifs, atouts susceptibles de leur permettre d'enclencher, assez rapidement, de fortes croissances de leurs économies analogues à celles observées dans d'autres régions du monde, notamment en Asie. Parmi ces avantages on peut citer : une population jeune éduquée et en pleine expansion, sur un vaste territoire ; une homogénéité culturelle que renforce l'unité linguistique; l'existence d'une élite importante et de qualité; des moyens financiers appréciables - même en situation de crise - qui placent la région en position confortable par rapport aux autres régions en développement; un potentiel énergétique, industriel et agricole prometteur, même s'il est inégalement réparti; la proximité de l'énorme marché européen et africain; la disponibilité de la communauté internationale et spécialement de l'Union européenne et les USA pour soutenir le gouvernement de la région (aides financières, délocalisations industrielles, ouverture des marchés, etc.). Globalement outre une meilleure gouvernance passant par la démocratisation des sociétés maghrébines, tenant compte de leur anthropologie culturelle. Sur le plan économique s’impose une nouvelle culture pour inculquer l'esprit d'entreprise afin d’intégrer la sphère informelle qui occupe plus de 50% de la superficie économique des pays du Maghreb et libérer l'ensemble des énergies créatrices loin des entraves bureaucratiques. Au niveau des pays du Maghreb notamment, cela passe par la coordination des politiques monétaires, commerciales, fiscales, douanières, Il y a lieu d'accorder une attention particulière à l'action éducative car l'homme pensant et créateur devra être à l'avenir le bénéficiaire et l'acteur principal du processus de développement. C'est pourquoi nous préconisons la création d'une université maghrébine ainsi qu'un centre culturel de la jeunesse méditerranéenne comme moyen de fécondation réciproque des cultures, et la concrétisation du dialogue soutenu pour éviter les préjugés et les conflits sources de tensions inutiles. Dans ce cadre l’émigration maghrébine ciment des liens culturels peut être la pierre angulaire de la consolidation de cette coopération. C’est un élément essentiel de ce rapprochement du fait qu’elle recèle d’importantes potentialités humaines, économiques et financières. Elle peut contribuer par des actions concrètes de promouvoir la synergie de systèmes privés, politiques et administratifs, pour développer une approche "coopération" avec l’Europe qui pourrait être mieux perçue par l’interlocuteur maghrébin qu’une approche purement commerciale. Le chemin de la croissance ne peut être retrouvé que pour autant que l'appareil productif est modernisé et managé selon les techniques actuelles. Deux conditions qui ne peuvent être remplies que si le Maghreb se met en partenariat avec des firmes qui participent à l'innovation. Pour que de telles firmes s'intéressent au Maghreb, il s'agit d'acquérir la crédibilité sur le plan institutionnel et politique, donc aller vers l'intégration, et offrir un Etat de droit , évitant l’instabilité juridique, une cohérence et une visibilité économique qui autorisent le calcul économique. C’est donc dans ce contexte que doit s’insérer la compréhension de la dynamique économique et sociale tenant compte tant de la stratégie des réseaux internes et externes ainsi que de l’urgence de nouvelles structures pour placer le Maghreb comme vecteur actif au sein de l’économie mondiale. Devant laisser de coté les problèmes politiques pour l’instant, l’on peut faire avancer cette intégration par des synergies cultuelles et économiques comme cela s’est passé entre l’Allemagne et la France grâce au programme Schumann du charbon et de l’acier. A l’avenir, il y a lieu de penser à dynamiser la banque maghrébine d’investissement, la création d’une monnaie maghrébine conditionnée par la résolution de la distorsion des taux de change, la création dune banque centrale maghrébine et également penser la création une bourse maghrébine qui devrait s’insérer horizon 2020 au sein du projet de création de la bourse euro-méditerranéenne

5.-En résumé, la stabilité de l’ensemble de la région, notamment au Sahel, suppose une entente régionale et une coopération active avec l’ensemble de la communauté internationale, car le terrorisme est une menace planétaire. L’objectif stratégique pour les maghrébins est de se rassembler et non de se diviser, de réaliser ce vieux rêve d’intégration du Maghreb, afin d’éviter la marginalisation de cet espace stratégique au sein de l’économie mondiale. La dynamisation des relations entre les pays du Maghreb ne sera possible que si les dirigeants ont une vision commune du devenir commun de leur population et des enjeux géostratégiques mondiaux, afin de peser dans les grandes décisions internationales, les micros Etats en ce XXIème siècle n’ayant que peu d’impacts. Certes, c’est encore un rêve, mais il est possible de le réaliser, tous ensemble, en dépassant les divergences conjoncturelles. Les défis sont nombreux et les obstacles ne sont pas à négliger mais la société civile, les entrepreneurs ont un rôle stratégique à jouer pour dépassionner les relations L’irrationnel, l’archaïsme, la défense des privilèges, la non-prise en compte des aspirations populaires sont les ingrédients d’un immobilisme anachronique à contre-courant de l’Histoire. Grâce à ses importantes potentialités, le Maghreb peut devenir le pont entre l’Europe et l’Afrique et dynamiser les segments productifs complémentaires. L’Afrique qui devrait dynamiser l’économie mondiale à l’horizon 2030/2040 est un enjeu majeur au XXIe siècle, préfigurant d’importantes reconfigurations géostratégiques, avec le défi écologique et la transition énergétique. L’avenir du Maghreb est en termes d’avantages comparatifs en Afrique. La diplomatie économique (sous segment de la théorie de l’intelligence économique) doit investir dans cet espace, le Maghreb ayant toutes les potentialités pour devenir un espace pivot dynamisant et de stabilité pour la région.

Par le Dr Abderrahmane Mebtoul - 
Source de l'article Maghrebemergent

(1) Voir deux contributions du professeur Abderrahmane Mebtoul « Institution de renommée mondiale français- Institut des relations internationales IFRI « les relations Europe/Maghreb face aux enjeux géostratégiques » novembre 2011 Paris « le Maghreb face au poids de la sphère informelle, Paris Décembre 2013 -Egalement ouvrage collectif sous la direction du professeur Abderrahmane Mebtoul et du docteur Camille Sari avec la collaboration de 26 spécialistes (algériens, marocains, tunisiens , mauritaniens, libyens et européens ) dont des économistes, des sociologues, des politologues, des anthropologues, des experts militaires, et juristes «quel avenir pour le Maghreb face aux mutations géostratégiques » paru aux Editions Harmathan Paris /France /2015 deux tomes (1050 pages) , l’un volet politique, social et institutionnel, l’autre le volet économique.

La centralité stratégique de la Méditerranée dans la PEV soulignée par Youssef Amrani

Youssef Amrani, chargé de mission au cabinet Royal a souligné, samedi à Munich, la nécessité de prendre en compte la centralité stratégique de la Méditerranée dans la Politique européenne de voisinage (PEV).

La centralité stratégique de la Méditerranée dans la PEV soulignée par Youssef AmraniIntervenant lors de la Conférence sur la sécurité tenue à Munich, il a affirmé que la PEV «doit être plus ambitieuse et audacieuse, accompagnée d’instruments performants et novateurs, en phase avec les priorités et réalités du voisinage Sud de l’Europe ».  
Après avoir estimé comme essentiel le fait de préserver les acquis du partenariat stratégique Maroc-UE, modèle et dense, mais aussi de le développer sur la base de l’élargissement de la coopération commune dans tous les domaines d’intérêts communs, de l’appropriation et de la confiance mutuelle, il a souligné que «S.M le Roi Mohammed VI, est en train de façonner un nouveau deal pour le continent, qui s’illustre par un engagement continu en faveur du co-développement, ainsi que par les nombreuses visites que le Souverain effectue dans plusieurs pays africains, qui consacrent les principes de solidarité, de croissance partagée et de coopération au service du continent». Et de rappeler que «le retour du Maroc au sein de l’Union africaine est justement le fruit d’une vision Royale, proactive et soutenue, en faveur du développement d’une coopération Sud-Sud franche, décomplexée et assumée et d’un partenariat gagnant-gagnant, au profit du continent et de ses populations». 
Car pour lui, «le Maroc a bien compris qu’à l’ère d’une mondialisation débridée, l’Afrique s’impose désormais comme le continent de l’Afro-optimisme et des progrès divers, grâce à ses multiples potentialités humaines et naturelles, qui permettront une intégration outillée du continent en vue de faire face aux enjeux de compétitivité internationale». 
Youssef Amrani a, dans ce contexte, rappelé que la chancelière allemande Angela Merkel, a, dans son discours devant la Conférence de Munich, conforté la vision de S.M le Roi en faveur de l’Afrique dans la mesure où elle a insisté sur la nécessité de placer l'Afrique au centre des priorités de la présidence du G20 et de promouvoir ainsi le développement et l'investissement dans le continent. 

Source de l'article Libération Maroc

Conférence annuelle FEMISE 2017

Le FEMISE est heureux d’annoncer que sa conférence annuelle aura lieu cette année à Casablanca, Maroc, le 29 et 30 avril 2017 (dates à confirmer).

La conférence annuelle du FEMISE est une plate-forme qui permet aux membres du réseau, aux universitaires, aux décideurs politiques et aux représentants de l’UE d’engager un dialogue constructif sur l’avenir de la région et sur le rôle que l’UE peut jouer dans le contexte de la nouvelle PEV.

La conférence cette année évoluera autour du thème “Migration et crise des réfugiés”. Ce thème est l’un des plus importants (si ce n’est le plus important) que la région UE-Med a eu à gérer récemment. Si la mobilité de la main-d’œuvre est un phénomène abordé en termes de défis et d’avantages sociaux et économiques, la crise des réfugiés implique aussi des questions de droits de l’homme et des aspects de survie qui doivent être abordés d’un point de vue humanitaire et qui représentent un défi pour les pays d’accueil.

En dépit de leurs différences, ces deux questions sont de grande importance pour notre population dans la région UE-Med, ce qui signifie qu’un rôle plus important doit être joué par les décideurs politiques sur la base d’une meilleure compréhension des causes et effets des problèmes.

La conférence annuelle du FEMISE contribuera à cette compréhension grâce à un dialogue constructif entre les universitaires, les experts et les décideurs, dans le but de proposer des outils et des politiques efficaces pour faire face à ces problèmes pressants.

La note conceptuelle et l’ordre du jour de la conférence seront disponibles prochainement.

Source de l'article Le FEMISE

Echanges Tunisie-UE : L’ambassadeur européen irrité

M. Bergamini, chef de la Délégation de l’Union européenne en Tunisie donne l’impression qu’il supporte très mal les virulentes critiques formulées par des experts et la société civile tunisiens à l’endroit du déséquilibre des échanges commerciaux entre la Tunisie et l’UE.

Résultat de recherche d'images pour "M. Bergamini, chef de la Délégation de l’Union européenne en Tunisie"Il a décidé de communiquer là-dessus et de défendre ses patrons à Bruxelles. Dans une récente interview accordée à un magazine de la place, il a établi, chiffres à l’appui, un parallèle entre le déficit commercial avec l’UE et ceux enregistrés avec d’autres pays.

Concernant le déficit commercial avec l’UE en 2016, le déficit s’est un peu réduit, il est selon lui aux alentours de 5%. Par contre, le déficit commercial de la Tunisie avec la Chine est six fois plus important. Vis-à-vis de la Turquie, il est deux fois et demie plus important. Vis-à-vis de la Russie il est également plus important. Et le diplomate de marteler: les plus importants postes déficitaires de la Tunisie, c’est avec la Chine, la Turquie et la Russie.

Le diplomate a bien tenu ici de ne pas signaler un pays européen comme l’Italie avec lequel la Tunisie enregistre un important déficit commercial. Pour s’en rendre compte, voici les principaux déficits commerciaux de la Tunisie.

La Chine reste le pays avec lequel la Tunisie enregistre le déficit commercial le plus important (-3.151,4 MDT), suivie par d’autres pays tels que l’Italie (-1.335,6 MDT), la Turquie (-1.156,5 MDT) et la Russie (-1.052,4 MDT).

La balance commerciale enregistre, cependant, un excédent avec plusieurs pays, comme la France, premier partenaire de la Tunisie (2.282 MDT), et la Libye (724,5 MDT).

Les exportations tunisiennes avec l’Union européenne ont connu une modeste augmentation de 0,6%. Cette tendance haussière a principalement concerné la France (+14,6%) et l’Allemagne (+6,4%), alors que nos ventes ont chuté avec des pays tels que l’Espagne (-33,7%) et l’Italie (-10,3%).

A l’échelle maghrébine, les exportations tunisiennes continuent de régresser vers la Libye (-12,3%) et le Maroc (-2,1%). En revanche, les exportations vers l’Algérie ont connu une progression remarquable de 36%.

S’agissant des importations, les échanges tunisiens avec l’Union européenne se sont établis, durant les 10 premiers mois de 2016, à 18,102 milliards de dinars, enregistrant une régression de 1,2% par rapport à la même période de 2015. Les importations tunisiennes en provenance de la France (représentant 15,6% du total des importations) ont baissé de 10,6%.

Par contre, les importations tunisiennes avec certains fournisseurs européens, telles que l’Italie (14,5% du total des importations) et l’Allemagne (7,6% du total des importations), ont enregistré des hausses respectives de 2,5% et de 9,5%.

Source de l'article Webmanagercenter

Les Régions méditerranéennes s'engagent pour promouvoir l'économie bleue en Méditerranée


Le 1er février, les Régions membres de la Commission Interméditerranéenne (CIM) de la CRPM se sont réunies lors de son Bureau politique afin de discuter de sujets clés tels que les perspectives pour l'économie bleue en Méditerranée et les questions de migration.

Une déclaration politique finale a également été approuvée par les régions qui ont assisté à la réunion.

Aux côtés des représentants politiques et techniques des Régions de la Commission Interméditerranéenne (CIM), étaient également présents M. Christos Economou, chef de l'Unité « Politique maritime Méditerranée et Mer noire » de la Direction générale des affaires maritimes et de la pêche de la Commission européenne, et M. Miguel García-Herraiz, Secrétaire général adjoint chargé de l'Eau et de l'Environnement du Secrétariat de l'Union pour la Méditerranée.


Les discussions ont essentiellement porté sur l'initiative maritime à venir West Med et les perspectives pour l'économie bleue en Méditerranée, ainsi que sur les questions de migration.

Raul Romeva, ministre des Affaires extérieures du Gouvernement de Catalogne a accueilli les participants au Palais Royal de Pedralbes, affirmant qu'« il est nécessaire de s'engager résolument dans la voie de la coopération entre toutes les rives de la Méditerranée pour un développement durable et solidaire de l'ensemble de la région. »

Il a également souligné que l'initiative maritime à venir pour la Méditerranée occidentale est l'occasion de démontrer le potentiel du bassin, ajoutant que : « Les métiers de la mer, le tourisme durable ainsi que les énergies bleues, la réponse à des phénomènes comme l'érosion côtière ou la pollution marine, sont des aspects qui doivent être traités de manière collective afin d'être plus efficaces. »

Dans ce même esprit, Apostolos Katsifaras, président de la Commission Interméditerranéenne (CIM) de la CRPM et de la région de Grèce-Occidentale, a indiqué que cette nouvelle initiative devait être envisagée comme un projet pilote qui pourrait être étendu au reste du bassin, et surtout à l'est de la Méditerranée. Il a également souligné la nécessité de constituer des synergies avec les macro-régions existantes, telle que la stratégie EUSAIR.

D'autres membres ont insisté sur les aspects de la gouvernance à plusieurs niveaux, la nécessité de l'intégration des fonds, le rôle des programmes de coopération et le souhait que la Commission européenne et les États membres s'entendent - au cours de la présidence maltaise de l'UE - sur un plan d'action pour la mise en oeuvre concrète des projets sur le terrain.

Au lendemain de ce débat, le 2 février, les régions de la CIM ont exprimé leurs idées concernant le processus et les actions futures qui pourraient être entreprises. Ces réactions initiales sont résumées dans la première section de la déclaration politique du BP de la CIM sur la façon de dynamiser l'économie bleue tout en protégeant l'environnement par le biais de nouvelles stratégies et initiatives.

Au cours des débats, de nombreux représentants politiques de régions telles que Rabat Salé Kenitra, Campanie, PACA, Lazio, Crète, Péloponnèse ou Gozo ont exprimé leur soutien à l'initiative West Med ainsi qu'aux travaux de la DG MARE de la Commission européenne et de l'Union pour la Méditerranée (UpM) et ont expliqué les enjeux, le potentiel et les expériences liés à l'économie bleue sur leur propre territoire.

Guido Fabiani a souligné que « la mer est la principale composante d'un processus de réindustrialisation durable de l'économie méditerranéenne. » Il est intéressant de noter que la CIM va mettre en place une Task force spécifique pour favoriser le suivi et la mise en oeuvre de l'Agenda de l'UpM sur l'économie bleue dans les régions méditerranéennes.

Suite à ce débat animé, le président Katsifaras a attiré l'attention sur la situation globale de la Méditerranée au niveau socio-économique et géopolitique, en présentant les principaux axes de travail pour le Plan d'Action 2017-2018 mis à jour de la CIM, qui ont fait l'objet de discussions entre les membres aux côtés d'objectifs sectoriels :
- Encourager de nouvelles stratégies en Méditerranée.
- Mettre en place des « projets » communs en Méditerranée, mobilisant des partenaires de l'espace méditerranéen hors UE.
- Renforcer l'émergence de la citoyenneté méditerranéenne

En ce qui concerne les migrations, le président de la région Murcie, Pedro Antonio Sánchez López, ainsi qu'Oriol Amorós, Secrétaire pour l'égalité, la migration et la citoyenneté de la région Catalogne et Monica Barni, vice-présidente de la région Toscane, ont exposé leur vision des défis actuels.

Ils ont également partagé plusieurs expériences et ont débattu avec des membres du Bureau politique de la CIM tels que l'Occitanie, la région de Valence, l'Andalousie et les Iles Ioniennes sur l'éventuelle direction à prendre concernant l'accueil et l'intégration des migrants, la coopération avec leurs pays d'origine (per le biais d'une coopération décentralisée et du co-développement, par exemple) et les besoins prioritaires sur le terrain.

Le président de la région de Murcie a souligné que les régions ont besoin de « politiques courageuses en matière de coopération, d'intégration et d'accueil des migrants en vue de générer de nouvelles opportunités qui feront de la Méditerranée une mer d'unité et de possibilités, et non un cimetière de personnes à la recherche d'un monde meilleur ». Dans cette perspective, « l'UE devrait financer directement les régions qui reçoivent et accueillent des migrants ».

Les principales recommandations et mesures concrètes à promouvoir sur ce thème sont reprises dans la deuxième partie de la Déclaration politique sur l'implication des Régions dans les processus décisionnels relatifs à la migration. La troisième partie énonce les messages de la CIM concernant d'autres thèmes clés pour les régions méditerranéennes, tels que la politique de voisinage, le développement territorial intégré, la cohésion socio-économique, l'énergie, l'eau et les transports.

Par ailleurs, à la fin de la discussion politique, le ministre régional de la région d'Émilie Romagne, Patrizio Bianchi, a prononcé un discours sur la contribution des « Big data » à la croissance durable en Méditerranée, considérés comme une nouvelle frontière pour l'innovation.

Les régions de la CIM se retrouveront pour d'autres réunions de projets et de GT, notamment à l'occasion de la prochaine Assemblée générale qui sera accueillie par la région de Campanie les 6 et 7 juillet 2017 et du prochain Bureau politique organisé quant à lui par la région de Murcie au dernier trimestre 2017.

Source de l'article Newspress

Tunisie-France : Accord de coopération décentralisée entre le Grand Tunis et l’Ile-de-France


Un accord de coopération décentralisée a été signé, mardi, à Tunis entre les conseils régionaux des gouvernorats du Grand Tunis et la région Ile-de-France Portant sur de nombreux domaines d’intervention.

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L’accord a été signé par le ministre tunisien des Affaires locales et de l’Environnement, Riadh Mouakhar, et la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, en présence de l’ambassadeur de France à Tunis, Olivier Poivre d’Arvor.

Il s’inscrit dans le cadre de la coopération décentralisée engagée entre la France et la Tunisie. Le développement économique, les énergies renouvelables, l’environnement, l’éducation, la formation et la jeunesse sont directement concernés par cet accord.

En vertu de ce partenariat, la coopération entre les conseils régionaux des gouvernorats de Tunis, de l’Ariana, de la Manouba, de Ben Arous et le conseil régional de l’île-de-France sera aussi renforcée dans le domaine de l’aménagement du territoire, l’urbanisme, les transports publics, le tourisme et le patrimoine.

“C’est un accord très ambitieux et emblématique”, a déclaré Valérie Pécresse, et ce partenariat traduit la volonté de la France d’être raisonnement aux côtés de la Tunisie dans sa transition démocratique et son processus de décentralisation. Selon Pécresse, près d’un demi-million de franciliens ont des attaches familiales avec la Tunisie et près 30% des franciliens d’origine étrangère sont issus du Maghreb.

“La France s’engage pleinement à les associer dans tous les projets de développement et de coopération mais aussi dans l’avenir que nous allons construire ensemble”, a-t-elle poursuivi. De son côté, le ministre des Affaires locales et de l’environnement a indiqué que cet accord, le tout premier signé entre la région île-de-France et un territoire tunisien, vient confirmer le potentiel de développement entre ces deux régions d’autant qu’il porte sur des thématiques très larges.

Source de l'article Webmanagercenter

France-Algérie : « Coopérer selon un nouveau mode de pensée et d'action » (J.-L. Levet, 2/3)

Près de 5 000 de fonctionnaires algériens seront formés aux métiers du génie urbain à l'université de Tlemcen (ouest de l'Algérie), qui accueillera l'établissement créé en coopération avec l'École des ingénieurs de la Ville de Paris (EIVP) , principal établissement français d'ingénierie urbaine.
Près de 5 000 de fonctionnaires algériens seront formés aux métiers du génie urbain à l'université de Tlemcen
(ouest de l'Algérie), qui accueillera l'établissement créé en coopération avec l'École des ingénieurs de
la Ville de Paris (EIVP) , principal établissement français d'ingénierie urbaine. (Crédits : Alfred Mignot, 2010)
Dans la première partie de l'entretien avec Jean-Louis Levet, que nous avons publiée samedi 4 février, le Haut Responsable à la coopération industrielle et technologique franco-algérienne précisait notamment les paramètres constitutifs des cas d'exemplarité de la coopération franco-algérienne

Dans ce deuxième volet (2/3), il nous en livre des exemples, puis évoque la coopération par pôles d'excellence d'entreprises, et via le réseau des villes jumelées.

La Tribune - Comment se construit le processus de coopération ?

Jean-Louis Levet - Concernant la priorité à la formation, il convient de chercher à mobiliser nos opérateurs un peu plus dans cette démarche consistant à passer d'un mode commercial à un mode coopératif, et à mieux prendre en compte les besoins et les attentes des Algériens. L'Algérie n'est pas seulement un marché, elle a vocation à devenir un pays émergent avec, à terme, une économie diversifiée. Il nous faut donc dépasser la relation obsolète de pays industrialisé à pays en voie de développement.

Pour la priorité de la formation professionnelle, nous avons une demi-douzaine de projets en cours. Il a fallu d'abord les identifier, comprendre les besoins et les attentes, notamment du ministère de l'Industrie, qui souhaite créer plusieurs écoles. Ensuite il a fallu mobiliser, élaborer les projets, identifier les opérateurs français susceptibles d'être intéressés, faire que les uns et les autres se rencontrent, finaliser les projets ensemble, aboutir à des protocoles d'accord, les faire signer lors du Comité mixte économique franco-algérien (COMEFA) ou/et du Comité intergouvernemental de haut niveau algéro-français (CIHN), et enfin faire en sorte qu'ils se mettent en œuvre. Vous voyez, c'est un travail de persévérance, sur le fond, et d'apprentissage d'un travail nécessairement collectif. 

Quels cas de coopération exemplaire pouvez-vous citer ?

Il y a en plusieurs. En matière de formation qualifiante, le ministère algérien de l'Industrie et des mines (MIM) souhaitait créer quatre écoles : une pour les métiers de l'industrie, une d'économie industrielle appliquée, une dédiée au management industriel - surtout pour former les cadres supérieurs, notamment du secteur public -, et un institut de la logistique, car c'est un enjeu important pour l'Algérie.

Pour ces quatre projets d'écoles que nous avons identifiés en juillet 2013, deux mois après ma prise de fonction, j'ai mis en face quatre opérateurs français... qu'il a fallu sensibiliser et convaincre - l'Algérie, ce n'est pas toujours simple dans l'imaginaire collectif français !

Nous avons pu ainsi intéresser Mines Paris Tech pour le projet d'école des métiers de l'industrie ; l'École d'économie de Toulouse, honorée par le Prix Nobel attribué à son président Jean Tirole, en 2014, s'impliquera quant à elle dans la création de l'école d'économie industrielle appliquée ; SKEMA Business School, qui est une de nos grandes écoles sur les questions gestion des connaissances (knowledge management), s'engagera dans une école pour le management industriel ; et puis l'Avitem, l'Agence des villes et territoires méditerranéens durables localisée à Marseille, se mobilise pour contribuer à créer un Institut national de la logistique.

Les quatre protocoles d'accord ont été signés il y a deux ans. Ensuite, nous avons cerné ensemble le type d'ingénierie pédagogique, afin de faire en sorte que ces quatre projets d'écoles soient conçus ensemble, dans un même processus. Donc, c'est un comité de pilotage léger qui relie le ministère algérien de l'Industrie aux entreprises publiques et privées qui expriment leurs besoins, et aux quatre écoles françaises.

Dans une première étape, nous avons réuni à Paris en juin 2015 les responsables des établissements français et une délégation du MIM algérien en juin 2015, puis le MIM a réuni le comité de pilotage à nouveau en février 2016. Depuis, le ministère de l'Industrie, conscient qu'il ne pourrait pas gérer ces écoles efficacement en direct, a créé un groupement économique chargé de gérer les relations contractuelles avec les opérateurs français. Voilà donc où nous en sommes aujourd'hui. Mais il reste encore beaucoup à faire, il est indispensable de poursuivre ce travail collectif avec des responsabilités clairement assumées de part et d'autre, sans lequel les projets ne se feront pas.

Vous affirmez volontiers que cette coopération génère un mode de pensée tout à fait nouveau du côté des institutions algériennes...

Plus exactement, passer d'un mode de relation entre les deux pays fondé sur le commerce (import/export) à un mode de relation coopératif nécessite un nouveau mode de pensée tant du côté français que du côté algérien - inscrire nos actions dans la durée - et un nouveau mode d'action fondé sur des projets coopératifs, prenant en compte tous les aspects de sa réalisation, la définition d' un plan d'action et une évaluation permanente de son processus de mise en œuvre. En matière de projets de coproduction, nous avons maintenant quelques beaux exemples entre PMI/ETI françaises et algériennes, à travers la création de joint-ventures selon la règle du 49/51* dans des domaines très différents, comme l'agroalimentaire, la mécanique, la petite construction navale, etc.

Et votre projet de centres d'excellence en entreprise ?

C'est toujours à la demande de nos amis algériens que nous travaillons à élaborer ce que l'on appelle des centres d'excellence en entreprise.

Le concept a été mis au point par le ministère français de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche (MESR). Il consiste à aider nos entreprises françaises, quand elles s'implantent à l'international, en mettant à leur disposition un professeur "pratique" qui va animer la création d'un centre d'excellence destiné à former des salariés, des jeunes, sur les équipements de l'opérateur français. C'est lui qui, dans le pays d'accueil de l'entreprise, met en place un centre d'excellence de formation. L'opérateur français fournit ses propres équipements au centre, comme éléments gratuits pour démonstration, et forme ainsi ses salariés et ses futurs sous-traitants. C'est donc vraiment intéressant pour le pays d'accueil et pour l'entreprise française qui ainsi progressivement se fait connaître et reconnaître.

Nous avons lancé, il y a trois mois à Alger, avec le MESR un premier centre d'excellence dans l'efficience énergétique, avec le groupe français Schneider Electric et bien sûr le ministère algérien de la Formation professionnelle. Ce centre commence à rayonner vers des sites algériens classiques de formation professionnelle. L'objectif est de capitaliser sur cette expérience et en tirer des enseignements utiles pour la développer dans d'autres secteurs d'activité avec d'autres opérateurs français qui le souhaiteraient.

Vous avancez aussi via les villes jumelées...

Oui, il est important de mobiliser aussi les territoires via les collectivités territoriales dont les responsables connaissant très bien leurs tissus économiques respectifs. Aussi, je me suis rapproché de l'Association Cités Unies France (CUF) qui réunit les responsables en charge de l'international au sein des collectivités territoriales, ainsi que de Georges Morin, qui anime depuis de nombreuses années le groupe pays France-Algérie rassemblant les villes jumelées des deux pays. Nous les avons réunies, d'abord les villes françaises, dès 2014... et j'ai réalisé que si la culture notamment les occupe beaucoup, la dimension entrepreneuriale est inégalement présente dans leur pratique.

Après quoi, en octobre 2015, nous avons organisé ensemble deux journées de rencontres entre les agglomérations françaises et une délégation algérienne de grande qualité dans laquelle on trouvait des préfets, des maires, ainsi que le ministère de l'Intérieur et des Collectivités locales.

Parmi les personnalités, il y avait notamment Régis Vallée, directeur de l'EIVP (École des ingénieurs de la Ville de Paris) qui est le principal établissement français d'ingénierie urbaine, et qui avait bien voulu répondre à notre invitation d'animer une table ronde sur la question de la ville durable et des éco-industries.

Ainsi donc, en créant les conditions de cette rencontre entre le directeur de l'EIVP et le directeur des collectivités territoriales du ministre de l'Intérieur algérien, celui-ci a exprimé le besoin de former les fonctionnaires concernés en génie urbain... On a démarré comme ça, Régis Vallée ayant considéré que l'Algérie pouvait être un facteur intéressant pour l'internationalisation de l'EIVP. Il a conduit une mission en mai dernier à Tlemcen, où le ministère de l'Intérieur veut créer cette école, car la ville bénéficie déjà d'un pôle universitaire très important dont le recteur Mohamed Djafour est très engagé dans son développement ainsi que le Wali..

Nous avons travaillé ensemble et cela a débouché sur la signature d'un mémorendum d'entente à la mi-novembre 2016 dans les locaux de l'EIVP, à l'occasion du déplacement du ministre algérien de l'Intérieur. Et avec l'aide décisive de notre ambassade à Alger. Voilà donc un exemple concret dans le domaine de la ville durable, avec près de 5 000 de fonctionnaires à former. Voilà un beau projet, ambitieux, qui s'inscrit nécessairement dans la durée et doit constituer un bel exemple de coopération entre nos deux pays.

Par Alfred Mignot - Source de l'article La Tribune
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* La règle de partenariat (dite 49-51) est une loi algérienne stipulant que l'investisseur étranger ne peut détenir plus de 49 % des actions d'une entreprise algérienne. En cas de création, il lui est donc fait obligation de s'associer à un ou plusieurs partenaires algériens, lesquels détiendront la majorité, avec 51 % des actions.

En vigueur depuis 2010, cette loi est toutefois adoucie, notamment par les pactes d'actionnaires qui peuvent attribuer des droits de vote supplémentaires à l'actionnaire étranger minoritaire.